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Derrière les balades à vélo à travers les hameaux, les circuits "Une journée dans la peau d'un Muong", "Vivre une journée de paysan" ou encore les maisons sur pilotis accueillant les visiteurs, se cache surtout l'histoire d'habitants qui préservent leur patrimoine culturel à travers leur mode de vie quotidien.
Parmi eux figure Lê Hai Yên, pharmacienne à Hanoï qui, chaque week-end, retrouve son village natal pour faire vivre Gió Núi Farmstay. Elle y entretient le foyer traditionnel Muong, conserve les anciens outils agricoles et raconte l'histoire de son terroir à travers l'agriculture, la gastronomie et les plantes médicinales qui poussent sur les montagnes calcaires.
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Un touriste étranger est venu de Hanoï à vélo jusqu'à Muong Côc. Au lendemain de sa nuit passée au Gió Núi Farmstay, ce dont il gardait le souvenir le plus marquant n'était pas sa chambre, mais le repas composé de légumes du jardin et de poissons de l'étang, le chant des insectes sur la terrasse et l'impression d'avoir partagé, le temps d'une journée, un rythme de vie totalement différent de celui de la ville.
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D'autres visiteurs évoquent avec enthousiasme leur première pêche à l'aide d'une nasse traditionnelle, la coupe de l'herbe à la faucille pour nourrir les buffles, le broyage du maïs, le pilage du riz ou encore la préparation d'un repas sur un foyer au bois avec des ustensiles qu'ils n'avaient jusque-là aperçus que dans les livres ou les musées.
Pour de nombreux élèves, la découverte commence par des gestes simples : apprendre quelques mots de la langue Muong, toucher une charrue ou une meule de pierre, écouter les gongs traditionnels et comprendre comment vivaient leurs grands-parents.
À Gió Núi Farmstay, ces expériences ne sont pas mises en scène pour les touristes. Elles font partie du quotidien de la famille : le matin, couper l'herbe pour les buffles, nourrir les poissons ou pêcher dans l'étang ; l'après-midi, allumer le feu de bois, cuire le riz gluant à la vapeur puis partager le repas autour de la table familiale, selon la tradition Muong.
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| Les étudiants font l'expérience de l'apprentissage de la langue d'ethnie Muong. |
Ici, il n'y a ni scène ni acteurs. Seulement des agriculteurs vivant leur quotidien, auquel les visiteurs sont invités à prendre part.
"Des touristes étrangers aux élèves du primaire et du collège, tous se montrent extrêmement enthousiastes. Ce qu'ils préfèrent, c'est attraper eux-mêmes les poissons avant de les faire griller sur place. Beaucoup nous disent que c'est la première fois qu'ils utilisent une nasse ou une faucille. Ils transpirent beaucoup, mais ils repartent tous avec le sourire", raconte Lê Hai Yên.
Ce qui la surprend le plus, c'est de voir que des gestes ordinaires pour les habitants du village deviennent des souvenirs inoubliables pour les visiteurs.
"Ils nous disent qu'ils ne peuvent vivre ce genre d'expérience nulle part ailleurs", explique-t-elle.
L'espace culturel familial a lui aussi été préservé dans son état d'origine. La pièce principale rassemble des dizaines d'anciens outils agricoles : vanneuse, charrues, herses, palanches, paniers de vannage, écopes à eau, meules de pierre…
On y trouve également le vaisselier traditionnel, les plateaux en bois et de nombreux objets emblématiques de la vie quotidienne des Muong.
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Interrogée sur l'élément qu'elle choisirait pour représenter à lui seul la culture muong, Yên répond sans hésiter : la cuisine.
"C'est autour du foyer que se transmettent le plus d'histoires. J'aime préparer des plats à partir des légumes du jardin, des poissons de l'étang, des animaux que nous élevons et des spécialités locales, afin que les visiteurs comprennent réellement la manière de vivre des Muong".
Au-delà de la cuisine, de nombreux groupes découvrent également quelques expressions en langue Muong, les coutumes locales, les modes de vie traditionnels ainsi que les savoirs populaires toujours transmis au sein de la communauté.
Au fond, la richesse de Gió Núi Farmstay ne réside pas dans la multiplication des activités proposées, mais dans cette immersion au cœur d'une culture toujours vivante, où les traditions ne sont pas jouées pour les touristes : elles continuent simplement d'être vécues.
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Peu imaginent que la fondatrice de Gió Núi Farmstay exerce en réalité comme pharmacienne à Hanoï. En semaine, elle poursuit son activité professionnelle ; le week-end, avec son mari, elle revient à Muong Côc pour développer progressivement leur petite structure d'accueil.
Selon elle, le projet est né en observant les vieux objets laissés par ses parents. "En regardant leurs anciens outils agricoles, je me suis dit que si personne ne les conservait, ils disparaîtraient. J'ai commencé à les rassembler dans un coin de la maison pour que mes enfants puissent un jour comprendre comment vivaient leurs grands-parents", raconte-t-elle.
Ainsi, charrues, herses, batteuses, paniers de vannage ou meules de pierre ne sont pas devenus de simples éléments décoratifs, mais les témoins d'une mémoire rurale que la famille transmet aux visiteurs.
La famille exploitait déjà, du temps des parents, un modèle agricole associant jardin, étang et élevage. Lorsque la génération précédente a pris de l'âge, le couple a repris le plus d'un hectare de terres, poursuivant l'activité agricole tout en développant progressivement une offre de tourisme expérientiel.
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Le farmstay s'est ainsi construit dans le prolongement naturel de l'exploitation familiale, sans chercher à recréer artificiellement un décor.
"Nous avons choisi des clôtures en bambou, conservé notre étang piscicole naturel, cultivé des légumes de saison et planté différentes espèces médicinales comme l'armoise, le périlla, le gingembre ou la citronnelle. Nous faisons du tourisme sans renoncer à l'identité de notre village".
En tant que pharmacienne, Lê Hai Yên voit également dans Muong Côc une richesse encore largement méconnue.
Selon elle, les montagnes calcaires de la région abritent de nombreuses plantes médicinales indigènes qui n'ont pas encore été suffisamment étudiées ni valorisées. Au-delà des activités agricoles et culturelles, elle souhaite donc développer à terme des expériences de bien-être fondées sur les ressources médicinales locales.
"Mon mari travaille dans la recherche sur les plantes médicinales. Nous aimerions créer des activités associant phytothérapie et bien-être en pleine nature", confie-t-elle, évoquant ce qui pourrait constituer la véritable singularité du farmstay dans les années à venir.
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Mais pour que des initiatives comme Gió Núi Farmstay puissent se développer durablement, les efforts des seules familles ne suffisent pas.
Après près de deux ans d'activité expérimentale, la majorité des visiteurs provient encore du bouche-à-oreille ou des réseaux sociaux. Lê Hai Yên espère désormais que, depuis le lancement officiel du produit de tourisme communautaire de Muong Côc, les agences de voyages intégreront ces initiatives dans leurs circuits, afin de permettre aux habitants de participer pleinement à l'écosystème touristique local.
Elle souligne également des besoins très concrets : améliorer les routes d'accès, l'éclairage public, l'approvisionnement en eau potable ou encore accompagner la création d'une véritable identité de marque pour les produits agricoles locaux, notamment le riz et le lotus.
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"Mon souhait est de développer, avec les habitants, les produits agricoles de notre région. Si le tourisme et l'agriculture progressent ensemble, les jeunes auront davantage de raisons de rester vivre au village", affirme-t-elle.
Ces aspirations rejoignent les orientations définies par les autorités locales et le Service du tourisme de Hanoï.
Selon Pham Trong Cua, vice-président du Comité populaire de la commune de My Duc, les autorités travaillent actuellement avec le Service du tourisme de Hanoï afin de former les habitants, renforcer les partenariats avec les voyagistes, améliorer les infrastructures et relier Muong Côc aux destinations voisines, notamment le complexe de Huong Son, dans l'objectif de créer une offre de tourisme communautaire exploitable tout au long de l'année.
De son côté, le Service du tourisme de Hanoï souhaite faire de Muong Côc un modèle de développement centré sur la communauté, privilégiant un tourisme vert, à faibles émissions de carbone, avec l'ambition d'en faire progressivement la première destination de tourisme communautaire Net Zero de la capitale.
Câm Sa / CVN











