DANAFF IV : l'affirmation d'un festival à vocation internationale

Bien plus qu'une succession de projections et de récompenses, la 4e édition du Festival du film asiatique de Dà Nang (DANAFF IV) a confirmé l'évolution d'un rendez-vous cinématographique qui élargit progressivement son rayonnement.

>> Ouverture de la 4ᵉ édition du Festival du film asiatique de Dà Nang

>> Le cinéma vietnamien face aux défis de l'IA et de la propriété intellectuelle

>> Le Festival du film asiatique 2026 s'achève en célébrant le cinéma asiatique


Entre la présence de grandes figures du septième art mondial, les programmes consacrés à l'émergence de nouveaux talents, les réflexions sur l'avenir du cinéma vietnamien et l'engouement du public, la 4e édition du Festival du film asiatique de Dà Nang (DANAFF IV) dessine désormais les contours d'un événement résolument tourné vers l'international.


La cérémonie de clôture est traditionnellement le point d'orgue de tout festival. À DANAFF IV, Tử chiến trên không (Combat aérien) s'est vu décerner le Grand Prix du meilleur film vietnamien, tandis que Full plate (Une assiette bien remplie), production indienne, a remporté le prix du meilleur film asiatique. Les acteurs vietnamiens Viêt Huong et Thai Hoà ont, pour leur part, été récompensés pour leurs interprétations. Autant de trophées venus consacrer les œuvres et les artistes qui auront marqué cette édition.

Mais réduire DANAFF IV à son palmarès serait passer à côté de son véritable visage. La soirée de remise des prix n'a constitué que l'ultime chapitre d'une semaine particulièrement dense.

L'équipe du film "Tử chiến trên không" (Combat aérien) reçoit le prix du Meilleur film dans la catégorie Compétition des films vietnamiens.
L'artiste Viêt Huong est récompensée du prix de la Meilleure actrice pour son rôle de Hâu dans "Cục vàng của ngoại" (My little grandma - Ma grand-mère).

Pendant sept jours, 102 films ont été présentés au public au fil de près de 200 projections, réparties dans plusieurs complexes cinématographiques de Dà Nang. Autour des séances se sont enchaînés conférences professionnelles, ateliers, rencontres entre réalisateurs et producteurs, sessions de développement de projets, master classes animées par des experts internationaux, échanges avec le public, expositions et projections en plein air. Du matin jusqu'à la nuit, le festival a vécu à un rythme soutenu.

Cette programmation illustre l'évolution de DANAFF. Désormais, le festival ne se limite plus à montrer des films ni à distinguer les meilleures œuvres. Il devient progressivement un lieu de rencontre pour les professionnels, un espace où les idées circulent, où les projets prennent forme et où le dialogue autour du cinéma se poursuit bien après l'extinction des écrans.

DANAFF IV propose une programmation riche, avec des activités qui se succèdent du matin jusqu'au soir.

L'une des évolutions les plus visibles de cette 4e édition réside dans son pouvoir d'attraction auprès des grands noms du cinéma international.

Le réalisateur hongkongais Johnnie To a présidé le jury de la compétition asiatique, tandis que le producteur hollywoodien Bill Mechanic a reçu le Prix pour l'ensemble de sa carrière. À leurs côtés, plusieurs vedettes sud-coréennes, parmi lesquelles Ji Chang-wook, Jung Woo-sung et Jung Il-woo, ainsi que l'actrice américaine Jane Seymour, ont contribué à donner au festival une dimension internationale encore plus affirmée que lors des éditions précédentes. Les rencontres avec le public, les montées des marches et les différentes manifestations organisées en marge des projections ont suscité un vif engouement tout au long de la semaine.

L'acteur Ji Chang-wook lors de la Nuit du cinéma coréen, organisée le soir du 29 juin.
L'actrice Jane Seymour au DANAFF IV.
La masterclass consacrée à la production cinématographique, organisée dans le cadre de DANAFF IV, est animée par le célèbre producteur hollywoodien Bill Mechanic.

Au-delà de leur présence protocolaire, ces invités internationaux se sont pleinement investis dans la vie du festival. Ils ont participé aux conférences, aux ateliers spécialisés, aux classes de maître, aux présentations de projets et aux rencontres professionnelles, partageant leur expérience avec les cinéastes vietnamiens ainsi qu'avec les jeunes participants du programme DANAFF Talents.

Autre nouveauté majeure : l'introduction, pour la première fois, d'un Focus sur le cinéma américain, réunissant douze œuvres emblématiques. Des classiques tels que The General (Le Mécano de la "General"), Casablanca, 12 Angry Men (Douze hommes en colère) ou encore Nomadland ont offert aux spectateurs une traversée de plus d'un siècle d'histoire hollywoodienne. Plus qu'une simple rétrospective, cette programmation invitait à redécouvrir les films qui ont façonné le langage du cinéma moderne, tout en ouvrant un nouvel espace de dialogue entre le cinéma vietnamien et les grandes traditions du septième art mondial.


Un festival de cinéma ne se construit pas uniquement autour des œuvres déjà achevées. Les grands rendez-vous internationaux sont aussi des lieux où émergent les projets de demain, où se rencontrent réalisateurs, producteurs, scénaristes, investisseurs et fonds de soutien. C'est dans cette capacité à accompagner la création que se mesure également leur influence.

À DANAFF IV, cette ambition s'est concrétisée à travers DANAFF Talents, véritable plateforme dédiée à l'accompagnement de la jeune création. Le programme réunissait des ateliers de formation, un incubateur de projets, un Script Lab, un marché de projets ainsi que plusieurs master classes destinées aux acteurs, producteurs et jeunes cinéastes.

La cérémonie de clôture de DANAFF Talents.

L'une des principales nouveautés de cette édition a été l'organisation, pour la première fois, d'un Script Lab sous la forme d'une résidence d'écriture intensive de deux semaines, encadrée par des enseignants et spécialistes de l'Université Columbia (États-Unis). Parallèlement, les DANAFF Industry Days, avec leurs rencontres professionnelles individuelles (One-to-One Business Meetings), leurs conférences (Industry Talks) et leurs Producer Master Classes, ont offert aux porteurs de projets l'occasion de nouer des partenariats, de rechercher des financements et de mieux appréhender les réalités du marché international.

Après plusieurs jours de formation, de mentorat et de perfectionnement de leurs dossiers, les équipes ont présenté leurs projets lors de la session internationale de Pitching, face à un jury composé d'experts, de représentants de festivals, de fonds de soutien et de producteurs venus de différents pays.

Dans la catégorie des projets vietnamiens, le DANAFF Award, doté de 5.000 dollars, a récompensé "Escape Room (Scared To Death)" (La Salle d'évasion), du réalisateur Trân Nguyên Hoàng Long. Dans la catégorie des projets de films d'auteur asiatiques, le premier prix est revenu à Zholdogu Bala (Stuck like babies), du réalisateur Dastan Zhapar Ryskeldi, tandis que le Prix spécial a distingué Cosmo, réalisé par Kong Pahurak.


La participation de réalisateurs vietnamiens confirmés, tels que Nguyên Quang Dung, Phan Gia Nhât Linh ou Dinh Tuân Vu, témoigne également de cette évolution. DANAFF n'est plus seulement un festival où l'on vient défendre un film en compétition ; il devient un espace où les projets prennent forme, s'enrichissent au contact des professionnels, trouvent des partenaires et se préparent à leur future rencontre avec le public.


Les salles obscures n'ont pas été les seuls lieux de réflexion de cette quatrième édition. Tout au long du festival, DANAFF s'est également affirmé comme un forum où les professionnels ont pu débattre des grands enjeux auxquels est confronté le cinéma vietnamien dans un contexte de profondes mutations.

Trois conférences internationales ont rythmé cette semaine d'échanges.

La première, consacrée au cinéma vietnamien à l'époque du Renouveau, a retracé près de quarante années d'évolution de la production nationale depuis 1986, en abordant aussi bien les mécanismes de fonctionnement de l'industrie que les ressources créatives ou les défis liés à l'édification d'un véritable secteur cinématographique moderne.

La seconde, dédiée à l'intelligence artificielle, aux technologies numériques et à la protection de la propriété intellectuelle dans le cinéma, a ouvert un débat particulièrement nourri sur les opportunités qu'offre l'IA, mais aussi sur les défis qu'elle soulève, depuis les processus de création et de production jusqu'à la protection des droits d'auteur à l'ère numérique.

Enfin, la conférence intitulée "L'industrie cinématographique américaine : modèles de production et perspectives pour le Vietnam" a permis de mettre en lumière plusieurs expériences internationales en matière de formation, de développement du marché, d'attractivité des investissements et de structuration d'un écosystème cinématographique.

Si les thèmes abordés différaient, un constat est revenu avec insistance au fil des interventions : le cinéma vietnamien ne pourra renforcer durablement sa place sur la scène internationale en misant uniquement sur la qualité de ses œuvres. Il lui faut également un environnement professionnel capable d'encourager la création, d'accompagner les talents, de développer les marchés et de renforcer sa compétitivité dans un contexte d'intégration toujours plus poussée. Ces échanges de fond contribuent précisément à faire de DANAFF un festival qui dépasse largement le cadre des projections et des remises de prix.


Un festival de cinéma ne forge pas son identité par la seule qualité de sa programmation ni par le prestige de ses invités. Ce qui lui donne véritablement vie, c'est la présence de son public.

Durant toute la semaine de DANAFF IV, de nombreuses projections ont affiché complet, certaines salles étant prises d'assaut bien avant le début des séances. Une fois les lumières rallumées, les spectateurs ne quittaient pas immédiatement leur siège. Ils prolongeaient l'expérience en échangeant avec les réalisateurs, les acteurs et les équipes des films, curieux de découvrir les histoires qui se cachent derrière les images.

Un large public au rendez-vous de DANAFF IV.

En dehors des salles obscures, projections en plein air, expositions, espaces d'animation et rencontres avec les artistes ont, eux aussi, attiré un large public, composé aussi bien d'habitants de Dà Nang que de visiteurs venus de tout le pays et de l'étranger.

Certains festivaliers avaient fait le déplacement depuis Hanoï, Hô Chi Minh-Ville ou d'autres provinces uniquement pour vivre cette semaine consacrée au septième art. Les plus passionnés enchaînaient plusieurs projections par jour ; d'autres privilégiaient les conférences et les rencontres avec les professionnels afin de mieux comprendre les coulisses de la création cinématographique.

Cette implication du public a largement contribué à créer une atmosphère rare. Pendant une semaine, DANAFF ne s'est pas limité aux salles de cinéma ni aux tapis rouges : le festival a investi toute la ville, faisant des spectateurs de véritables acteurs de l'événement plutôt que de simples témoins.

Duy An - Hông Anh/CVN

Rédactrice en chef : Nguyễn Hồng Nga

Adresse : 79, rue Ly Thuong Kiêt, Hanoï, Vietnam

Permis de publication : 25/GP-BTTTT

Tél : (+84) 24 38 25 20 96

E-mail : courrier@vnanet.vn, courrier.cvn@gmail.com

back to top