Thanh Hoa : une femme d’origine thai préserve le tissage de brocatelle

Au milieu du rythme de vie moderne qui s’infiltre dans les villages de montagne, alors que de nombreuses valeurs traditionnelles s’effacent, dans le hameau de Liên Son, commune de Xuân Chinh (province de Thanh Hoa), Vi Thi Luyên (née en 1986) demeure silencieusement auprès de son métier à tisser, persévérant dans la restauration de l’artisanat du tissage de brocatelle.

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Vi Thi Luyên s'efforce de conserver le métier ancestral.
Photo : CTV/CVN

Née dans une famille thai, l’enfance de Vi Thi Luyên a été bercée par l’odeur du coton, le cliquetis de la navette et les étoffes de brocatelle aux couleurs éclatantes. Selon la coutume, chaque jeune fille thaï, lorsqu’elle se marie, doit apporter en dot des jupes, foulards, couvertures et oreillers tissés de la main de sa mère. Ces objets ne sont pas seulement des biens domestiques, mais aussi le symbole de la dextérité, de l’assiduité et de l’amour familial.

Restauration du métier ancestral

Pourtant, avec l’évolution du niveau de vie, les jupes confectionnées industriellement ont peu à peu remplacé celles tissées à la main. Dans de nombreuses familles, les métiers à tisser ont été délaissés, et les motifs traditionnels risquent de ne subsister que dans la mémoire des anciens.

Diplômée en agriculture et foresterie de l’Université Hông Duc à Thanh Hoa, elle a été élue en 2007 vice-présidente de l’Association des paysans de la commune. Puis, en 2016, lorsqu’elle a pris la fonction de présidente de l’Union des femmes de Xuân Chinh, ses préoccupations concernant la préservation de l’identité culturelle de son peuple ont enfin trouvé les conditions pour se concrétiser.

Le groupe de tissage créé de brocatelle Tay Do par Vi Thi Luyên compte une cinquantaine de membres. 
Photo : CTV/CVN

En 2022, à partir de simples conversations autour du feu de cuisine, elle a commencé à mobiliser les femmes du village pour restaurer l’art du tissage de brocatelle. Au début, seules 19 personnes ont participé, mais grâce à sa persévérance et à sa passion, le mouvement s’est progressivement répandu. En avril 2023, le groupe de tissage de brocatelle Tay Do a été officiellement fondé avec 26 membres et près de 30 métiers à tisser, marquant le début d’un parcours visant à "réveiller" un savoir-faire ancestral.

En 2024, ce groupe a remporté le Prix d’excellence lors du concours "Femmes et entrepreneuriat", organisé par l’Union des femmes de Thanh Hoa.

Aujourd’hui, le groupe de tissage compte une cinquantaine de membres. Chacun prend en charge une étape différente : certaines tissent le tissu, d’autres teignent les fils, d’autres encore achèvent les produits. Les personnes âgées, riches en expérience, s’occupent des tâches les plus complexes. Les jeunes, eux, réalisent les travaux plus simples, apprenant le métier tout en participant. Peu à peu, l’animation du travail collectif a remplacé le silence d’autrefois des métiers à tisser recouverts de poussière.

Vi Thi Luyên présente certains articles du groupe Tay Do. 
Photo : CTV/CVN

Créer des articles d’usage quotidien

Mme Luyên cherche également à produire le brocart d’usage quotidien. À partir des jupes traditionnelles, les produits sont “réinventés” en sacs à main, coussins de siège, couvertures, oreillers… conservant les motifs caractéristiques tout en répondant aux besoins du marché. Grâce à cela, les articles de Tay Do ne sont pas seulement consommés au Vietnam, mais sont aussi exportés vers le Laos, la Thaïlande et la France.

"En 2025, le chiffre d’affaires du groupe de tissage a atteint environ 400 millions de dôngs. Ce montant n’est pas considérable, mais pour un village de montagne, c’est un résultat encourageant, ouvrant la voie à des moyens de subsistance durables pour les femmes locales", a-t-elle partagé.

De nombreux articles du groupe Tay Do ont été expédiés en Thaïlande, au Laos et en France. 
Photo : CTV/CVN

De plus, elle continue de produire les oreillers aux herbes - une combinaison de plantes médicinales locales, d’huiles essentielles naturelles et de motifs traditionnels. Cet article est actuellement en cours de finalisation de son dossier pour participer au programme provincial OCOP (Une commune, un produit) 3 étoiles.

Selon un responsable de la commune de Xuân Chinh, le modèle de Mme Luyên ne se limite pas à créer des emplois et à augmenter les revenus des femmes rurales ; il contribue aussi à diffuser l’amour de la culture thaï au sein de la communauté locale.

Lê Duong - Hoàng Phuong/CVN

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