Sri Lanka, Espagne, Syrie, Suisse : ces pays qui tentent de se tenir à distance du conflit en lran

Le conflit déclenché par l'attaque des États-Unis et d'Israël contre l'Iran embrase toute la région. "Nous ne serons pas complices de quelque chose qui est mauvais pour le monde", répond l'Espagne. D'autres pays, tels que la Syrie ou le Sri Lanka, refusent aussi de s'impliquer. Tour d'horizon - non exhaustif - de leurs différentes raisons et de leurs stratégies.

>> Trump menace l'Iran d'une frappe massive si Téhéran attaque à nouveau le Qatar

>> Le Pentagone demanderait plus de 200 milliards de dollars pour financer le conflit au Moyen-Orient

>> Le chancelier allemand appelle à une fin rapide du conflit contre l'Iran

Alors que plusieurs États, comme le Liban ou les pays du Golfe, ont été entraînés dans le conflit depuis l’attaque israélo-américaine contre l’Iran le 28 février, d’autres tentent de garder leurs distances avec cet affrontement.

La Syrie se veut un "terrain d'influence en faveur de la stabilité et de la sécurité"

Le président syrien Ahmad al-Chareh.
Photo : apaimages/CVN

Le président syrien, Ahmad al-Chareh, a déclaré vendredi 20 mars qu'il œuvrait à maintenir son pays à l'écart du conflit qui s'élargit au Moyen-Orient. Il a assuré que Damas était en accord avec tous les pays de la région.     

"Nous pesons nos actes avec une extrême prudence et œuvrons à éloigner la Syrie de tout conflit", a-t-il déclaré après la prière de l'Aïd el-Fitr au palais présidentiel de Damas. La Syrie, qui "a toujours été un terrain de conflit (...) au cours des quinze dernières années, et avant, est aujourd'hui en accord avec tous les pays du voisinage (...), tout en étant entièrement solidaire des États arabes", a ajouté le président qui a renversé le dirigeant syrien Bachar al-Assad en décembre 2024.

Alors que l'Iran était l'un des principaux soutiens du pouvoir d'Assad, la coalition qui a renversé ce dernier est résolument hostile à Téhéran. Selon Ahmad al-Chareh, la Syrie entre dans "une nouvelle phase et se transforme de terrain de conflit à terrain d'influence en faveur de la stabilité et de la sécurité", au niveau national et régional.

Les Syriens sont aujourd'hui spectateurs du conflit régional, Israël interceptant même dans le ciel de leur pays des missiles envoyés par l'Iran vers le territoire israélien.

L'armée israélienne a cependant annoncé vendredi 20 mars avoir bombardé dans la nuit des "infrastructures du régime syrien" dans le Sud de la Syrie. Cette frappe constitue, selon l'armée israélienne, une "riposte aux évènements" survenus jeudi 19 "au cours desquels des civils druzes ont été attaqués dans la région de Soueïda", dans le Sud de la Syrie.

La Suisse fait valoir son droit à la neutralité 

La Suisse a annoncé de son côté, samedi 14 mars, avoir rejeté deux demandes des États-Unis de survol de son territoire, faisant valoir son "droit à la neutralité".

Les Américains ont déposé plusieurs demandes en ce sens, notamment pour des aéronefs militaires, a déclaré le gouvernement du pays dans un communiqué. Elles concernaient "chacune un avion de reconnaissance" pour un passage le 15 mars dans l'espace aérien suisse. Le gouvernement a en revanche donné son aval à, entre autres, un vol de maintenance.

Le gouvernement suisse explique que "les États-Unis et Israël sont en conflit avec l'Iran", en conséquence de quoi "le droit de la neutralité s'applique". Il souligne que "le droit de la neutralité interdit les survols effectués par des parties à un conflit à des fins militaires en rapport avec ledit conflit". Sont en revanche autorisés "les vols à des fins humanitaires ou médicales, y compris le transport de blessés, ainsi que les survols qui n’ont aucun lien avec le conflit".

Depuis 1815, la Suisse est reconnue officiellement comme étant un pays neutre par la communauté internationale. Sa neutralité est permanente, armée et librement choisie.

L'Espagne s'oppose au conflit de Donald Trump 

Le Premier ministre espagnol, Pedro Sánchez, au Sommet de l'UE à Bruxelles, le 19 mars. 
Photo : AP/VNA/CVN

L’Espagne se trouve dans une position plus délicate. Dès le début du conflit, son gouvernement a refusé de permettre aux États-Unis d'accéder à ses bases militaires pour mener des opérations contre l'Iran. 

Donald Trump a ensuite menacé de "cesser tout commerce avec l'Espagne", déclarant aussi : "C'est le seul pays de l'OTAN qui n'a pas accepté de consacrer 5% de son PIB à des dépenses en matière de défense".

"Nous sommes opposés à ce désastre", a répondu le 4 mars le Premier ministre socialiste Pedro Sánchez, estimant que cette position était partagée par "de nombreux autres gouvernements" et "des millions de citoyens et de citoyennes qui, dans toute l'Europe, en Amérique du Nord et au Moyen-Orient, ne demandent pas pour demain plus de guerre ou plus d'incertitude". "Nous ne serons pas complices de quelque chose qui est mauvais pour le monde et qui est également contraire à nos valeurs et à nos intérêts, simplement par peur des représailles", avait-il ajouté.

Toutefois, le ministère de la Défense espagnol a annoncé le 5 mars l'envoi à Chypre pour des missions de "protection" d'une frégate. Celle-ci avait pour mission d’accompagner le porte-avions français Charles de Gaulle et d'autres bâtiments de la marine grecque, après qu'une base militaire britannique sur cette île a été atteinte par un drone.

Le 11 mars, le gouvernement espagnol a mis fin officiellement aux fonctions de l'ambassadrice d'Espagne en Israël, qui avait déjà été rappelée à Madrid depuis septembre 2025 sur fond de tensions entre les deux pays.

Sri Lanka dit non aux belligérants, mais sauve des vies

Le Sri Lanka a également refusé que deux avions de guerre américains soient basés sur son territoire pendant la période du 4 au 8 mars afin de préserver sa neutralité, a révélé vendredi 20 mars son président. 

Le président sri-lankais Anura Kumara Dissanayake.
Photo : Xinhua/VNA/CVN

"Ils (les États-Unis) voulaient redéployer deux avions de guerre armés de huit missiles antinavires d'une base de Djibouti sur l'aéroport international de Mattala (Sud) du 4 au 8 mars et nous avons dit non", a déclaré Anura Kumara Dissanayake lors d'un discours devant le Parlement. Le chef de l'État a précisé que Washington avait fait cette requête le 26 février, avant le début des bombardements sur l'Iran le 28 février.

Le même 26 février, l'Iran a requis la permission pour trois de ses navires de guerre de retour d'un exercice militaire en Inde de faire escale dans un port sri-lankais, a-t-il également affirmé 20 mars devant les parlementaires. "Si nous avions dit oui à l'Iran, il nous aurait fallu dire oui aux États-Unis aussi", a relevé M. Dissanayake. "Mais nous ne l'avons pas fait. Nous maintenons fermement notre position de neutralité".

Le Sri Lanka accueille depuis le 4 mars sur son sol 32 marins rescapés du torpillage par un sous-marin américain, au large de son territoire, de la frégate iranienne Dena, l'un des trois bateaux de guerre de retour d'Inde. Les 84 corps de marins iraniens récupérés après le naufrage ont été rapatriés en Iran la semaine dernière. "Nous ne prenons pas parti dans ce conflit, mais tout en maintenant notre neutralité, nous agissons pour sauver des vies", avait justifié le président sri-lankais après cet incident.

Son pays a par ailleurs accueilli, au lendemain du torpillage, les 219 membres d'équipage du navire de soutien logistique iranien Bushehr, qui avait signalé un problème de moteur alors qu'il rentrait lui aussi de l'exercice naval en Inde.

AFP/VNA/CVN

Rédactrice en chef : Nguyễn Hồng Nga

Adresse : 79, rue Ly Thuong Kiêt, Hanoï, Vietnam

Permis de publication : 25/GP-BTTTT

Tél : (+84) 24 38 25 20 96

E-mail : courrier@vnanet.vn, courrier.cvn@gmail.com

back to top