Municipales : à Lille, face à l'union PS-Verts du maire sortant, LFI s'accroche

À Lille, malgré une alliance entre le maire sortant PS et l'ex-tête de liste écologiste, tout n'est pas joué pour le second tour dimanche 15 mars, la candidate LFI continuant de s'accrocher, galvanisée par sa deuxième place surprise au premier round.

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Le maire socialiste sortant de Lille, Arnaud Deslandes (droite), et l'écologiste Stephane Baly, le 16 mars à Lille.
Photo : AFP/VNA/CVN

Après d'intenses tractations avec les Insoumis d'un côté et le PS de l'autre, le candidat des Écologistes Stéphane Baly, troisième du premier tour (17,75% des voix), a finalement annoncé lundi 16 mars fusionner sa liste avec celle du maire sortant Arnaud Deslandes, qui a pris la relève de Martine Aubry il y a un an.

Arrivé en tête de justesse au premier tour (26,26%), M. Deslandes, 43 ans, avait besoin de cette alliance face à la candidate LFI Lahouaria Addouche, en retard de seulement trois points (23,36%), pour assurer ses chances de conserver la capitale des Flandres, citadelle PS depuis 1955.

L'alliance Deslandes-Baly, vivement décriée par LFI, n'a pas fait l'unanimité chez les Verts : en guise de protestation, la tête de liste écologiste à Hellemmes, commune associée à Lille et qui élit son propre maire délégué, s'est retiré.

Les organisations Jeunes Écologistes du Nord-Pas-de-Calais et Jeunes Génération.s de Lille se sont également désolidarisés.

Électeurs "trahis"

Pour Mme Addouche, LFI "a fait le max, et Stéphane Baly a choisi la moins bonne proposition". Elle assure avoir "énormément de soutien d'Écologistes" qui se sentent "trahis".

La candidate LFI Lahouaria Addouche, le 19 mars à Lille où elle brigue la mairie.
Photo : AFP/VNA/CVN

Selon plusieurs sources, une courte majorité des colistiers écologistes aurait préféré lors d'un vote interne une alliance avec les Insoumis.

Venu la soutenir en meeting jeudi soir 19 mars, Jean-Luc Mélenchon a appelé du pied les électeurs écologistes, "gens de convictions", qui seraient déçus par "la décision absurde" d'alliance avec le PS.

Arnaud Deslandes assure lui que les retours négatifs restent "minoritaires". Il y a une "attente" des électeurs pour "une union de la gauche et des écologistes", qui permettrait de "renouer ce fil de l'histoire de Lille", rompu en 2020, rapelle-t-il.

Cette année là, Stéphane Baly avait échoué de 227 voix à prendre la mairie à Martine Aubry. Il était passé dans l'opposition, après un premier mandat allié à la maire socialiste.

Le maire sortant se dit "confiant, mais prudent" pour le second tour. Tout comme Stéphane Baly, qui souligne que leur projet, fruit d'un "bon accord", "doit encore convaincre".

Face à eux, Mme Addouche, âgée de 43 ans, se présente comme "la seule qui apporte la rupture et l'alternative à Lille".

Espérant mobiliser les abstentionnistes, elle a arpenté les quartiers et marchés de Lille toute la semaine et écumé les réseaux sociaux, où elle multiplie les vidéos partagées des milliers de fois.

Arnaud Deslandes assure lui aussi avoir mené une campagne de "proximité" avec l'objectif de "renforcer la confiance dans la politique" en écoutant "les besoins concrets" des Lillois.

"Cogestion"

Stéphane Baly, qui avant le premier tour déplorait que l'élection de M. Deslandes équivaudrait à un "cinquième mandat Aubry", espère voir naître avec leur union "une nouvelle organisation politique", à l'image du "pacte de gouvernance" mis en place entre socialistes et écologistes à Rennes.

Il met aussi en avant un "pacte programmatique" commun, en citant la friche Saint-Sauveur dans le centre-ville, sur laquelle la majorité sortante a accepté sa proposition de créer un parc plus grand, avec moins de construction immobilière.

M. Baly, âgé de 53 ans, souligne avoir fait le "choix du réalisme" en s'alliant avec le PS, et note des "pas en avant" vers les Écologistes comparé au dernier mandat de Mme Aubry, qui "n'a pas voulu retirer un parpaing" à Saint-Sauveur.

Arnaud Deslandes promet "une nouvelle forme de gouvernance que Lille a peu connu jusque là" avec une "cogestion" entre le PS, les Écologistes et leurs alliés.

Lors d'un meeting ensemble jeudi 19 mars, ils ont rappelé leurs "valeurs communes".

Deux autres candidats restent en lice, la députée Renaissance Violette Spillebout et l'eurodéputé RN Matthieu Valet.

Mme Spillebout avait tendu la main à M. Deslandes dès l'issue du premier tour. Mais le maire sortant ne l'a pas saisie, l'accusant d'avoir "brutalisé" le débat en critiquant sans relâche sa gestion de la municipalité depuis un an.

AFP/VNA/CVN

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