Les États-Unis frappent le hub pétrolier de l'Iran dans le Golfe

Donald Trump a déclaré vendredi soir 13 mars avoir "complètement détruit" des cibles militaires sur l'île de Kharg, le hub pétrolier de l'Iran, et menacé de s'en prendre à ses infrastructures pétrolières si Téhéran entrave la libre circulation des navires dans le détroit stratégique d'Ormuz.

>> Trump menace l'Iran d'une riposte militaire "sans précédent" en cas de représailles

>> Trump estime que l'opération contre l'Iran pourrait durer "quatre semaines ou moins"

>> Le pétrole chute de 10% après les propos de Trump, fort rebond des Bourses en Asie

>> Premier mort dans l'armée française au Moyen-Orient

Image satellite prise par 2026 Planet Labs PBC montrant l'île iranienne de Kharg le 22 février 2026.
Photo : AFP/VNA/CVN

"J'ai choisi de NE PAS détruire les infrastructures pétrolières de l'île. Cependant, si l'Iran, ou quiconque d'autre venait à faire quoi que ce soit pour entraver le passage libre et sûr des navires dans le détroit d'Ormuz, je reconsidérerais immédiatement ma décision", a écrit le président américain sur son réseau Truth Social.

Il a annoncé que l'armée américaine "a mené l'un des raids aériens les plus puissants de l'histoire au Moyen-Orient, et a totalement détruit toutes les cibles militaires" sur Kharg.

La veille, le président du Parlement iranien, l'influent Mohammad Bagher Ghalibaf, avait déclaré que Téhéran "abandonnera toute retenue" si les États-Unis et Israël attaquent ses îles du Golfe.

Bande de terre broussailleuse située dans le nord du Golfe, à environ 30 km des côtes, Kharg abrite le plus grand terminal d'exportation de pétrole brut de l'Iran.

Après deux semaines de conflit qui n'ont pas fait céder le pouvoir iranien, l'intransigeance de l'ensemble des belligérants, qui poursuivent samedi matin 14 mars leurs frappes, ne laisse présager aucun répit dans ce conflit qui déchire le Moyen-Orient et perturbe de plus en plus le commerce mondial ,faisant flamber les prix du pétrole.

L'Iran continue ainsi ses représailles aériennes contre les États du Golfe. Des explosions ont été entendues tôt samedi 14 mars à Doha, la capitale du Qatar, par des journalistes de l'AFP, après que le ministère de l'Intérieur a ordonné l'évacuation de certaines zones clefs.

Donald Trump a également déclaré que la marine américaine allait commencer "très bientôt" à escorter des pétroliers dans le détroit d'Ormuz, par où transite 20% de la production mondiale d'hydrocarbures.

Frapper "très fort"

Selon la presse américaine, les États-Unis vont aussi envoyer des renforts au Moyen-Orient, le New York Times parlant de quelque 2.500 Marines et trois navires de plus.

Le Wall Street Journal cite lui des responsables américains selon lesquels le navire d'assaut Tripoli, basé au Japon, et les Marines qui lui sont attachés, se dirigent vers la même région.

Combien de temps va durer ce conflit ? Il se poursuivra la semaine prochaine, où les États-Unis veulent frapper l'Iran "très fort", a annoncé Donald Trump.

Mais le président américain a aussi admis qu'un renversement du pouvoir par le peuple à Téhéran, espéré par Washington dans la foulée du déclenchement de ce conflit le 28 février, ne se produirait "peut-être pas immédiatement".

Les États-Unis ont annoncé offrir 10 millions de dollars en échange d'informations qui permettront de savoir où sont dix des plus hauts dirigeants iraniens, dont le nouveau guide suprême, Mojtaba Khamenei, et le chef de la sécurité Ali Larijani.

Un homme regarde une déclaration télévisée du nouveau guide suprême iranien Mojtaba Khamenei, le 12 mars 2026 à Téhéran.
Photo : AFP/VNA/CVN

L'état de santé de Mojtaba Khamenei reste incertain après qu'il a été lui-même blessé dans un bombardement. Vendredi 13 mars, le ministre américain de la Défense, Pete Hegseth, a avancé qu'il était "probablement défiguré".

Téhéran a été visée vendredi 13 mars par de nouveaux bombardements, du matin jusqu'en début de soirée où une brève série de fortes explosions a été entendue, selon des journalistes de l'AFP.

"Trump ne comprend pas"

Dans la matinée, Ali Larijani était apparu en public au coeur de Téhéran, aux côtés du président Massoud Pezeshkian, défiant l'ennemi en participant à une manifestation pro-gouvernementale.

La manifestation a rassemblé une importante foule - difficile à évaluer même si elle tapissait complètement certaines grandes artères - malgré la pluie et la peur des frappes meurtrières qui ont fait plus de 1.200 morts selon le dernier bilan des autorités, et plus de 1.800 selon l'ONG Human Rights Activists News Agency (HRANA).

"Le problème de Trump, c'est qu'il ne comprend pas que le peuple iranien est une nation courageuse, une nation forte, une nation déterminée", a lancé Ali Larijani. "Plus il accentuera sa pression, plus la détermination de la nation se renforcera".

"Longue confrontation"

Une boule de feu se forme après une frappe aérienne israélienne sur un bâtiment à Abbasiyyeh, au Liban, le 13 mars 2026.
Photo : AFP/VNA/CVN

L'armée israélienne a annoncé avoir mené 7.600 frappes en Iran en deux semaines, et 1.100 frappes au Liban, où elle pilonne le mouvement islamiste Hezbollah, allié de Téhéran. Ses bombardements au Liban ont tué 773 personnes, dont 103 enfants, et blessé près de 2.000, selon les autorités locales.

Une frappe israélienne contre un centre de santé dans le Sud du Liban a tué au moins 12 membres du personnel médical, a annoncé samedi 14 mars le ministère libanais de la Santé.

L'Agence nationale d'information (Ani, officielle) a également fait part de frappes israéliennes ayant touché vendredi 13 mars un quartier général des casques bleus dans le Sud du Liban.

Le chef du Hezbollah, Naïm Qassem, a affiché son inflexibilité, déclarant que son groupe était prêt à "une longue confrontation" avec Israël.

Les Gardiens ont annoncé avoir tiré avec le Hezbollah des missiles et drones sur Israël en réplique aux attaques américano-israéliennes.

AFP/VNA/CVN

Rédactrice en chef : Nguyễn Hồng Nga

Adresse : 79, rue Ly Thuong Kiêt, Hanoï, Vietnam

Permis de publication : 25/GP-BTTTT

Tél : (+84) 24 38 25 20 96

E-mail : courrier@vnanet.vn, courrier.cvn@gmail.com

back to top