Le pétrole chute de 10% après les propos de Trump, fort rebond des Bourses en Asie

Les prix du pétrole chutent de 10% mardi 10 mars, après des propos de Donald Trump assurant que le conflit avec l'Iran est "quasiment" finie, ce qui favorise un solide rebond des Bourses asiatiques après leur plongeon de la veille.

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Un dépôt de carburant à Gelsenkirchen, dans la Ruhr en Allemagne, le 9 mars. 
Photo : AFP/VNA/CVN

Accalmie sur le brut, Trump rassure

Les cours du brut ont connu une hausse spectaculaire ces dix derniers jours face aux difficultés d'approvisionnement depuis les pays du Golfe, avec une flambée historique de 30% en quelques heures lundi 9 mars -avant de modérer leur envolée.

Les prix refluent mardi 10 mars: vers 02h00 GMT, le baril de West Texas Intermediate (WTI), référence du marché américain, plongeait de 10,09% à 85,21 dollars. Celui de Brent de la mer du Nord, référence du marché mondial, perdait 10,46% à 88,61 dollars.

Le Brent avait grimpé lundi 9 mars en séance jusqu'à 119,50 dollars et le WTI jusqu'à 119,48 dollars, dépassant les 100 dollars pour la première fois depuis 2022.

Le marché a fait volte-face après la déclaration inattendue de Donald Trump en fin de journée lundi 9 mars, qui a assuré que le conflit était "quasiment" fini auprès d'une journaliste de la chaîne CBS.

Les remarques du président américain ont "complètement changé la donne", remarque auprès de l'AFP Art Hogan, de B. Riley Wealth Management.

Pour l'analyste, l'administration Trump "en est arrivée à un point où ils réfléchissent au coût" des tentions, mais aussi "aux marchés".

Dans son échange avec la journaliste de CBS, Donald Trump a également dit qu'il "réfléchissait à prendre le contrôle" du détroit d'Ormuz. La navigation est paralysée dans ce passage stratégique par lequel transitent environ 20% du pétrole et du gaz naturel liquéfié (GNL) mondiaux.

M. Trump a aussi annoncé lundi 9 mars qu'il allait lever certaines sanctions sur le pétrole "afin de réduire les prix".

Les prix des carburants dans une station-servive Leclerc à Thionville, dans le Nord-Est de la France, le 9 mars. 
Photo : AFP/VNA/CVN

Autre signal rassurant : les pays du G7 se sont dit lundi 9 mars "prêts" à puiser si besoin dans leurs réserves stratégiques de pétrole pour tenter d'atténuer la flambée des prix - sans toutefois décider d'y recourir dans l'immédiat.

"La réunion téléphonique du G7 a suscité un vif intérêt (...) et Trump a ensuite ajouté que le conflit pourrait se terminer plus tôt que prévu (...) Cette conjonction a suffi à faire naître l'espoir d'une certaine normalisation de l'offre et de la logistique", observe Chris Weston, analyste du courtier Pepperstone.

Les Bourses se reprennent en Asie

Les Bourses asiatiques ont ouvert mardi 10 mars en fort rebond, aidées par le repli des prix du pétrole, au lendemain d'une dégringolade des marchés d'actions.

Vers 02h00 GMT à Séoul, l'indice phare Kospi s'envolait de 6,49%, après avoir dévissé de 6% lundi 9 mars.

À la même heure à Tokyo, l'indice vedette Nikkei gagnait 3,69% à 54.676 points, après un plongeon de quelque 5% la veille. La Bourse de Taipei (Chine) rebondissait de 3%, Sydney de 1,37% et l'indice hongkongais Hang Seng prenait 1,48%.

Les économies d'Asie, très dépendantes des hydrocarbures du Golfe, sont suspendues aux cours du baril et à la situation du détroit d'Ormuz.

Pour autant, "il faut s'attendre à une volatilité importante et persistante au fil de la séance, ainsi qu'à des mouvements dont la signification immédiate ne sera pas toujours évidente: même si les tensions les plus fortes se sont atténuées, les marchés intègrent toujours un degré important d'incertitude et de risque", prévient M. Weston.

Le dollar stable, l'or raffermi

Le billet vert se stabilisait mardi 10 mars à 157,68 yens pour un dollar, après avoir poursuivi son ascension lundi 9 mars.

La monnaie américaine est recherchée dans un contexte de flambée des prix du pétrole, sur fond de craintes inflationnistes.

Les experts anticipent que la prochaine baisse des taux de la Banque centrale américaine (Fed) pourrait intervenir plus tard que prévu compte tenu de la hausse des prix : or une politique monétaire restrictive rend le dollar attractif.

"On peut estimer que les marchés feront abstraction de la volatilité du marché du travail américain à court terme, leur attention se portant désormais sur les perspectives d'inflation", insistent les analystes de Standard Chartered.

L'or, lui, rebondissait de 0,73% à 5.176 dollars l'once. Il avait lourdement trébuché lundi 9 mars, les investisseurs s'en débarrassant pour couvrir les appels de marge sur le pétrole et les pertes en Bourse.

AFP/VNA/CVN

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