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| Le VIe Congrès du Parti (décembre 1986) a défini la ligne du Dôi moi. |
| Photo : VNA/CVN |
Au début de l’année 2026, alors que se tient le XIVe Congrès du Parti, porteur de nombreuses décisions stratégiques pour l’avenir, les valeurs fondatrices et la vitalité du Dôi moi se manifestent clairement, devenant un point d’appui pour nourrir la confiance en un Vietnam puissant à l’horizon 2045.
Article 1 : La voie inéluctable
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| Lors du VIe Congrès du Parti, dans son discours prononcé après avoir été élu secrétaire général, le camarade Nguyên Van Linh a souligné que ce congrès marquait une transition majeure dans le processus de continuité et de renouvellement de la direction du Parti. |
| Photo : VNA/CVN |
Les crises socio-économiques se sont accumulées. Il n’était plus possible de poursuivre les méthodes anciennes. Mais comment changer, quelle voie emprunter : telle fut une lutte idéologique difficile. Sous l’impulsion des exigences pressantes du peuple, de la pression de la réalité et de la détermination politique du Parti, le processus du Dôi moi a été lancé en 1986, ouvrant un tournant historique pour la nation.
Un petit rêve
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| Le système de tickets de rationnement a continué d’être maintenu durant les années qui ont suivi la libération. |
| Photo : VNA/CVN |
Au début des années 1980, les habitants ont dû faire face à une vie difficile. Les tickets de rationnement étaient des objets indispensables du quotidien. Pour acheter du riz, de l’huile, du tissu, du savon…, les habitants ont dû faire de longues files d’attente. Les rêves de nombreuses familles, à l’époque, étaient d’une simplicité poignante : avoir des repas suffisamment nourrissants, un toit sans fuites et une lampe assez lumineuse pour que les enfants puissent étudier le soir.
Hanoï, comme de nombreuses grandes villes, vivait dans une pénurie chronique d’électricité, d’eau et de denrées alimentaires. La rareté des marchandises a causé la flambée des prix qui pesait lourdement sur les conditions de vie de la population.
Si les grandes villes vivaient dans la précarité, les zones rurales n’étaient pas épargnées et souffraient elles aussi d’une production stagnante. Les pratiques économiques héritées de la pensée bureaucratique et du système de subventions se prolongeaient, entraînant une faible productivité et annihilant la motivation au travail. Les lourdes séquelles de la guerre persistaient, tandis que le pays devait, à partir de 1979, se mobiliser pour défendre la frontière du Sud-Ouest et affronter une confrontation tendue, durant près d’une décennie, à la frontière septentrionale. "Le riz manquait, alors même que les forces humaines devaient être déployées sur deux fronts. Il nous fallait encore économiser pour soutenir le Laos et le Cambodge. Les difficultés s’accumulaient !", se souvient Phùng Huy Thinh (né en 1953), ancien cadre du Département politique du IIe Corps d’armée.
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| Phùng Huy Thinh, ancien cadre du Département politique du IIe Corps d’armée, évoque la période difficile du pays avant le Dôi moi. |
| Photo : VNA/CVN |
La situation socio-économique des années 1981-1985 était morose, tel un tableau dominé par des tons gris. Un rapport de l’Office général des statistiques indiquait qu’en 1986 l’inflation atteignait un niveau "hyperélevé", culminant à 774,7%. Les salaires des cadres, fonctionnaires et employés ne suffisaient pratiquement plus à couvrir les dépenses quotidiennes. Les modes de gestion et de production marqués par la bureaucratie et l’inertie s’étaient profondément enracinés dans l’appareil administratif. Le mécanisme de subventions, qui avait autrefois montré son efficacité durant la guerre, était désormais devenu un obstacle majeur au développement.
Même situation enregistrée chez les cadres chargés des affaires étrangères. Ils sont considérés comme la "vitrine" et le "visage de la nation". L’ancien ministre des Affaires étrangères Nguyên Dy Niên se souvient que, lors des missions à l’étranger à cette époque, les diplomates devaient emprunter leurs vêtements aux réserves du ministère des Finances : du veston à la chemise, jusqu’au débardeur et aux chaussettes.
Le Renouveau ou la mort
Il n’était plus possible de poursuivre les anciennes méthodes bureaucratiques et de subventions. Mais comment changer, quelle voie suivre : la question donna lieu à une lutte idéologique difficile. Au sein même du Parti, des débats vifs eurent lieu. La pensée de la planification centralisée continuait de dominer fortement. Nombre d’opinions considéraient l’économie de marché comme un produit du capitalisme et redoutaient une "déviation" par rapport à l’orientation socialiste. La tension entre l’ancien et le nouveau, entre la crainte du risque et l’exigence vitale imposée par la réalité, exerçait une pression considérable sur les décideurs chargés de définir la ligne politique.
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| L’ancien ministre des Affaires étrangères Nguyên Dy Niên répond à une interview d’un journaliste de la VNA. |
| Photo : VNA/CVN |
L’ancien ministre des Affaires étrangères Nguyên Dy Niên se souvient toujours de ces débats. À côté de l’aspiration à aller de l’avant, les hésitations et le conservatisme n’étaient pas rares. Mais c’est précisément la crise qui nous a contraints à confronter la vérité. Les contradictions du mécanisme de subventions se sont révélées au grand jour, au point de ne plus pouvoir être dissimulées. L’exigence "se renouveler ou mourir" n’était plus un slogan, mais un impératif dicté par la réalité de la vie.
Et le VIe Congrès du Parti, en 1986, est devenu un tournant historique. Le Parti a eu le courage de reconnaître les faiblesses et les erreurs dans la gestion économique, résolu à "libérer" la pensée, à opérer la transition du mécanisme de subventions vers une économie de marché à orientation socialiste, et à mobiliser toutes les ressources de la société au service du développement national. Ses importantes politiques relatives aux prix, aux salaires, à la monnaie, aux finances et au cadre juridique ont été mises en œuvre.
Ce courage dans le renouvellement de la pensée, rompant avec les sentiers battus de la planification, a rapidement permis au Vietnam de sortir de la crise et de connaître un essor vigoureux sur les plans économique et social. Le PIB a progressé de 4,4%, l’agriculture de 4%, tandis que les exportations ont augmenté en moyenne de 28% par an. D’un pays en situation de pénurie alimentaire chronique, le Vietnam s’est hissé parmi les principaux exportateurs mondiaux de riz, de café et de produits aquatiques. La confiance est progressivement revenue dans la vie sociale.
Au cours des deux décennies suivantes, le Vietnam a maintenu un taux de croissance annuel de 7 à 8%, y compris face aux crises financières régionales et aux catastrophes naturelles répétées. Cette période a jeté les bases de l’industrialisation et de la modernisation, ouvrant de nouveaux espaces de développement pour le pays.
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| L'ancien vice-président de l’Assemblée nationale, Dang Quân Thuy, lors de sa rencontre avec le journaliste de la VNA. |
| Photo : VNA/CVN |
"Aujourd’hui, on mesure d’autant plus clairement la justesse de la décision du Dôi moi. Il s’agit véritablement d’un tournant historique qui a ouvert une voie de salut pour la nation", affirme l’ancien vice-président de l’Assemblée nationale Dang Quân Thuỵ.
Ces réalisations ont été reconnues par la communauté internationale. Les Nations unies estiment que le Vietnam figure parmi les pays ayant atteint de manière anticipée plusieurs Objectifs du Millénaire pour le Développement, notamment en matière de réduction de la pauvreté, d’éducation et de santé, et le considèrent comme un "modèle de réduction durable de la pauvreté".
De nombreux chercheurs internationaux qualifient également cette période de "moment charnière". Le Professeur V.G. Kolotov, directeur du Centre d’études Vietnam - ASEAN de l’Université nationale de Saint-Pétersbourg (Russie), souligne : "Le Vietnam d’aujourd’hui est une démonstration vivante de la puissance du Dôi moi. L’avenir du pays dépend de la capacité des générations à venir à poursuivre cet esprit, afin que l’aspiration à une nation forte et prospère devienne réalité". (À suivre)
Article 2 : Bâtir la confiance
Vân Anh/CVN








