>> Les villages d’artisanat de Hanoï au carrefour de la tradition et de la modernité
>> La peinture sur papier dó renaît dans l’art vietnamien contemporain
>> Quatre villages de métier rejoignent le réseau des villes artisanales du monde
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| Grâce aux mains des artisans, la culture vietnamienne est préservée et demeure vivante. |
| Photo : VNA/CVN |
Dans cette dynamique, les villages d’artisanat, en apparence discrets, se révèlent comme de véritables "sources vives", se transformant silencieusement en une force motrice. C’est par le savoir-faire des artisans que la culture vietnamienne est préservée, diffusée et perpétuée avec vitalité.
Désormais, ces villages ne sont plus perçus comme de simples patrimoines à conserver, mais comme des acteurs créatifs à part entière de l’économie culturelle. Chaque produit artisanal ne se limite pas à sa valeur d’usage : il porte en lui une histoire, une émotion et une identité.
À la croisée de la tradition et de l’innovation, les villages d’artisanat s’engagent ainsi dans une nouvelle trajectoire, celle d’une intégration dynamique et d’un développement durable.
L'artiste du peuple Vuong Duy Biên, président de l'Association pour le développement des industries culturelles du Vietnam : "les villages de métiers vietnamiens en général ont un savoir-faire très riche, et l'artisanat d'art dans notre pays est également diversifié. Ces villages conservent véritablement l'âme culturelle de la nation. Aujourd'hui, ceux qui maintiennent et développent ces métiers sont avides d'apprendre, créatifs et adroits. L'artisan aspire toujours à insuffler la quintessence et la minutie dans chaque produit ; chaque article, chaque gamme de produits porte une histoire singulière, bien distincte des biens industriels".
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| Photo : VNA/CVN |
"La Résolution N°80 arrive à point nommé, poursuit-il, car au fur et à mesure que le pays se développe, il aura besoin de l'ancrage et de la puissance de la culture pour contribuer à la croissance. Aujourd'hui, la culture n'est pas seulement une valeur spirituelle, mais doit devenir un secteur capable de générer des profits et de contribuer à l'économie", a partagé l'artiste du peuple Vuong Duy Bien.
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| L'artiste du peuple Vuong Duy Biên, président de l'Association pour le développement des industries culturelles du Vietnam. |
| Photo : VNA/CVN |
La poterie de Huong Canh : une modernisation en forme de renaissance
La poterie de Huong Canh (commune de Binh Nguyên, province de Phu Tho) a une histoire particulière, celle d'une mémoire éveillée et d'une créativité nourrie par son propre terreau.
Jadis au bord de l'extinction face à la vague des matériaux industriels, la poterie de Huong Canh réaffirme peu à peu sa position grâce à une nouvelle orientation. L'artisan ne se contente pas de renouer avec le métier, il modifie également sa façon de l'exercer. Les jarres et pots familiers héritent des techniques anciennes mais revêtent une "nouvelle tenue" en termes de formes, de couleurs d'émail et de fonctionnalités, adaptées aux espaces de vie modernes. La poterie n'est plus confinée à l'utile, mais investit la décoration, l'art et l'architecture.
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Parallèlement, la participation de jeunes artisans, porteurs d'un esprit de design et d'innovation, contribue à enrichir cette physionomie. Les expositions, la mise en relation avec les marchés et la promotion sont progressivement privilégiées, permettant aux produits de toucher un public plus large. Autrefois menacé de disparition, ce village plus de tricentenaire renaît aujourd'hui, non seulement pour survivre, mais pour se développer par ses propres valeurs culturelles.
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| La province de Phu Tho préserve et promeut la valeur de la céramique de Huong Canh. |
| Photo : VNA/CVN |
Le sculpteur et peintre Nguyên Hông Quang, originaire de Huong Canh, affirme : "sans innovation, impossible de survivre. Fabriquer de la poterie selon une nouvelle approche exige d'être à l'écoute des besoins du marché pour adapter les modèles, élever la qualité et l'esthétique."
Il confie encore : "En moi coulent deux sangs : celui de l'artisan, hérité de mes ancêtres, et celui de l'artiste, formé méthodiquement aux beaux-arts et à la quintessence de la culture vietnamienne. Je sais sélectionner les valeurs pures et saisir les opportunités offertes par mes collègues, les organisations et les autorités locales pour développer mon établissement et le village de métier".
Bat Tràng : une flamme centenaire toujours étincelante
Si Huong Canh incarne une renaissance réussie, Bat Tràng est l'illustration parfaite d'un développement continu, où la flamme du métier ne s'est jamais éteinte et s'enrichit même au fil du temps.
Traversant les siècles, Bat Tràng ne préserve pas seulement ses techniques traditionnelles, mais innove sans cesse pour s'adapter au marché. L'artisan est passé d'une logique de production à une démarche créative, misant sur le design, l'amélioration de la qualité et la diversification des produits. Des objets du quotidien comme les bols, assiettes ou services à thé jusqu'aux articles d'art haut de gamme, tous portent l'empreinte du raffinement et d'une identité propre.
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| Les produits uniques en céramique de Bat Tràng à l'effigie du dragon, dotés de couleurs attrayantes, d'un émail brillant et résistant aux salissures. |
| Photo : VNA/CVN |
L'atout majeur de Bat Tràng réside également dans sa capacité à lier culture et économie. Le village ne se limite pas à la production ; il est devenu une destination de tourisme expérientiel où les visiteurs participent directement au façonnage de la poterie, saisissant ainsi la valeur du travail manuel. Cette combinaison permet d'élargir le marché et de propulser les produits à l'international. La céramique de Bat Tràng est exportée vers le Japon, la République de Corée, l'Europe, générant des revenus considérables.
Actuellement, le village de Bat Tràng compte près de 200 entreprises et environ 1.000 foyers de production, créant des emplois pour des milliers de travailleurs avec un revenu moyen de 87 à 90 millions de dôngs par personne et par an.
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| Pour avoir des œuvres uniques et impressionnantes, les artisans céramistes de Bat Tràng doivent faire preuve de soin et de minutie à chaque étape de fabrication. |
| Photo : VNA/CVN |
Au cours de son évolution, les efforts d'innovation ont permis à Bat Tràng d'être progressivement reconnu sur la scène internationale. En 2025, le village potier de Bat Tràng et le village de la soie de Van Phuc sont devenus les deux premiers villages artisanaux du Vietnam à intégrer le Réseau mondial des villes artisanales créatives.
Kiêu Ky : l'aspiration à préserver la quintessence vietnamienne
Kiêu Ky est le seul village du Vietnam spécialisé dans la dorure à la feuille, intimement lié aux édifices culturels et religieux. Chaque feuille d'or nécessite de multiples étapes laborieuses, exigeant une haute technicité et une expérience accumulée sur plusieurs générations. La valeur du produit ne réside pas seulement dans sa finesse et son éclat, mais aussi dans "l'âme du métier".
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| Mascotte de cheval dorée à la feuille d'or de Kiêu Ky. |
| Photo : VNA/CVN |
Le village de la dorure à la feuille de Kiêu Ky (commune de Gia Lâm, Hanoï), fort de plus de 300 ans d'histoire, compte encore des dizaines de foyers préservant obstinément ce savoir-faire. Face à la rude concurrence des produits importés, le village maintient fermement sa propre voie : préserver la qualité, exalter le caractère traditionnel, l'esthétique et sa beauté singulière. C'est ce qui forge sa vitalité pérenne. Dans le contexte actuel, Kiêu Ky se transforme, élargissant ses applications à la décoration d'intérieur, aux beaux-arts et aux cadeaux de luxe. L'implication de la jeune génération permet d'atteindre un marché plus vaste.
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| Valorisant la quintessence de l'unique village artisanal de battage d'or et d'argent du Vietnam, les artisans de Kiêu Ky allient techniques artisanales traditionnelles et façonnage raffiné pour créer des œuvres affirmant la vitalité pérenne du patrimoine culturel au cœur de la vie moderne. |
| Photo : VNA/CVN |
Aujourd'hui, outre les objets de culte traditionnels, la feuille d'or s'applique largement dans la décoration d'intérieur et s'étend à divers autres produits d'exposition et de consommation, contribuant à diversifier l'offre et à créer des emplois stables avec un revenu pour les travailleurs non qualifiés d'environ 10 millions de dôngs par mois. Particulièrement, le métier de la dorure de Kiêu Ky a été reconnu en tant que patrimoine culturel immatériel national (octobre 2023), devenant ainsi un moteur pour sa préservation et son essor continus.
Le pays recense actuellement environ 5.400 villages de métiers, dont près de 2.000 sont traditionnels. Ils génèrent des emplois pour quelque 11 millions de travailleurs sur place, représentant près de 30% de la main-d'œuvre rurale et montagneuse. Leurs produits, exportés vers plus de 160 pays, rapportent annuellement un chiffre d'affaires dépassant les 2 milliards de dollars.
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| Les villages artisanaux non seulement préservent les valeurs du passé, mais encore ils se tournent vers l'avenir, où la culture devient un moteur de développement durable. |
| Photo : VNA/CVN |
Ces villages d’artisanat ne se contentent pas de préserver les valeurs du passé : ils se tournent résolument vers l’avenir, où la culture devient un moteur du développement durable, contribuant à affirmer l’identité vietnamienne dans le contexte de la mondialisation.
VNA/CVN














