Dénoncer les contre-vérités sur la liberté de croyance et de religion au Vietnam

Sous couvert de "préoccupation pour la liberté religieuse", les appréciations erronées de la Commission américaine sur la liberté religieuse internationale (USCIRF) à l’égard du Vietnam relèvent en réalité d’une forme de pression politique, qu’il convient d’identifier clairement et de combattre avec fermeté.

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>> Liberté religieuse au Vietnam : entre réalité vécue et récits déformés

>> Réaffirmer la politique constante de respect et de garantie du droit à la liberté de croyance et de religion

Le respect des droits humains en général, et de la liberté de croyance et de religion en particulier, constitue une ligne constante du Parti et de l’État vietnamiens.
Photo : VNA/CVN

Dans son rapport annuel 2026, publié le 4 mars dernier, l’USCIRF formule une nouvelle fois des appréciations partiales et inexactes sur la situation de la liberté religieuse au Vietnam. Dans la partie consacrée au pays, elle reprend son jugement selon lequel "les conditions de la liberté religieuse demeurent médiocres" et recommande de nouveau aux États-Unis d’inscrire le Vietnam sur la liste des "pays particulièrement préoccupants" (CPC). De telles affirmations ne reflètent pas la réalité du problème, ne replacent pas le Vietnam dans son contexte historique, juridique et concret, et ne sauraient effacer les efforts déployés depuis des décennies par le Parti, l’État et le peuple vietnamiens pour garantir la liberté de croyance et de religion.

Photo : VNA/CVN

Ce n’est pas la première fois que l’USCIRF recourt à une approche unilatérale, fondée sur une sélection partiale des informations, voire sur des sources insuffisamment vérifiées ou animées d’intentions hostiles, pour parvenir à des conclusions défavorables au Vietnam. Le 19 mars 2026, la porte-parole du ministère vietnamien des Affaires étrangères, Pham Thu Hang, a affirmé que le Vietnam "rejette fermement" les évaluations contenues dans le rapport annuel 2026 de l’USCIRF, les jugeant "biaisées, inexactes" et fondées sur des informations malveillantes à l’égard du pays. Dans le même temps, le Vietnam a réaffirmé sa politique constante de respect et de garantie des droits de l’homme, y compris de la liberté de croyance et de religion, clairement consacrée par la Constitution de 2013, le système juridique national, et respectée dans la pratique.

Une lecture biaisée du cadre constitutionnel

et juridique vietnamien

Toute évaluation sérieuse de la liberté religieuse dans un pays devrait d’abord prendre en compte l’ensemble de son socle constitutionnel et juridique. Au Vietnam, la liberté de croyance et de religion ne relève pas d’une simple déclaration de principe : elle est directement consacrée par la Constitution et précisée dans la législation.

L’Article 24 de la Constitution de 2013 dispose que : "Chacun a droit à la liberté de croyance et de religion, de suivre ou non une religion. Les religions sont égales devant la loi. L’État respecte et protège la liberté de croyance et de religion. Nul ne peut y porter atteinte ni instrumentaliser la croyance ou la religion pour enfreindre la loi."

À Hanoï, habitants et visiteurs se pressent vers les églises et les lieux de promenade à l’approche de la veillée de Noël 2025.
Photo : VNA/CVN

Cet esprit constitutionnel a ensuite été institutionnalisé dans la loi sur les croyances et les religions de 2016. Son Article 6 stipule clairement que toute personne a le droit à la liberté de croyance et de religion, le droit d’exprimer sa foi, de pratiquer des rites, de participer à des fêtes religieuses, ainsi que d’étudier et de mettre en pratique les enseignements et les règles de sa religion. Plus encore, la législation vietnamienne a élargi le sujet de ce droit, passant de la notion de "citoyen" à celle de "toute personne", en conformité avec l’esprit contemporain des droits de l’homme. L’Article 8 précise également que les étrangers résidant légalement au Vietnam voient leur liberté de croyance et de religion respectée et protégée par l’État vietnamien, et qu’ils peuvent pratiquer leur culte et participer à des activités religieuses dans des lieux légalement reconnus.

Le fait que le projet de Loi modifiant la loi sur les croyances et les religions ait été soumis à l’Assemblée nationale puis adopté, avec un fort taux d’approbation (98,40% des députés présents), le 23 avril 2026, dès la première session de la XVIe législature, confirme clairement la volonté politique du Parti et de l’État de poursuivre l’amélioration du cadre légal afin de mieux garantir encore la liberté de croyance et de religion. Cette version révisée traduit une évolution nette : on passe d’un modèle de gestion encore très procédural à une approche fondée sur la classification des risques, le contrôle a posteriori, la transparence et l’usage des technologies. Le texte assure par ailleurs une compatibilité avec les instruments internationaux auxquels la République socialiste du Vietnam est partie, notamment la Déclaration universelle des droits de l’homme de 1948 et le Pacte international relatif aux droits civils et politiques de 1966.

Le 23 avril 2026, lors de la première session de la XVe législature de l’Assemblée nationale, les délégués ont adopté à une très large majorité la Loi révisée sur les croyances et les religions.
Photo : VNA/CVN

Dès lors, ignorer la Constitution, la loi sur les croyances et les religions, ses textes d’application et tout le processus de perfectionnement institutionnel du Vietnam revient à produire des conclusions sur une prétendue "absence de liberté religieuse" qui ne sauraient être tenues pour ni équitables ni scientifiques. Cette omission délibérée trahit le manque de bonne foi de l’USCIRF.

La réalité reste le critère d’évaluation le plus convaincant. Si un pays "réprimait réellement la religion" comme l’insinue l’USCIRF, il ne pourrait connaître une vie religieuse aussi riche, étendue et stable que celle observée aujourd’hui au Vietnam.

Selon le ministère des Ethnies et des Religions, plus de 95% de la population vietnamienne mène une vie spirituelle ou religieuse. Le pays compte 43 organisations relevant de 16 religions, officiellement reconnues ou enregistrées, regroupant près de 28 millions de fidèles. Le bouddhisme, le catholicisme, le bouddhisme Hòa Hao, le protestantisme et le caodaïsme constituent les cinq principales religions, chacune rassemblant plus d’un million de croyants. Le Vietnam compte également plus de 54.000 dignitaires religieux, 135.000 responsables religieux et 29.658 lieux de culte. À cela s’ajoutent des milliers de groupes de pratique religieuse collective, y compris parmi les étrangers résidant légalement dans le pays. Ces chiffres témoignent non seulement de l’ampleur de la vie religieuse, mais aussi d’une réalité objective : les besoins spirituels légitimes de la population sont de mieux en mieux satisfaits.

Le Parti et l’État vietnamiens maintiennent une ligne constante consistant à respecter et à garantir la liberté de croyance et de religion, tout en veillant à la participation des personnes croyantes aux institutions du pouvoir, du niveau central au niveau local. Dans les listes de candidats aux élections de la XVIe Assemblée nationale et aux conseils populaires pour le mandat 2026-2031, la présence de dignitaires et de religieux issus de différentes confessions constitue une preuve tangible de la politique d’union nationale et d’égalité des droits politiques au Vietnam. Le fait que des dignitaires religieux puissent se porter candidats à l’Assemblée nationale et aux conseils populaires montre non seulement qu’ils jouissent pleinement de leur statut de citoyens, du droit d’éligibilité et du droit de participer à la gestion des affaires publiques, mais aussi que la voix et les aspirations légitimes des croyants peuvent être directement relayées dans les enceintes représentatives. Cette réalité suffit à démontrer que les accusations de "manque de liberté religieuse" au Vietnam relèvent de l’affabulation et de l’imposition d’une lecture contraire aux faits.

Une confusion entretenue entre application de la loi

et "répression religieuse"

L’un des procédés récurrents dans les rapports de l’USCIRF consiste à entretenir volontairement une confusion entre deux notions fondamentalement distinctes : la liberté de croyance et de religion, d’une part, et l’instrumentalisation de la religion à des fins contraires à la loi, d’autre part. Il s’agit là d’une véritable altération de la nature du problème.

L’État vietnamien respecte et protège la liberté religieuse authentique, mais n’accepte pas que la religion soit utilisée comme couverture pour porter atteinte à la sécurité nationale, saper l’unité nationale, attiser les divisions ethniques ou religieuses, troubler l’ordre public ou violer les droits et intérêts légitimes d’autrui. Dans tout État de droit, les droits vont de pair avec des devoirs : il n’existe pas de "liberté" placée au-dessus de la loi.

Office de prière en anglais à l’église Hàng Kênh, dans le quartier de Gia Viên, à Hai Phong (Nord).
Office de prière en anglais à l’église Hàng Kênh, dans le quartier de Gia Viên, à Hai Phong (Nord).

Or, dans son rapport annuel 2026, l’USCIRF continue de citer plusieurs affaires traitées dans le cadre du droit vietnamien pour les présenter ensuite comme des preuves de "violations de la liberté religieuse". Cette méthode n’a rien de neutre : elle extrait délibérément les affaires de leur contexte juridique et factuel pour transformer des infractions au droit en prétendus cas de "répression de la foi". C’est précisément là que se manifeste le plus nettement le manque de rigueur et d’honnêteté de sa méthode.

Dans les faits, les mesures prises par les autorités contre Rơ Châm Grong et Y Pô Mlô, dans la région des Hauts plateaux du Centre, étaient liées à des actes portant atteinte à l’unité nationale, alimentant les divisions ethniques, encourageant des idées séparatistes et menaçant directement la sécurité nationale ainsi que l’ordre public. Elles n’avaient rien à voir avec la croyance ou la religion. De même, le traitement judiciaire des personnes impliquées dans le lieu autoproclamé "Thiên Am bên bo vu tru", parmi lesquelles Lê Tùng Vân et Lê Thanh Nhât Nguyên, résultait d’actes consistant à abuser des libertés démocratiques pour porter atteinte aux intérêts de l’État ainsi qu’aux droits et intérêts légitimes d’organisations et de particuliers, suscitant une forte indignation dans l’opinion. Ces affaires n’étaient nullement liées à la pratique religieuse ou à la vie monastique. Là encore, les allégations selon lesquelles le Vietnam "réprimerait la religion" ou "emprisonnerait des prisonniers de conscience" apparaissent comme des constructions délibérément déformées, au service d’objectifs de déstabilisation et de division de l’unité nationale.

Il faut donc affirmer sans ambiguïté que sanctionner des violations de la loi ne saurait être assimilé à une répression religieuse. De même, on ne peut s’appuyer sur quelques cas isolés, artificiellement extraits de leur contexte, pour conclure qu’un pays entier serait dépourvu de liberté religieuse. Toute confusion entre ces deux réalités ne sert qu’à fabriquer une image faussée du Vietnam.

Un dialogue maintenu,

mais le rejet des interprétations déformées

Le Vietnam a toujours maintenu le dialogue et les échanges avec ses partenaires internationaux dans un esprit de franchise, de construction et de respect mutuel. Sa réaction officielle au rapport de l’USCIRF ne relève pas d’un refus du dialogue, mais d’un rejet d’appréciations jugées erronées, tout en réaffirmant sa disponibilité à échanger ouvertement, dans le respect réciproque, avec la partie américaine sur les sujets d’intérêt commun. C’est là l’attitude d’un État responsable, ferme sur ses principes mais disposé à coopérer de bonne foi.

L’architecture singulière des pagodes khmères.
Photo : Phuong Nga/CVN

Dans ces conditions, si l’USCIRF ne reconnaît pas les évolutions, les acquis et les efforts constants du Vietnam, ce n’est pas faute d’éléments factuels, mais bien en raison de préjugés persistants. Nier la réalité ne la fait pas disparaître ; cela ne fait que révéler davantage le manque d’objectivité de celui qui l’évalue.

Sous le mot d’ordre de la "liberté religieuse",

une volonté de pression politique

Au fil des années, une constante apparaît dans l’approche de l’USCIRF vis-à-vis du Vietnam : son recours à des informations fournies par des organisations d’opposition en exil, telles que Boat People SOS (BPSOS) ou Montagnards Stand for Justice (MSFJ), que le ministère vietnamien de la Sécurité publique a désignées comme organisations terroristes.

En dépit des évolutions positives enregistrées dans le droit, les politiques publiques et la pratique, l’USCIRF continue de reproduire le même schéma : mêmes appréciations, mêmes recommandations, mêmes pressions. Le rapport 2026 s’inscrit dans cette logique en réitérant la recommandation d’inscrire le Vietnam sur la liste CPC, malgré l’élargissement des garanties juridiques en matière de liberté de croyance et de religion, et malgré la vitalité avérée de la vie religieuse dans le pays.

De plus en plus de lieux de culte voient le jour dans la province de Gia Lai.
Photo : Phuong Nga/CVN

Une évaluation qui reconduit les mêmes préjugés, s’appuie sur des cas sélectionnés, détachés de leur contexte juridique et politique, puis les érige en "preuves systémiques", ne relève plus d’une observation impartiale. Elle devient un instrument de pression politique et d’ingérence dans les affaires intérieures d’un autre État, sous couvert de "préoccupation pour la liberté religieuse". Le problème ne réside donc pas seulement dans l’inexactitude du contenu, mais aussi dans les motivations et les conséquences politiques de telles conclusions.

Le Vietnam réaffirme de manière constante sa disponibilité au dialogue et à l’échange, sur la base de la bonne foi, du respect de l’indépendance, de la souveraineté, du système politique et de la voie de développement choisie par le peuple vietnamien. En même temps, il rejette fermement toute tentative d’imposer des vues extérieures, de déformer la réalité ou d’instrumentaliser les questions de démocratie, de droits de l’homme ou de religion à des fins hostiles. Ce n’est pas seulement une exigence de défense de la souveraineté nationale. C’est aussi une exigence de justice et de vérité.

Phuong Nga/CVN

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