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| Le secrétaire général du Parti et président de la République, Tô Lâm, prend la parole lors de la séance de discussion générale de haut niveau de la 79e session de l'Assemblée générale des Nations unies, le 24 septembre 2024. |
| Photo : VNA/CVN |
Évoquant ses souvenirs des années 1990 lors de sa visite au Vietnam en 2025, la gouverneure générale d'Australie a souligné le caractère spectaculaire du développement vietnamien sur les quatre dernières décennies.
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| Le secrétaire général Tô Lâm reçoit la gouverneure générale d’Australie, Sam Mostyn, en visite d’État au Vietnam. |
| Photo : VNA/CVN |
Quelques décennies plus tard, de retour à Hanoï, elle découvre "l’une des économies les plus dynamiques et les plus performantes de la région", qualifiant l’expérience vietnamienne de "véritable leçon pour le monde sur la manière de développer un pays".
Cette transformation n’a rien d’un miracle. Elle est le fruit d’un choix décisif, presque existentiel, opéré par le Parti communiste du Vietnam lors du VIᵉ Congrès : le Renouveau (Dôi moi). Dans ce vaste processus, la diplomatie s’est vu confier une mission stratégique : aller de l’avant, ouvrir des brèches, briser l’encerclement et l’embargo, afin de créer un environnement extérieur favorable à la construction et à la défense de la nation "dès l’amont, dès le lointain", et d’assurer une paix durable au service du développement.
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| Le président vietnamien Lê Duc Anh (gauche) et le président américain Bill Clinton (2e, droite) à New York, en octobre 1995, lors des célébrations du 50e anniversaire de l’ONU, marquant la première visite d’un chef d’État vietnamien aux États-Unis. |
| Photo : VNA/CVN |
Au lendemain du VIᵉ Congrès, le pays faisait face à de lourdes difficultés socio-économiques, tout en subissant un isolement international et des sanctions sévères, sur fond de tentatives persistantes de déstabilisation. L’ancien ministre des Affaires étrangères Nguyên Dy Niên évoquait cette période avec une formule amère : "Je préférerais choisir la corde au cou plutôt que de revenir à l’ancien mécanisme bureaucratique de l’économie administrée". Animé par l’esprit du "Renouveau ou la mort", le Parti ne s’est pas contenté de réformer l’économie : il a profondément repensé sa politique extérieure.
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| Le 5 août 1995, à Hanoï, le secrétaire d’État américain Warren Christopher et le ministre vietnamien des Affaires étrangères Nguyên Manh Câm ont signé le protocole établissant officiellement les relations diplomatiques entre le Vietnam et les États-Unis. |
| Photo : VNA/CVN |
La diplomatie vietnamienne a alors multiplié les initiatives, notamment en favorisant une solution politique à la question cambodgienne et en s’impliquant activement dans le règlement du dossier des "boat people". Ces efforts ont permis de rétablir progressivement le dialogue, puis d’améliorer les relations avec les grandes puissances et les pays de la région, ouvrant ainsi la voie à une phase ultérieure de diversification et de multilatéralisation des relations internationales.
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Les années 1990 marquent un tournant historique avec l’adhésion du Vietnam à l’ASEAN en 1995. Plus qu’un simple acte diplomatique, il s’agit d’une décision stratégique, volontaire et audacieuse, inscrivant pleinement le pays dans les dynamiques de coopération régionale et mondiale. Cette ouverture se poursuit avec la normalisation des relations avec les États-Unis, l’adhésion à l’Organisation mondiale du commerce, puis la conclusion d’accords de libre-échange de nouvelle génération tels que le CPTPP, l’EVFTA ou le RCEP.
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| Les ministres des Affaires étrangères de l’ASEAN et le secrétaire général de l’ASEAN, Dato Ajit Singh (droite), accueillent le Vietnam en tant que septième membre officiel de l’ASEAN. |
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| Le ministre vietnamien des Affaires étrangères Nguyên Manh Câm s’exprime lors de la 28e réunion annuelle des ministres des Affaires étrangères de l’ASEAN, le matin du 29 juillet 1995. |
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| Les ministres des Affaires étrangères des pays de l’ASEAN assistent à la cérémonie de levée du drapeau vietnamien au Centre international des congrès de Bandar Seri Begawan, le 28 juillet 1995. |
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| La délégation vietnamienne participe à la 28e réunion annuelle des ministres des Affaires étrangères de l’ASEAN, le matin du 29 juillet 1995. |
D’un État autrefois isolé, le Vietnam est devenu un acteur pleinement inséré dans la communauté internationale : il entretient aujourd’hui des relations diplomatiques avec 194 pays et dispose d’un réseau de 37 partenariats globaux ou stratégiques, incluant l’ensemble des membres permanents du Conseil de sécurité de l’ONU, tous les pays de l’ASEAN et la majorité des grandes économies mondiales. Le pays est membre actif de plus de 70 organisations internationales, a exercé à deux reprises le mandat de membre non permanent du Conseil de sécurité et a siégé deux fois au Conseil des droits de l’homme des Nations unies.
Selon le vice-Premier ministre et ministre des Affaires étrangères Bùi Thanh Son, tout au long du processus de Renouveau, la diplomatie a joué un rôle pionnier dans la préservation de la paix et la défense anticipée de la nation, en créant la configuration extérieure la plus favorable jamais connue pour l’édification et la protection du pays. La ligne diplomatique actuelle - indépendante, autonome, pacifique, fondée sur la coopération et le développement, la multilatéralisation et la diversification, ainsi que sur une intégration internationale proactive - est l’aboutissement de ce long cheminement et a produit "des résultats majeurs, d’une portée historique".
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| Le vice-Premier ministre Bùi Thanh Son. |
| Photo : VNA/CVN |
Aujourd’hui, la diplomatie ne se limite plus à la préservation de la paix : elle est devenue un levier direct du développement. La diplomatie économique joue un rôle moteur en mobilisant les ressources extérieures pour renforcer les capacités internes, concrétiser les objectifs de croissance et améliorer les conditions de vie de la population. D’une économie en retard, le Vietnam est désormais classé parmi les 32 premières économies mondiales en termes de PIB, figure dans le top 20 des pays au commerce extérieur le plus important et s’impose comme une destination attractive pour les investissements étrangers.
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En dressant le bilan de quarante années de Renouveau, Manuela V. Ferro, vice-présidente de la Banque mondiale pour l’Asie de l’Est et le Pacifique, estime que le Vietnam constitue un exemple emblématique de réussite en matière de développement. En quatre décennies, le revenu des ménages a été multiplié par six et l’extrême pauvreté a quasiment disparu. Elle souligne en particulier la décision audacieuse prise par l’État dans les années 1980 d’ouvrir l’économie et de faire des exportations un axe prioritaire.
Parallèlement, la diplomatie vietnamienne a contribué à préserver un environnement pacifique et stable, en réglant les questions frontalières et territoriales, en promouvant des frontières de paix, d’amitié et de coopération, et en défendant avec constance la souveraineté, les droits et les intérêts légitimes du pays en mer, sur la base du droit international.
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| L’ambassadrice d’Australie au Vietnam, Gillian Bird. |
| Photo : VNA/CVN |
Pour l’ambassadrice d’Australie au Vietnam, Gillian Bird, l’essor économique spectaculaire du pays va de pair avec une activité diplomatique tout aussi remarquable. Le réseau de relations extérieures, les partenariats stratégiques globaux et les accords de libre-échange témoignent, selon elle, d’"un Vietnam résolument tourné vers l’extérieur, engagé de manière proactive dans une intégration profonde avec le monde".
De son côté, l’ambassadrice de Nouvelle-Zélande, Caroline Beresford, se dit impressionnée par la rapidité de la croissance et l’ampleur des réformes, qualifiant la sortie de dizaines de millions de personnes de la pauvreté depuis 1990 d’"accomplissement tout à fait remarquable". Saluant l’ambition économique du Vietnam ainsi que l’échelle et le rythme de ses réformes actuelles, elle assure que, dans ce parcours, "la Nouvelle-Zélande restera toujours aux côtés du Vietnam en tant que partenaire fiable".
Quarante années après le lancement du Renouveau, le pays a franchi un seuil historique : d’une nation soumise à l’embargo, il est devenu un acteur international respecté ; d’une économie en difficulté à l’époque de la planification centralisée, il est passé à une économie pesant plus de 500 milliards de dollars. Cette trajectoire remarquable doit beaucoup à une diplomatie à la fois ferme dans ses principes et innovante dans ses pratiques.
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| Décoration pour saluer le XIVe Congrès du Parti à Hanoï. |
| Photo : VNA/CVN |
À l’aube d’une nouvelle étape, dans un contexte mondial marqué par une concurrence stratégique accrue, la diplomatie vietnamienne est appelée à assumer de nouvelles responsabilités majeures. Comme l’a souligné le secrétaire général Tô Lâm, dans cette nouvelle ère - celle de l’essor national - la diplomatie doit atteindre de nouveaux sommets afin de remplir des missions toujours plus nobles, à la hauteur de son rôle d’avant-garde et de force intégrée de la révolution vietnamienne. Le projet de documents du XIVᵉ Congrès le réaffirme clairement : le renforcement de la défense et de la sécurité, l’intensification de l’action extérieure et de l’intégration internationale constituent des priorités stratégiques permanentes.
Thi Nhung/CVN

















