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| Nguyên Bao Son (centre) et son équipe préparent le modèle des strates de la Terre et du géoparc de Non nuoc Cao Bang. |
| Photo : CTV/CVN |
Élève de seconde au lycée d’excellence de la province montagneuse de Cao Bang (Nord), Nguyên Bao Son n’a ni laboratoire sophistiqué ni mentors prestigieux des grandes métropoles. Son capital est ailleurs : une curiosité insatiable, une ténacité forgée par la montagne et une volonté claire de faire connaître sa terre natale au-delà des frontières.
En l’espace d’une année, le garçon de quinze ans a réalisé un exploit inédit pour sa province : remporter le premier prix du Concours national de créativité destiné à la jeunesse et, dans le même élan, la médaille d’or du titre de “Jeune inventeur vietnamien”. Un doublé historique, jamais atteint auparavant par un représentant de Cao Bang, qui place désormais ce territoire du Nord-Est sur la carte des talents émergents.
Un projet né de matériaux modestes
Ce qui distingue véritablement cette réussite, c’est la nature même de l’invention. Là où nombre de concurrents présentaient des robots sophistiqués ou des applications d’intelligence artificielle coûteuses, Nguyên Bao Son a choisi un chemin radicalement différent. Son projet, intitulé “Modèle des strates de la Terre et présentation du géoparc de Non nuoc Cao Bang (reconnu géoparc mondial par l’UNESCO en 2018, Ndlr)”, a été conçu à partir d’argile, de figurines usagées et de matériaux recyclés.
À travers cette approche volontairement simple, l’élève défend une conviction forte : l’innovation n’est pas affaire de budget, mais de sens. Le modèle permet aux jeunes, notamment ceux des zones rurales et montagneuses, de comprendre l’histoire géologique de la planète sur des centaines de millions d’années, tout en découvrant la richesse scientifique et paysagère de leur région.
Cette philosophie a séduit un jury pourtant réputé exigeant. En donnant chair à la géologie par des objets du quotidien, le jeune inventeur a su démontrer qu’une idée claire et utile peut rivaliser avec les technologies les plus avancées.
La portée du projet ne s’est pas arrêtée aux frontières nationales. Lors de l’Immersion Day 2025, forum réunissant experts et institutions, l’initiative de Nguyên Bao Son a été sélectionnée pour une présentation officielle. Un moment décisif pour ce lycéen, confronté pour la première fois à un public international.
Présent à l’événement, Jonathan Wallace Baker, représentant en chef de l’UNESCO au Vietnam, a salué l’originalité de la démarche. Il a notamment souligné “la manière dont le projet relie l’évolution de la Terre à celle du géoparc de Non nuoc Cao Bang, offrant une lecture à la fois scientifique et culturelle du territoire”. Un éloge qui vaut reconnaissance et crédibilité, bien au-delà d’un simple trophée.
Le choix du cœur
Grâce à ce succès, Nguyên Bao Son et son équipe ont reçu l’insigne “Jeunesse créative” et ont été officiellement proposés pour participer à une compétition mondiale dédiée aux jeunes inventeurs. Une opportunité rare, ouvrant à Cao Bang une visibilité nouvelle sur les scènes éducatives internationales.
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| Le représentant en chef de l’UNESCO au Vietnam, Jonathan Wallace Baker (droite), et Nguyên Bao Son. |
| Photo : CTV/CVN |
Derrière le portrait du jeune prodige se dessine aussi celui d’un adolescent profondément solidaire. Avant le passage dévastateur du typhon Yagi dans le Nord du pays en 2024, Son avait économisé pendant des années ses récompenses et ses étrennes. La somme réunie, dix millions de dôngs, devait servir à l’achat d’un nouvel ordinateur, indispensable à ses projets numériques.
Mais après la tempête, apprenant la situation dramatique d’un camarade orphelin ayant tout perdu, il a fait un choix inattendu. L’intégralité de cette somme a été donnée pour aider son ami à reconstruire son quotidien, le tout accompagné d’un simple bureau d’étude. Un geste discret, sans calcul, motivé par une empathie sincère.
Interrogé sur ce renoncement, le jeune lycéen répond avec une maturité déconcertante : il sait pouvoir compter sur sa famille, tandis que d’autres sont seuls face à l’épreuve. Pour lui, la réussite n’a de sens que si elle se partage.
Spécialisé en anglais, passionné d’histoire et de géographie, Nguyên Bao Son trouve dans cette diversité disciplinaire une cohérence intime : comprendre le monde pour mieux situer son territoire. Ses journées commencent à l’aube et se prolongent tard dans la nuit, rythmées par les cours, les recherches et l’engagement associatif au sein de son établissement.
Son ambition future reste indissociable de Cao Bang. Il souhaite porter son modèle dans les écoles reculées, afin que les enfants des montagnes découvrent que la science n’est pas abstraite, mais inscrite dans le sol même sur lequel ils grandissent. À ses yeux, créer, c’est raconter des histoires porteuses de dignité et d’espoir.
Du modelage d’argile aux distinctions nationales, des villages de Cao Bang à la poignée de main d’un représentant de l’UNESCO, Nguyên Bao Son présente une jeunesse vietnamienne inventive et profondément humaine. En faisant dialoguer savoir, identité et solidarité, il donne à ses succès une portée qui dépasse largement le cadre des récompenses.
Thao Nguyên/CVN





