>> L'EVFTA dynamise l'expansion des marchandises vietnamiennes en Europe
>> L'EVFTA : six ans de résultats concrets pour le commerce Vietnam - UE
>> Les accords de libre-échange donnent un nouvel élan aux exportations vietnamiennes
![]() |
| La rencontre d'affaires sur le thème "Accès efficace aux marchés français et européen", tenue le 18 août dans la mégapole du Sud. |
| Photo : Tân Dat/CVN |
Cet événement visait à aider les entreprises à améliorer leur capacité d'accès et d'exploitation des marchés français et de l'Union européenne (UE), tout en les informant des normes et réglementations juridiques et en les aidant à développer un réseau de partenaires stratégiques.
Un marché d'exportation stratégique pour les produits vietnamiens
Dans son discours d'ouverture, Trân Phu Lu, directeur adjoint de l'ITPC, a souligné que l’Europe (UE) est un marché d'exportation stratégique pour les produits vietnamiens. Selon lui, après six ans de mise en œuvre de l'Accord de libre-échange Vietnam-UE (EVFTA), le volume des échanges bilatéraux est passé de 49,8 milliards d’USD en 2019 à près de 74 milliards d’USD fin 2025, avec un excédent commercial record de 38,6 milliards d’USD. Plus précisément, les exportations de produits agricoles, forestiers et aquatiques à l'échelle nationale ont atteint 50,75 milliards d’USD en 2025 et devraient dépasser les 74 milliards de dollars US en 2026. À Hô Chi Minh-Ville seulement, au cours des sept premiers mois de 2026, les exportations de fruits et légumes ont progressé de 15,84 % par rapport à la même période de l'année précédente. Parallèlement, la ville vient de lancer un programme visant à améliorer la qualité et la valeur des produits agricoles, en lien avec le développement du marché pour la période 2026-2030, jetant ainsi les bases d'une augmentation de la part de marché de ces produits au sein de l'UE.
Il a toutefois souligné que les entreprises vietnamiennes doivent s'attaquer proactivement aux obstacles techniques à l'exportation vers le marché de l'UE. Sur le plan technique, la réglementation se durcit : la France applique une politique de "tolérance zéro" en matière de résidus de pesticides ; l'UE a promulgué le règlement relatif aux emballages et aux déchets d'emballages (PPWR) qui impose le recyclage à 100 % des emballages d'ici 2030 ; et le règlement européen sur la déforestation (EUDR), applicable dès fin 2026 au café, au caoutchouc et au bois, exige des entreprises une transparence totale de leur chaîne d'approvisionnement. Par ailleurs, la hausse constante et importante des tarifs du fret maritime vers l'Europe impacte directement la compétitivité des produits vietnamiens. Face à cette situation, il est recommandé d'obtenir proactivement des certifications de sécurité alimentaire telles que HACCP et ISO 22000, de maîtriser les résidus chimiques, d'investir dans la transformation des produits et d'adopter des emballages écologiques. Pour faire face à la pression sur les coûts, il est nécessaire de réserver tôt, de signer des contrats de transport à long terme, de diversifier les itinéraires et de regrouper les marchandises afin d'optimiser les coûts logistiques.
![]() |
| Trân Phu Lu, directeur adjoint de l'ITPC, prend la parole lors de l'événement. |
| Photo: Tân Dat/CVN |
Défis majeurs à relever
Formulant des recommandations pour prévenir les risques juridiques en Europe, l'avocate Chu Lan Phuong, associée gérante du cabinet CEVEN LAW, a affirmé que malgré les conditions favorables offertes par l'accord EVFTA - avec 99 % des lignes tarifaires ramenées à 0 % durant les une à cinq premières années -, les entreprises exportatrices restent confrontées à des défis importants liés à la réglementation technique et aux litiges commerciaux si elles ne sont pas préparées de manière exhaustive.
Selon elle, dans les faits, certaines entreprises nationales ont accordé des droits de distribution exclusifs sur l'ensemble du territoire de l'UE à de nouveaux partenaires sans évaluer pleinement leurs capacités réelles. Pour atténuer les risques, elle recommande de lier les droits d'exclusivité à des indicateurs de performance clés (KPI) et à des quantités minimales de commande (MOQ), et d'appliquer une démarche en trois étapes : d’abord, évaluer la personnalité juridique, le propriétaire, la capacité financière, le réseau, la clientèle et le niveau de conformité du partenaire ; deuxièmement, signer des contrats contraignants précisant le territoire, la durée, la MOQ, les KPI, les activités marketing, les données, les réclamations et les conditions de résiliation ; et enfin, mettre en place un mécanisme de contrôle périodique, de rapports de suivi et de vérification des KPI, tout en se réservant le droit de résilier le contrat si le partenaire ne respecte pas ses engagements.
Par ailleurs, les contrats commerciaux pour la période 2026-2027 doivent évoluer, non seulement en ce qui concerne le partage des revenus, mais aussi quant aux outils de répartition des responsabilités juridiques. Les partenaires actuels doivent être tenus à des responsabilités supplémentaires relatives aux données, à l'intelligence artificielle (IA), aux droits d'inspection de conformité et à l'assurance dommages. Pour pénétrer efficacement ce marché, les entreprises doivent désigner des représentants légaux dans l'UE, standardiser leurs produits dès la conception de l'emballage afin de répondre aux normes CE, choisir des canaux de distribution appropriés et protéger à la fois leurs marques, leurs dessins et leurs modèles industriels.
![]() |
| Conteneurs de marchandises au port de Cai Mep - Thi Vai. |
| Photo : VNA/CVN |
Partageant un modèle commercial concret, Lê Hoàng An, fondateur de la Sarl Anvan Dried Food, estime que le secteur agricole vietnamien doit passer de l'exportation de matières premières à la transformation poussée pour accroître sa valeur économique. Fort de 30 ans d'expérience technique au sein de systèmes industriels internationaux, il applique désormais directement des normes techniques élevées au secteur agroalimentaire. Concrètement, depuis 2019, la production d'épices, de café et de fruits secs de l'entreprise intègre une technologie de dépressurisation instantanée contrôlée. Ce procédé de transformation réduit la charge microbienne et contrôle rigoureusement le processus de séchage, garantissant ainsi une grande stabilité des produits naturels et le respect des normes techniques internationales dès la conception.
Soulignant cette approche, Lê Hoàng An a affirmé que la technologie ne remplace pas les valeurs naturelles, mais contribue à les préserver et à les valoriser. Ceci offre une base concrète pour allier les ressources locales aux normes techniques de pointe, permettant ainsi de créer des produits vietnamiens compétitifs sur le marché mondial.
Tân Dat/CVN





