>> Les droits de douane américains exercent une pression sur les États-Unis et l'ASEAN
>> Le Vietnam révise et ajuste ses droits de douane vers un commerce équilibré
![]() |
Les nouveaux droits de douane imposés par le président américain Donald Trump sur les marchandises importées du Vietnam affecteront gravement plusieurs secteurs, dont le textile-habillement. |
Photo : VNA/CVN |
Selon l’Office national des statistiques, ces cinq secteurs dominent les exportations vietnamiennes vers les États-Unis, de nombreuses entreprises étant fortement dépendantes du marché nord-américain. Par conséquent, ce sont probablement eux qui souffriront le plus des mesures commerciales.
Le Dr Bui Quy Thuân, directeur adjoint de la division de recherche de l’Association vietnamienne pour le financement des parcs industriels (VIPFA), a reconnu les défis immédiats auxquels sont confrontés les exportations et l’économie du pays, mais les a perçus comme une opportunité pour le Vietnam d’opérer des changements à long terme, alors qu’il poursuit ses réformes institutionnelles, ses politiques économiques et son développement scientifique et technologique.
Il a estimé que des droits de douane plus élevés pourraient inciter le Vietnam à accélérer la diversification de ses marchés d’exportation en tirant parti de ses 17 accords de libre-échange (ALE) tels que l’EVFTA, le CPTPP et le RCEP, ou en explorant de nouveaux marchés comme le Moyen-Orient, l’Asie du Nord-Est, l’Amérique du Nord et l’Afrique, afin de réduire sa dépendance excessive au marché américain. Par ailleurs, le marché intérieur, qui compte plus de 100 millions d’habitants, pourrait également générer de nouvelles opportunités pour les entreprises.
Maximiser les accords de libre-échange
Le Vietnam devrait poursuivre les négociations bilatérales avec l’administration américaine sur les principaux produits d’exportation, tout en accompagnant les entreprises dans la diversification de leurs marchés, l’attraction d’investissements américains et l’augmentation de leurs achats de biens en provenance des États-Unis.
Maximiser les accords de libre-échange, accélérer les politiques économiques telles que la promotion des investissements publics pour stimuler la demande, soutenir le développement du secteur privé et faciliter l’innovation et les avancées scientifiques et technologiques sont des priorités.
![]() |
Emballage de pamplemousses pour l'exportation dans la province de Bên Tre (Sud). |
Photo : VNA/CVN |
Par ailleurs, selon le Dr Bui Quy Thuân, il est crucial de renforcer la compétitivité des entreprises vietnamiennes en améliorant considérablement l’environnement des affaires.
Il a recommandé aux entreprises d’investir davantage dans les technologies, d’accélérer la transformation numérique et d’adopter des méthodes de production plus écologiques pour répondre aux normes internationales. La recherche et le développement, l’expansion des marchés et l’application des technologies sont essentiels pour réduire les dépenses et produire des produits distinctifs afin de rester compétitif sans se soucier des risques tarifaires ou des barrières non tarifaires des grands partenaires commerciaux.
Soulignant que les États-Unis restent l’un des trois principaux importateurs de fruits et légumes vietnamiens, Nguyên Dinh Tùng, président-directeur général du groupe Vina T&T, a exhorté le gouvernement à clarifier quels produits affichent un excédent commercial et lesquels profitent aux acheteurs américains.
Il a déclaré que les entreprises chercheront de nouveaux marchés pour s’adapter à la nouvelle situation, mais espèrent également bénéficier d’un soutien en matière de réduction des coûts et de stabilisation du marché.
Dang Phuc Nguyên, secrétaire général de l’Association vietnamienne des fruits et légumes (Vinafruit), a souligné que le Vietnam accuse actuellement un déficit commercial avec les États-Unis dans ce secteur. En 2024, les exportations vietnamiennes de fruits et légumes vers les États-Unis ont atteint 360 millions de dollars, tandis que les importations en provenance de ce marché se sont élevées à 540 millions de dollars.
Le responsable a rassuré les entreprises : tous les produits ne sont pas soumis aux droits de douane de 46% et le secteur des fruits et légumes pourrait ne pas être affecté. Il a indiqué que les entreprises devraient s’attacher à optimiser chaque étape de la production, des matières premières à la logistique, afin de minimiser les coûts et de rester compétitives face aux pays soumis à des droits de douane américains plus bas.
VNA/CVN