>> L’éducation à l’ère de l’IA : de la prise de conscience à l’action
>> Les sciences sociales, humaines et l’éducation face à la transformation numérique
Cette cérémonie marque l’aboutissement d’années d’efforts et ouvre une nouvelle étape pour ces jeunes ingénieurs, prêts à évoluer dans un monde en profonde mutation.
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| Lê Thanh Tài, étudiant PFUEV brillant |
Un nouveau départ à l’ère de la transformation numérique
Dans son allocution, le recteur Mai Thanh Phong a rappelé les ambitions nationales portées par les résolutions 57, 71 et 72 : promouvoir la science, la technologie, l’innovation et la transformation numérique afin de faire du Vietnam un pays à revenu intermédiaire supérieur d’ici 2030, puis à revenu élevé en 2045.
L’École polytechnique s’affirme comme l’un des moteurs de cette dynamique, à travers son internationalisation, la rénovation de ses programmes de formation et la création d’un écosystème favorisant l’innovation et l’entrepreneuriat.
Au cœur de cette stratégie, le double diplôme PFIEV, construit avec de prestigieuses écoles d’ingénieurs françaises, joue pleinement son rôle de "pont" entre le Vietnam et l’Europe. Il offre un socle scientifique solide, tout en favorisant le développement de l’esprit critique, de la créativité et d’une culture d’ingénieur global.
Deux piliers : fondamentaux vietnamiens et rigueur française
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| Les étudiants diplômés avec des résultats excellents et très bons. |
Les réussites de diplômés tels que Luong Quôc Dat (mention Excellent) et Nguyên Manh Duc (mention Bien) illustrent la valeur de ce modèle biculturel. Tous deux ont suivi leur cursus à l’Université Polytechnique et dans des écoles françaises de référence, comme l’ENSEEIHT (Toulouse INP) et l’ESISAR (Grenoble INP).
Nguyên Manh Duc souligne la robustesse de la formation vietnamienne : "une base très solide en mathématiques, physique, mécanique et électricité", complétée par des expériences telles que les Olympiades, qui développent "une pensée prudente, approfondie et résiliente face aux problèmes difficiles".
En France, les étudiants découvrent un environnement marqué par la rigueur scientifique, l’exigence méthodologique et la responsabilité vis-à-vis de la qualité du résultat final. Lương Quốc Đạt résume cette culture par une expression forte : "Ne pas accepter l’à-peu-près".
Cette complémentarité transforme leur approche de l’ingénierie, les rendant plus autonomes, plus exigeants, et mieux préparés à aborder les problèmes industriels réels.
Des compétences adaptées aux domaines de pointe
Le double diplôme ouvre la voie à une spécialisation dans des secteurs clés de la science et de l’ingénierie modernes : Énergie électrique, Automatique-Contrôle, Matériaux avancés.
Diplômé en Énergie électrique, Luong Quôc Dat a réalisé un projet de recherche au CEA (Commissariat à l’énergie atomique et aux énergies renouvelables), consacré à la conception d’un simulateur de machine électrique basé sur des plateformes FPGA à faible coût.
L’objectif : offrir une alternative performante et abordable aux systèmes de simulation commerciale, permettant aux laboratoires et aux petites entreprises d’accéder à la simulation en temps réel. Đạt souhaite désormais introduire ce modèle au Vietnam, convaincu de son potentiel pour soutenir la recherche locale à moindre coût.
À l’ESISAR, Nguyên Manh Duc a vécu deux expériences clés : un projet industriel en conditions réelles et un stage d’ingénieur au laboratoire LCIS, en collaboration avec le groupe allemand ERAMET. Il y a travaillé sur l’amélioration du modèle équivalent d’un four à arc électrique, en utilisant des données réelles pour optimiser la modélisation et la simulation du procédé. Ces travaux contribuent à une meilleure compréhension du four et ouvrent des pistes pour réduire la consommation énergétique.
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| Le programme de double diplôme PFIEV propulse les étudiants vers les sciences émergentes. |
Ces expériences l’ont orienté vers l’Automatique - Contrôle, à la croisée de la modélisation, de la simulation, des systèmes complexes et des exigences industrielles.
Lê Thanh Tài, étudiant PFIEV brillant (moyenne 9,2), s’est engagé très tôt dans la recherche. Son projet phare concerne la mise au point de matériaux carbonés activés à partir de sous-produits agricoles, destinés aux électrodes de supercondensateurs. Grâce à une synthèse optimisée, le matériau obtenu possède une surface spécifique élevée et une structure micro–mésoporeuse, avec d’excellentes propriétés de conduction. Les résultats ont été publiés dans une revue scientifique classée Q1. Admis en doctorat à l’Université de Bordeaux, Tài poursuivra ses travaux sur les matériaux MOF destinés au traitement électrochimique des eaux usées et à la production d’hydrogène vert.
Les ingénieurs PFIEV, des “ponts vivants” entre le Vietnam et l’Europe
Pour ces jeunes diplômés, le double diplôme PFIEV constitue un canal de transfert technologique essentiel. Selon Lương Quốc Đạt, la combinaison du savoir-faire vietnamien et de la rigueur européenne "crée une génération d’ingénieurs capables de relier théorie avancée et pratique industrielle". Tous deux souhaitent contribuer au développement du Vietnam et se voient comme des "ponts vivants", capables de rapporter au pays les technologies de pointe, en particulier dans l’énergie, l’automatisation et la numérisation.
Leurs projets de doctorat reflètent cette vision : Đạt s’oriente vers les systèmes d’énergie intelligents à petite échelle, tandis que Đức se spécialise dans le contrôle des systèmes industriels complexes.
Tous deux veulent maintenir un lien étroit avec les entreprises, pour que la recherche scientifique débouche sur des solutions applicables.
Trois messages pour la nouvelle génération
Clôturant la cérémonie, le recteur Mai Thanh Phong a laissé trois conseils aux nouveaux diplômés : primo, apprenez toute votre vie, comme vous respirez : l’habitude d’apprendre empêche d’être dépassé ; secundo, soyez bienveillants et responsables : la bienveillance construit la confiance, la responsabilité crée de la valeur ; tertio, saisissez les opportunités : la confiance ne vient pas avant l’action, mais grâce à elle.
Il a également encouragé les diplômés à se rappeler qu’ils forment une communauté unie par un même point de départ : l’École polytechnique.
Le programme de double diplôme PFIEV, combinant les forces de deux systèmes éducatifs, continue d’accompagner une nouvelle génération d’ingénieurs vietnamiens prêts à entrer dans l’ère des sciences émergentes et à devenir les ambassadeurs technologiques du pays.
Texte et photos : Quang Châu/CVN




