Lào Cai : une "ceinture de bien-être" pour conquérir l’Asie

Sources chaudes, forêts, théiers centenaires, plantes médicinales et savoirs ancestraux : l’ouest de Lào Cai concentre des atouts exceptionnels pour développer un tourisme de bien-être à forte valeur ajoutée. En complément de Sa Pa, la province ambitionne d’en faire une nouvelle destination de référence en Asie.

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Photo : VNA/CVN

Le tourisme mondial change de cap. Depuis une dizaine d’années, le wellness tourism, ou le tourisme du bien-être, fondé sur la recherche d’un équilibre entre détente, santé, nature et épanouissement personnel, s’impose comme l’un des segments les plus dynamiques du secteur. Le voyageur ne cherche plus seulement à découvrir une destination : il veut désormais y prendre soin de lui, se ressourcer et renouer avec la nature.

Cette évolution a contribué à faire de Bali, en Indonésie, une référence mondiale du yoga et du ressourcement, de Chiang Mai, en Thaïlande, une destination prisée pour ses retraites détox et spirituelles, de Jeju, en République de Corée, un haut lieu des thérapies fondées sur la forêt et l’air marin, ou encore de Kusatsu, Beppu et Hakone, au Japon, des destinations emblématiques du thermalisme et des bains d’onsen (bain thermal traditionnel japonais).

Leur point commun n’est ni l’abondance d’infrastructures spectaculaires ni la course au gigantisme, mais leur capacité à valoriser un patrimoine naturel et culturel pour créer des expériences de bien-être uniques et à forte valeur ajoutée. C’est précisément sur ce modèle que l’ouest de Lào Cai dispose aujourd’hui d’atouts exceptionnels pour se positionner sur la carte asiatique du bien-être.


Peu de régions réunissent à la fois des sources d’eaux minérales chaudes, un climat frais d’altitude, des forêts primaires, une pharmacopée végétale foisonnante, des rizières en terrasses spectaculaires et des savoirs ancestraux en matière de soins, transmis par les communautés ethniques. C’est le cas de ce corridor qui relie Van Yên, Nghia Lô, Suôi Giàng, Tram Tâu, Tú Lê et Mù Cang Chai, où ces ressources ne se contentent pas de coexister : elles se complètent pour dessiner un véritable parcours du bien-être.

Van Yên - premier bassin de production de cannelle du pays - abrite un riche patrimoine de plantes médicinales et de savoirs thérapeutiques transmis par les Dao, les Tày et les Mông. De quoi développer des soins ancrés dans la pharmacopée locale : bains de vapeur aux plantes, bains d’herbes, massages aux huiles essentielles ou séances de méditation au cœur des cannelliers.


Photo : VNA/CVN

À Nghia Lô, dans l’espace culturel de Muong Lò, le bien-être prend une autre dimension, plus émotionnelle et communautaire. Les danses xòe des Thaï, l’architecture des maisons sur pilotis, le rythme de vie apaisé, la gastronomie traditionnelle et les paysages de rizières composent un cadre propice à la marche, au vélo, à la méditation et au ressourcement.

Perché à près de 1.400 m d’altitude, Suôi Giàng bénéficie d’un climat frais toute l’année et abrite des théiers Shan Tuyêt centenaires. Si le Japon a fait de la cérémonie du thé un art de l’équilibre intérieur, Suôi Giàng dispose de tous les atouts pour développer des activités de méditation autour du thé, des retraites et des cures détox, portées par ce thé ancien cueilli au-dessus des mers de nuages du Nord-Ouest.

Tram Tâu et Tú Lê, eux, concentrent l’essentiel des ressources en eaux minérales chaudes. Une eau de grande qualité et des paysages encore préservés y créent un terrain idéal pour l’hydrothérapie, les spas thermaux, la rééducation, les longs séjours de repos et les soins destinés notamment aux personnes âgées.

Si le Japon a su bâtir une véritable marque mondiale autour de la culture de l’onsen, Tram Tâu et Tú Lê pourraient, à leur tour, devenir le "pays des sources chaudes" du Vietnam.


Photos : VNA/CVN

Plus à l’ouest, Mù Cang Chai, avec son air pur, son atmosphère paisible et ses rizières en terrasses mondialement réputées, offre un cadre privilégié pour les retraites, les bains de forêt, le trekking, la méditation et les séjours haut de gamme au cœur d’une nature préservée. L’implantation de projets tels que Le Champ Tú Lê et Garrya Mù Cang Chai témoigne déjà de l’intérêt du marché pour ce potentiel et de sa capacité à attirer une clientèle internationale en quête d’expériences authentiques et de ressourcement.


Il y a vingt ans, Bali n’était pas encore la capitale mondiale du bien-être qu’elle est devenue, et Chiang Mai n’avait pas encore acquis sa réputation de haut lieu des retraites en Asie du Sud-Est. Leur réussite tient moins à l’abondance de leurs ressources qu’à un positionnement clair, assumé dans la durée, plutôt qu’à une course à la croissance de masse.

Bali a le yoga au cœur de la forêt tropicale, Chiang Mai les retraites et les cures détox nichées dans ses collines, Jeju ses thérapies inspirées de la nature, les stations thermales japonaises leurs sources chaudes : l’ouest de Lào Cai, lui, réunit d’un seul tenant l’ensemble de ces ingrédients - eaux minérales chaudes, plantes médicinales, forêts primaires, théiers centenaires, cultures ethniques et paysages montagneux d’exception.

Peu de destinations en Asie peuvent se prévaloir d’une telle concentration de ressources dédiées au bien-être, réunies à quelques heures de route seulement. Plus qu’un simple atout touristique, cette complémentarité constitue une occasion unique de bâtir une véritable marque de destination, capable de s’imposer à l’échelle régionale, voire internationale.


Photo : Garrya Mù Cang Chai/CVN

Cette ceinture de bien-être de l’Ouest n’a pas vocation à concurrencer Sa Pa, mais à former avec elle deux pôles complémentaires. Sa Pa demeure le symbole du tourisme de montagne, de découverte et de villégiature internationale, tandis que le corridor de l’Ouest deviendrait celui du repos, de la régénération et du bien-être.

L’un mise sur le volume de visiteurs, l’autre sur la valeur ajoutée. L’un propose l’aventure de la découverte, l’autre l’expérience du ressourcement. Cette complémentarité permettrait à Lào Cai d’élargir sa clientèle, d’allonger la durée des séjours, de réduire la pression touristique qui pèse sur Sa Pa et d’augmenter la valeur économique générée par chaque visiteur.

Dans la compétition que se livrent aujourd’hui les destinations touristiques, l’avantage ne se mesure plus seulement à l’abondance des ressources, mais à la capacité de construire une identité forte et de proposer des expériences singulières. Pour concrétiser cette ambition, le bien-être devrait devenir un pilier stratégique de la politique touristique de Lào Cai. Cela passe notamment par la priorité accordée aux infrastructures reliant Sa Pa au corridor de l’Ouest, ainsi que par la création d’une marque internationale de destination, répondant aux standards mondiaux en matière de bien-être, de soins et de ressourcement, autour de cette "ceinture de bien-être de l’Ouest de Lào Cai".


Photos : CTV/CVN

À terme, l’ouest de la province pourrait ainsi devenir bien plus qu’une nouvelle destination touristique vietnamienne. Il pourrait se positionner comme le Bali des montagnes d’Asie du Sud-Est, le Chiang Mai vietnamien ou encore le pays de l’onsen au cœur des forêts du Nord-Ouest. Plus largement, il pourrait s’imposer comme l’un des nouveaux pôles du tourisme de bien-être en Asie et dans le monde.

Là où Sa Pa incarne le tourisme de montagne et l’aventure, la ceinture de bien-être de l’Ouest a vocation à devenir le symbole du repos, de la régénération et d’un tourisme fondé sur le bien-être, pour une province qui affirme aujourd’hui son ambition de devenir la première destination touristique quatre saisons du pays.

Hông Anh/CVN

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