La Belgique en soutien aux victimes

Le vote historique et unanime du Parlement belge, les projets de coopération concrète et l’engagement de citoyens témoignent d’un soutien durable de la Belgique envers les victimes vietnamiennes de l’agent orange, 65 ans après le début de cette tragédie.

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La Belgique aux côtés des victimes vietnamiennes de l’agent orange/dioxine. 
Photo : CVN

Soixante-cinq ans après le début de l’épandage de défoliants toxiques par l’armée américaine au Vietnam (1961-2026), les conséquences sur l’environnement et la santé humaine demeurent une plaie béante. Dans cette quête de justice et de résilience, le Vietnam a trouvé en la Belgique un allié d’une fidélité rare. Ce soutien, qui a culminé ces dernières années, illustre une convergence unique entre volonté politique, expertise technologique et élan humanitaire.

Le 5 octobre 2023, la Belgique est devenue le premier pays au monde dont le Parlement a adopté une résolution consacrée au soutien aux victimes vietnamiennes de l’agent orange. Approuvé à l’unanimité par les 134 députés, le texte appelle à renforcer l’aide aux victimes, à développer la coopération scientifique et médicale avec le Vietnam et à promouvoir des initiatives internationales en faveur de la dépollution des zones contaminées.


Photo : VAVA/CVN

Ce vote, soutenu par l’ensemble des partis politiques belges, constitue un signal fort. Pour l’ancienne présidente de la Chambre des représentants, Éliane Tillieux, cette unanimité traduit la volonté de la Belgique d’agir face aux conséquences humaines et environnementales de l’agent orange, tout en approfondissant son partenariat avec le Vietnam.


Cette mobilisation politique est le fruit d’un engagement de longue haleine. Parmi ses principaux artisans figure André Flahaut, ancien ministre de la Défense et ancien président de la Chambre des représentants. Après plusieurs visites au Vietnam et la découverte des conditions de vie des victimes dans les villages de la Paix, il n’a cessé de plaider en faveur d’une reconnaissance internationale de cette tragédie. Pour lui, près d’un demi-siècle après la fin de la guerre, "personne ne peut oublier les souffrances que le peuple vietnamien continue d’endurer". Son appel à maintenir vivante la mémoire de l’agent orange/dioxine a largement contribué à faire émerger un consensus inédit au sein de la classe politique belge.


Photo : VNA/CVN

Depuis lors, dès 2024, l’ambassadeur de Belgique au Vietnam, Karl Van den Bossche, a multiplié les déplacements auprès de l’Association vietnamienne des victimes de l’agent orange/dioxine (VAVA) dans plusieurs provinces afin d’identifier les besoins du terrain et de préparer la mise en œuvre concrète des engagements pris par Bruxelles.


La résolution adoptée en 2023 n’est pas restée symbolique. En quelques années, elle s’est progressivement traduite par des projets concrets de coopération entre la Belgique et le Vietnam.

Cette dynamique a été renforcée lors de la visite d’État du roi Philippe et de la reine Mathilde au Vietnam, en avril 2025. À cette occasion, la VAVA et le fonds Aquitara Impact Fund I ont signé, en présence des plus hautes autorités vietnamiennes et belges, un accord de principe visant à renforcer l’aide aux victimes, à soutenir leurs moyens de subsistance et à mobiliser de nouveaux partenaires internationaux.

La coopération s’appuie également sur le savoir-faire des entreprises belges. La société Haemers Technologies, en coopération avec le ministère vietnamien de la Défense, développe une technologie de traitement thermique des sols contaminés par la dioxine, expérimentée sur le site de Biên Hoà, à Đông Nai (Sud). "Nous ne venons pas seulement pour dépolluer, mais surtout pour transmettre notre savoir-faire. Ce n’est que lorsque les ingénieurs vietnamiens maîtriseront pleinement cette technologie que la réparation des conséquences de la guerre pourra être durable", souligne son directeur général, Jan Haemers.


Photo : VAVA/CVN

L’engagement belge ne se limite toutefois pas aux technologies environnementales. Les partenaires impliqués défendent une approche globale, où la restauration des sols va de pair avec le soutien aux communautés affectées. À Dông Nai, le projet An Vui Mart, soutenu par Aquitara Impact Fund, permet ainsi à des familles de victimes de participer directement à une activité économique génératrice de revenus, illustrant une conception du développement où la reconstruction humaine accompagne la réhabilitation environnementale.


Au-delà des institutions, la solidarité belge porte aussi un visage : celui de Chris Geyskens, présidente de la branche belge de l’Association internationale des victimes de l’agent orange à Hôi An (Centre). Depuis treize ans, cette entrepreneure belge organise le tournoi de golf amical Vietnam Ambassador’s Golf Cup, dont les fonds sont intégralement destinés à ces défavorisés. Au fil des éditions, près de deux milliards de dôngs, à compter jusqu’à la fin de 2025, ont été mobilisés pour financer des logements, des soins, des bourses scolaires et des projets de subsistance.

Son engagement est né lors de son premier voyage au Vietnam en 2013. Confrontée à la réalité des victimes, elle décide de transformer son émotion en action. "Une question de cœur", résume-t-elle aujourd’hui, sans hésiter car elle éprouve "une grande admiration pour le peuple vietnamien, notamment pour sa capacité à surmonter les épreuves et à se battre pour l’avenir".


Photo : Hông Anh - VNA/CVN

Grâce aux fonds recueillis, plusieurs projets de micro-économie ont vu le jour à Hôi An : élevage de volailles, culture de champignons, rénovation de maisons ou encore création de petits commerces. Pour elle, l’objectif n’est pas seulement d’apporter une aide ponctuelle, mais de permettre aux familles de retrouver une autonomie durable. "Nous pouvons réellement faire une différence", affirme-t-elle. Aujourd’hui encore, elle poursuit son engagement auprès des familles vietnamiennes, convaincue qu’"un engagement durable peut changer des vies".

À l’approche du 65e anniversaire du début de la catastrophe de l’agent orange/dioxine, la Belgique apparaît comme un partenaire important. De l’unanimité historique du Parlement aux initiatives des entreprises, des fondations et de citoyens engagés comme Chris Geyskens, une même conviction s’impose : la solidarité ne se mesure pas seulement aux déclarations, mais aux actions concrètes qui continuent d’apporter espoir et dignité aux victimes vietnamiens.

Hông Anh/CVN

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