IA et cloud computing : Hô Chi Minh-Ville mise sur les technologies d’avenir

Le 14 août, dans la mégapole du Sud, le Centre de promotion du commerce et des investissements de Hô Chi Minh-Ville (ITPC), en collaboration avec l’Association des médias numériques du Sud (SVDCA) et le groupe Navee, a organisé la conférence sur la croissance dans les domaines du cloud computing et de l’intelligence artificielle (GROWTHVERSE CLOUD DAY 2026).

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La directrice adjointe de l’ITPC, Hô Thi Quyên, prend la parole lors de la conférence.

Cet événement visait à informer les participants des dernières tendances en matière d’intelligence artificielle (IA), de cloud computing, de données et d’infrastructures numériques, afin d’aider les entreprises à maîtriser les technologies qui façonnent l’ère numérique. La conférence a également contribué à renforcer leurs capacités d’exploitation et de gestion des données, à optimiser la prise de décision et à accroître leur avantage concurrentiel, tout en renforçant la sécurité de l’information et en connectant les entreprises à un écosystème technologique complet.

Dans son discours d’ouverture, Hô Thi Quyên, directrice adjointe de l’ITPC, a souligné que le développement des technologies clés entraînait des transformations profondes dans les méthodes de gestion, d’exploitation, de production et de service à la clientèle. Elle a notamment mis en avant les objectifs fixés par la Résolution n°57-NQ/TW du Politburo, qui prévoit que l’économie numérique représente au moins 30 % du PIB d’ici 2030. Cette résolution vise également à faire du Vietnam l’un des trois premiers pays d’Asie du Sud-Est en matière de recherche et développement dans le domaine de l’IA et à porter à plus de 40 % la proportion d’entreprises engagées dans l’innovation.

Présentant plus précisément la vision pour Hô Chi Minh-Ville, elle a indiqué que la ville ambitionnait de porter la part de l’économie numérique à 30% du PIB régional d’ici 2026 et à 40% d’ici 2030. Afin de jeter des bases solides pour cette feuille de route, la ville prévoit de créer une plateforme d’échange de données, de construire au moins deux centres de données et deux zones technologiques numériques dédiées, et de promouvoir activement l’utilisation des plateformes numériques dans l’industrie, la logistique, le commerce de détail et les secteurs économiques clés.

Trois principaux obstacles

La conférence GROWTHVERSE CLOUD DAY 2026 s’est tenue le 14 août dans la mégapole du Sud.

De son côté, Nguyên Minh Liêm, cofondateur et PDG de BYTE Technology JSC, a souligné que, malgré l’engouement pour l’IA qui stimule les investissements technologiques, la plupart des entreprises peinent encore à transformer ces solutions en résultats financiers concrets. Cette difficulté s’explique par trois principaux obstacles : la fragmentation des données entre de multiples systèmes, l’inexactitude ou l’obsolescence des informations, et le manque de cohérence entre l’analyse et la mise en œuvre des actions.

Il a également affirmé que, aussi performant soit-il, un modèle d’IA ne peut pallier l’absence de données sur les clients, car la technologie ne crée de la valeur que lorsqu’elle produit des résultats commerciaux tangibles. Pour faire de l’IA un véritable moteur de croissance, les données clients doivent être entièrement standardisées afin de garantir leur cohérence, leur exactitude, leur mise à jour en temps réel, le respect de la vie privée et leur disponibilité immédiate pour les différents usages.

Le nettoyage et l’exploitation de cette source de données consolidée peuvent générer des avantages financiers tangibles, avec une augmentation de 35 % du retour sur investissement publicitaire (ROAS) après 12 mois, une réduction d’environ 40 % du coût par commande (CPO) pour les clients existants et un triplement des revenus issus des ventes croisées grâce à l’identification du moment opportun pour interagir avec les clients. Ces résultats permettent aux entreprises d’optimiser leurs coûts d’exploitation et de protéger leurs marges bénéficiaires.

D’après une analyse de Vu Huu Son, responsable du conseil en solutions chez GreenNode JSC, la phase de test de l’IA (PoC) des entreprises évolue progressivement vers une phase d’application pratique, génératrice de valeur économique à partir de 2026. Cette évolution devrait entraîner une forte croissance du marché mondial des infrastructures d’IA, dont la valeur devrait passer de 158 milliards d’USD à 419 milliards d’USD d’ici 2030.

Application de l’IA dans le secteur de la santé.

Vu Huu Son a également souligné que les entreprises sont confrontées à des coûts d’investissement dans les infrastructures de plus en plus élevés. Un rack de serveurs d’IA peut coûter jusqu’à environ 3,9 millions d’USD, soit huit fois le prix d’un rack conventionnel, sans compter le risque d’une dépréciation rapide après seulement deux à trois ans.

Outre ce fardeau financier, la densité de puissance par rack de serveurs a fortement augmenté, atteignant 27 kW en 2026 et dépassant même 100 kW avec les superclusters d’IA. Cette évolution porterait la demande mondiale totale en énergie pour l’IA de 132 GW à 290 GW d’ici 2030, faisant de l’énergie l’un des principaux obstacles au développement des infrastructures d’IA.

Pour pallier les problèmes de coûts et les défis opérationnels complexes liés aux infrastructures réseau, le passage d’une stratégie d’acquisition d’actifs (CAPEX) à un modèle de location de services flexible (OPEX) s’impose comme une solution adaptée aux opérations financières liées à l’IA. Ce modèle permet notamment une facturation en fonction du volume de données réellement traité.

Parallèlement, l’essor de l’IA en périphérie, dont le marché devrait atteindre 56,8 milliards de dollars d’ici 2030, associé à une stratégie combinant l’entraînement sur GPU et des puces d’inférence spécialisées, redessine le paysage des investissements technologiques. Les entreprises peuvent ainsi optimiser leur consommation énergétique tout en garantissant la sécurité et la souveraineté de leurs données.

Pour sa part, Bui Song Toan, directeur adjoint du Centre de développement des services de plateforme cloud chez FPT Smart Cloud (groupe FPT), prévoit que le marché du cloud computing au Vietnam atteindra 6,98 milliards d’USD d’ici 2030, avec un taux de croissance annuel de 10,94 %. Plus de 50 % des entreprises considèrent le cloud computing comme un élément essentiel de leur stratégie, tandis que l’intelligence artificielle générative (GenAI) en constitue le principal moteur.

L’essor de l’IA générative accélère le développement logiciel à un rythme sans précédent : chez Google, environ 75 % du nouveau code est actuellement généré par l’IA, et ce pourcentage devrait atteindre 95 % d’ici cinq ans.

Cependant, cette accélération de la programmation s’accompagne de défis en matière de sécurité de l’information. Quelque 94 % des dirigeants considèrent l’IA comme le principal facteur de transformation de la sécurité informatique, tandis que le taux de vulnérabilités potentielles dans le code généré par l’IA, tous langages confondus, varie de 38 % à plus de 70 %.

Outre les risques liés aux applications, les représentants de FPT Smart Cloud ont également souligné un défi majeur : les entreprises négligent souvent la connectivité interne, ou trafic Est-Ouest, qui représente pourtant 70 à 80 % du trafic total du système. Il est donc urgent de mettre en place une surveillance automatisée de la sécurité de l’information et de renforcer les capacités de gestion des risques à plusieurs niveaux afin d’assurer une défense proactive.

Texte et photos : Tân Dat/CVN

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