>> Conflit au Moyen-Orient : le Vietnam évite le survol des zones à risque
>> Une réponse proactive, opportune et efficace face aux nouvelles évolutions mondiales
>> Garantir l’approvisionnement en carburants dans l’hypothèse d’un conflit prolongé au Moyen-Orient
Alors que de nombreux produits agricoles vietnamiens, tels que le café, la noix de cajou, le poivre et les fruits, renforcent leur présence sur les marchés du Moyen-Orient, les perturbations logistiques, les complications liées aux paiements et les évolutions des politiques d’importation deviennent des préoccupations majeures. Cette situation oblige les entreprises à adopter une stratégie d’adaptation proactive afin de réduire les risques et de préserver leur dynamique de croissance.
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| Les tarifs du fret maritime augmentent rapidement. |
| Photo : VNA/CVN |
Selon le Département de l'import-export du ministère de l'Industrie et du Commerce, une volatilité croissante des prix des biens de consommation, des carburants et du pétrole brut est anticipée, exerçant un impact négatif indirect et multidimensionnel sur le commerce extérieur du Vietnam en général et le Moyen-Orient en particulier.
Nguyên Tiên Dung, directeur général adjoint de la société à responsabilité limitée unipersonnelle d’import-export 2-9 Dak Lak (Simexco DakLak), souligne que cette région constitue une destination stratégique pour le café et le poivre, deux produits phares de l’entreprise. Toutefois, l’escalade des tensions affecte directement les flux commerciaux : la hausse des prix du pétrole entraîne un renchérissement généralisé des coûts de transport, de logistique et d’assurance.
Plus concrètement, les tarifs du fret maritime augmentent rapidement, tandis que les armateurs imposent des surtaxes pour risques de guerre pouvant atteindre 2.000 dollars par conteneur. Par ailleurs, les restrictions de circulation à travers la mer Rouge et le détroit d'Ormuz contraignent les navires à emprunter des itinéraires détournés, allongeant considérablement les délais de livraison et générant des frais annexes conséquents. Si les exportations de café de Simexco DakLak sont relativement épargnées, ne représentant que 8% de son chiffre d'affaires, le poivre subit un impact notable car le Moyen-Orient absorbe 18% du volume total de ses exportations.
Face à cette conjoncture complexe, l’entreprise a temporairement suspendu ses expéditions vers le Moyen-Orient et suit de près l’évolution de la situation. Elle collabore activement avec ses partenaires afin d’accélérer le règlement des cargaisons déjà arrivées dans les ports de Jebel Ali ou de Haïfa (Israël).
Dans le secteur des fruits frais, Trân Ngoc Hiêp, directeur de la société Thanh Long Hoang Hau, indique que les exportations de fruit du dragon vers le Moyen-Orient sont actuellement suspendues en raison des coûts logistiques prohibitifs et des délais de transport prolongés compromettant la qualité des produits. Lê Viêt Anh, secrétaire général de l’Association du poivre et des épices du Vietnam ainsi que Dang Phuc Nguyên, secrétaire général de l’Association vietnamienne des fruits et légumes (Vinafruit), confirment que le déroutement des navires par l'Afrique du Sud, au lieu du passage par le canal de Suez, exerce une pression considérable sur les chaînes d’approvisionnement.
Le ministère de l'Industrie et du Commerce recommande aux opérateurs d'accorder une attention particulière aux clauses de force majeure et aux assurances lors de la négociation des contrats afin de se prémunir contre les pertes potentielles en cas d'incident majeur sur les marchés d'importation.
VNA/CVN



