Ces visages de l’altruisme : les héros ordinaires du don de sang

Des records de dons individuels aux “bus solidaires”, le Vietnam voit son mouvement de don de sang bénévole s’intensifier de façon spectaculaire. En un quart de siècle, cet élan citoyen a brisé les réticences pour devenir une valeur familiale et nationale.

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Le don de sang, un mouvement solidaire en pleine croissance. 
Photo : VNA/CVN

À travers ces gouttes de sang offertes avec humilité, le mouvement du don de sang bénévole connaît un essor fulgurant. Ces récits de vie - qu’il s’agisse d’un père qui, durant deux décennies, a fait preuve d’une persévérance exemplaire avant de transmettre le flambeau à son fils, ou d’un homme finançant sur ses propres deniers des véhicules pour acheminer ses concitoyens vers les lieux de collecte - sont les témoignages vibrants d’un élan aussi sincère que désintéressé.

Le don de sang n’est plus un acte isolé, mais un mouvement social profond qui mobilise toutes les strates de la société. On y retrouve l’engagement des forces armées, du corps médical et de l’éducation, aux côtés des ouvriers, des cadres, des mères au foyer et des étudiants. Cette hétérogénéité des profils témoigne de la puissance de rayonnement de ce noble geste, perpétuant une mission de sauvetage au cœur même de la vie ordinaire.

Le patriarche et son patrimoine de vie

L’un des exemples les plus emblématiques de cet engagement est sans conteste celui de Nguyên Viêt Hà, résidant à Dông Anh, en banlieue de Hanoï. Avec un total impressionnant de 112 dons de sang et de plaquettes en plus de vingt ans, il s’impose comme une figure emblématique du mouvement. Pour lui, l’honneur ne réside pas dans le décompte, mais dans sa capacité à ancrer cet esprit humanitaire chez les générations futures.

La campagne de don de sang attire de nombreux volontaires.
Photo : VNA/CVN

Si son parcours a débuté en 2003, c’est véritablement en 2015, après sa participation au festival “Printemps rouge” organisé par l’Institut national d’hématologie et de transfusion sanguine, qu’il a instauré une régularité exemplaire. Après une dizaine de dons de sang total, il s’est orienté vers le don de plaquettes sur les conseils du corps médical. Tout au long de son engagement, M. Hà est resté à l’écoute des besoins de l’Institut, développant une profonde empathie envers les patients dont il suivait parfois le parcours.

Loin de se limiter à un engagement personnel, il a mobilisé son entourage, entraînant par exemple son beau-frère à franchir le cap des 50 dons.

Plus admirable encore, M. Hà a fait de cet acte un pilier central de l’éducation de son fils. Il a su lui transmettre la valeur inestimable de la vie humaine et la nécessité de l’entraide. Dès que ce dernier a atteint sa majorité légale de 18 ans, son père l’a fièrement accompagné pour son premier geste humanitaire.

Deux ans plus tard, le jeune homme maintient une régularité exemplaire, prouvant que le don n’est pas seulement une action, mais un mode de vie. Il encourage désormais ses amis à rejoindre le mouvement, illustrant ainsi la pérennité des valeurs de solidarité chez la jeunesse vietnamienne. L’histoire de la famille de M. Hà est la preuve vivante que la maxime “aimer son prochain comme soi-même” se transmet comme le plus précieux des héritages

Parallèlement à cette dévotion familiale, l’histoire de Ngô Quôc Diêp, à Thuong Tin, incarne la dimension logistique du mouvement : celle de la mobilisation communautaire et de la logistique du cœur. Conscient que la volonté seule se heurte parfois aux obstacles matériels, il est devenu le pont indispensable entre les donneurs de sa région et les centres de soins.

Dès 1996, à une époque où le don de sang suscitait encore des réticences et des craintes infondées, M. Diêp en avait déjà saisi l’importance vitale pour la survie des malades. Cependant, les contraintes logistiques de l’époque rendaient les dons réguliers difficiles pour les habitants des zones excentrées. En 2015, il a alors décidé de transformer sa propre voiture en une véritable “navette solidaire”.

“Le don de sang est un mouvement noble, pourtant encore méconnu dans ma localité alors que tant de patients attendent. J’ai donc pris la résolution d’appeler mes concitoyens à y participer”, confie-t-il avec humilité. Pour lever les obstacles liés à la distance - plus de 30 km séparant sa commune de l’Institut - il a commencé par transporter sa femme et ses amis.

Un réseau de solidarité en mouvement

Nguyên Viêt Hà (gauche) lors de la rencontre des donneurs de plaquettes exemplaires 2025.
Photo : CTV/CVN

Face à l’afflux croissant de volontaires, M. Diêp n’a pas hésité à louer des véhicules plus grands, allant jusqu’à des bus de 16 places, pour s’assurer que chaque voyage transporte le maximum de donneurs. Son réseau compte désormais plus de 60 membres réguliers qui, malgré les aléas de la météo ou de la circulation, se déplacent ensemble pour offrir leur sang. Ce groupe d’amis et de proches considère désormais ces trajets comme des moments de convivialité et un moyen de veiller sur leur propre santé, transformant une contrainte logistique en un véritable pont de solidarité.

L’année 2026 marque le 26e anniversaire de l’instauration du 7 avril comme Journée nationale du don de sang volontaire. En un quart de siècle, le pays a réceptionné près de 24 millions d’unités de sang. Pour la seule année 2025, plus de 1,7 million d’unités ont été collectées, dont 98% de donneurs volontaires. Ces chiffres, portés par des citoyens comme MM. Hà et Diêp, confirment que chaque goutte offerte est une vie qui demeure, ancrant durablement l’altruisme au sommet des valeurs vietnamiennes.

Huong Linh/CVN

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