Algérie : Annaba, escale envoûtante entre mer turquoise et vestiges antiques

Loin du tumulte des grandes villes, Annaba séduit par son atmosphère paisible et lumineuse. Entre Méditerranée azurée et pierres millénaires, la perle de l’Est algérien offre une parenthèse hors du temps, où l’histoire se dévoile à chaque coin de rue.

>> L’Algérie déploie sa vitrine du tourisme durable en 2026

>> Alger, un "diamant" brut au bord de la mer Méditerranée

>> Tlemcen, l’âme impériale de l’Algérie

La majestueuse Basilique Saint-Augustin, joyau architectural d'Annaba.

Après avoir arpenté durant plusieurs jours les palais somptueux ornés de zelliges à Tlemcen, dans l’Ouest algérien, ou les larges avenues aux allures de "Petit Paris" d’Oran, Annaba nous accueille dans une tout autre ambiance. Surnommée la ville où "la mer bleue effleure la pierre antique", ce joyau de l’Est algérien, véritable perle de la Méditerranée, offre un mélange unique de nature, culture et histoire, vibrant à un rythme qui lui est propre.

Dernière étape de notre voyage de presse à l’occasion de la 25ᵉ édition du Salon international du tourisme et des voyages (SITEV), du 18 au 21 mai 2026, Annaba n’a rien de la cohue d’une métropole industrielle et ne cherche pas davantage à s’exhiber pour séduire les visiteurs. Située à quelque 500 km de la capitale Alger, la ville se dévoile avec une douce lenteur, révélant peu à peu ses strates d’histoire : vestiges antiques, patrimoine archéologique riche, mêlé aux influences ottomanes et françaises, et scènes du quotidien baignées d’une sérénité désarmante.

Basilique Saint-Augustin, patrimoine spirituel

Vers 10h00, alors que la brume se dissipe peu à peu au‑dessus de la baie, nous empruntons la route qui mène au sommet de la colline. Là se dresse la basilique Saint‑Augustin, silhouette majestueuse découpée fièrement sur le ciel bleu. Vue des hauteurs, elle apparaît tel un phare spirituel veillant sur la cité, symbole d’un héritage religieux et culturel profondément enraciné dans l’histoire d’Annaba.

À l’intérieur de la basilique Saint‑Augustin, où l’architecture majestueuse et la lumière filtrant des vitraux renforcent l’atmosphère spirituelle du lieu.

Inauguré à la fin du XIXᵉ siècle, l’édifice dévoile un métissage architectural singulier, mêlant style néo‑byzantin européen et influences mauresques d’Afrique du Nord. En franchissant la grande porte, on est immédiatement frappé par la hauteur des voûtes et les imposantes colonnes de marbre, qui confèrent à l’ensemble une atmosphère à la fois solennelle et aérienne.

Le clou du spectacle réside sans doute dans les vitraux. La lumière crue de la Méditerranée s’adoucit en traversant les verres colorés, projetant des éclats polychromes sur les fresques. Pour les passionnés d’histoire, le lieu revêt une importance particulière : au Ve siècle, Augustin fut l’évêque d’Hippone et l’un des plus grands penseurs ayant jeté les bases de la théologie chrétienne primitive. Une partie de ses reliques y est d’ailleurs toujours conservée.

Hippo Regius, la "cité fossilisée"

Mais le panorama le plus spectaculaire demeure celui offert par la grande terrasse extérieure. Le regard embrasse alors la baie d’Annaba, d’un bleu profond. Au pied de la colline, les ruines antiques d’Hippo Regius reposent silencieusement parmi les arbres : vestiges d’une cité romaine autrefois florissante, aujourd’hui figée dans le temps, que nous rejoignons à pied pour la prochaine étape.

Hippo Regius, vestige millénaire au bord de la Méditerranée.

En quittant la colline pour pénétrer dans le site archéologique d’Hippo Regius, on a l’impression de feuilleter un livre vieux de deux millénaires. Jadis, ce lieu n’était pas un simple alignement de colonnes décoratives, mais l’un des ports les plus prospères de l’époque romaine.

Aujourd’hui, en marchant sur les larges dalles de pierre polies par le temps, entourés d’oliviers centenaires aux troncs noueux, il est facile d’imaginer l’effervescence d’autrefois. Le forum devait être un lieu bouillonnant où marchands et politiciens se réunissaient pour débattre. Non loin de là subsistent les vestiges du théâtre antique et des thermes romains. Plus fascinantes encore, les canalisations en terre cuite, restées intactes sous le sol, témoignent du degré de raffinement et du confort de cette civilisation.

Si le temps vous le permet, poussez la porte du musée d’Hippone voisin. Les mosaïques y sont admirablement conservées ; il faut les observer de près pour mesurer la patience et la virtuosité des artisans de l’Antiquité.

Entre littoral azur et vieille ville

Plages d’Annaba, parées d’un bleu turquoise cristallin.

En quittant Hippo Regius, nous longeons le murmure des vagues pour rejoindre le littoral. C’est à cet instant que je comprends pourquoi Annaba était surnommée autrefois "La Coquette" pour sa beauté enchanteresse.

Ici, le boulevard du front de mer échappe au bétonnage massif des complexes hôteliers et à la rigidité des plages privatisées. La mer y arbore un bleu cristallin, tandis que les vagues viennent caresser doucement le sable fin au pied des palmiers. La vie s’y écoule avec une simplicité désarmante : des familles se promènent main dans la main, des jeunes improvisent des matchs de football sur la plage, tandis que les anciens cherchent un coin d’ombre pour contempler le crépuscule.

Pourtant, le souvenir le plus marquant que je garde d’Annaba reste le rythme suspendu de sa vieille ville. Les avenues centrales y sont larges, bordées d’arbres centenaires dont les cimes s’entrelacent pour former une voûte végétale protectrice, filtrant le soleil ardent du littoral.

À Annaba, un thé à la menthe sous les arbres centenaires.

Douceur de vivre 

Sous cette ombre bienveillante, les terrasses de café ne désemplissent pas. Le week‑end, les habitants s’installent tranquillement autour de tables en fer forgé pour savourer un thé à la menthe brûlant. Le rituel du service - le thé versé de haut afin de créer une mousse généreuse - constitue un spectacle aussi habile que convivial. Les enfants, eux, réclament joyeusement une glace traditionnelle à leurs parents.

Ce jour‑là, le hasard nous a conduits vers un petit marché artisanal installé sous la canopée. On y trouvait une multitude de produits locaux : tapis berbères tissés à la main, bijoux d’argent finement ciselés ou encore flacons d’huile essentielle de fleur d’oranger au parfum enivrant. À la vue de visiteurs étrangers, les marchands nous ont accueillis avec de larges sourires et quelques "Bonjour" ou "Marhaban" chaleureux, dissipant aussitôt la timidité du voyageur.

Nous avons choisi une petite table, commandé un thé à la menthe et simplement regardé passer le monde. Cette escale à Annaba fut le point d’orgue idéal de notre périple au SITEV en Algérie. La ville ne cherche pas à impressionner par des gratte‑ciel ou des démonstrations tapageuses ; elle retient le voyageur par son hospitalité sincère et son incomparable douceur de vivre.

Texte et photos : Dang Huê/CVN

Rédactrice en chef : Nguyễn Hồng Nga

Adresse : 79, rue Ly Thuong Kiêt, Hanoï, Vietnam

Permis de publication : 25/GP-BTTTT

Tél : (+84) 24 38 25 20 96

E-mail : courrier@vnanet.vn, courrier.cvn@gmail.com

back to top