>> Mobilisation pour protéger les enfants à l’ère numérique
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| Avant la fin de l’année scolaire, de nombreux établissements scolaires ont collaboré avec l’Union de la jeunesse communiste Hô Chi Minh pour sensibiliser les élèves à la prévention des noyades. |
| Photo : CTV/CVN |
Plus que jamais, une mobilisation coor-donnée des autorités, des communautés locales et de l’en-semble des acteurs concernés est indispensable pour garantir aux enfants un été serein et sécurisé.
En juin, les enfants inaugurent leur rythme estival. Beaucoup fréquentent les maisons de la culture, s’aventurent sur des terrains laissés en friche, se rassemblent au bord des plans d’eau ou investissent les quartiers résidentiels pour faire du vélo, s’amuser ou disputer des parties de football.
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Dans les campagnes, rivières, ruisseaux et étangs se transforment en lieux de baignade improvisés où les enfants viennent chercher un peu de fraîcheur. En milieu urbain, à l’inverse, beaucoup restent confinés dans leurs appartements, les écrans occupant une place prépondérante dans leur quotidien. Cette réalité se répète chaque été, sans que les conséquences ne s’atténuent véritablement.
La noyade demeure l’une des principales causes de mortalité accidentelle chez les enfants au Vietnam. Selon les statistiques publiées régulièrement par le ministère de la Santé et les organismes compétents, environ 1.800 enfants en meurent encore chaque année dans le pays. Ce chiffre alarmant ne montre toujours pas de baisse durable, ce qui souligne l’urgence de mettre en œuvre des solutions globales et coordonnées.
L’Organisation mondiale de la santé (OMS) rappelle également que la noyade figure parmi les principales causes de décès chez les enfants et les adolescents dans le monde, alors que la plupart de ces drames pourraient être évités grâce à un environnement sécurisé et une surveillance appropriée.
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| L’apprentissage des gestes de premiers secours en cas de noyade est vital pour sauver des vies. |
| Photo : CTV/CVN |
Au delà des noyades, l’été est également marqué par une recrudescence des accidents de la circulation, des brûlures, des électrocutions, des chutes d’immeubles ainsi que d’autres accidents domestiques. Nombre de ces tragédies surviennent en l’espace de quelques instants, lorsque les enfants échappent à la vigilance des adultes.
L’UNICEF au Vietnam a rappelé à plusieurs reprises que ces accidents peuvent être considérablement réduits lorsque le dispositif de protection fonctionne efficacement à tous les niveaux : famille, école et communauté.
Dans les faits, ces drames ne s’expliquent pas uniquement par le manque de prudence des plus jeunes, mais aussi par les insuffisances du système de protection de l’enfance. Dans de nombreuses localités, les mineurs ne disposent pas d’aires de jeux sûres ni d’espaces communautaires adaptés, tandis que les parents doivent souvent travailler toute la journée. Cette situation limite la capacité de surveillance, en particulier dans les familles modestes, les régions rurales ou les zones industrielles.
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Face à ce constat, les autorités multiplient les mises en garde. Le ministère de la Santé a publié des directives invitant les localités à renforcer les mesures de prévention des accidents et des noyades durant les vacances d’été, notamment par l’identification des zones à risque, l’intensification des campagnes de sensibilisation et une vigilance accrue de la communauté.
Parallèlement, le Mois d’action pour les enfants 2026 est déployé à l’échelle nationale, avec pour priorité la création d’un environnement de vie sûr et bienveillant. Certaines localités, comme Hanoï, demandent à l’ensemble des communes et quartiers d’identifier les zones à risque, d’installer des panneaux d’avertissement près des plans d’eau et de renforcer l’éducation aux compétences de vie avant les vacances d’été.
Le système de communication “Pour les enfants” du ministère diffuse également et régulièrement des messages de prévention et des conseils pratiques. Les contenus publiés sur les réseaux sociaux s’articulent principalement autour de trois thématiques : la prévention des noyades, la sécurité domestique et la protection des mineurs dans l’environnement numérique.
Le message central reste clair : “Protéger les enfants ne consiste pas seulement à intervenir après un accident, mais à construire dès le départ un environnement sûr. Les petits ne peuvent assurer seuls leur propre protection ; cette responsabilité incombe aux adultes et à l’ensemble de la société”.
Nguyên Pham Duy Trang, représentante du ministère de la Santé, souligne qu’un été sécurisé pour les enfants ne peut être garanti qu’à travers l’implication coordonnée de quatre acteurs : la famille, l’école, la communauté et les autorités locales. Elle précise : “La famille constitue le premier rempart de protection, mais elle ne peut agir seule. L’école ne doit pas se limiter à clôturer l’année scolaire, elle doit également transmettre aux élèves des compétences de survie et de prévention des accidents avant les vacances. Les autorités locales doivent aménager des espaces sûrs, qu’il s’agisse de la gestion des plans d’eau, des chantiers ou de la création d’aires de jeux publiques. Quant à la communauté, elle doit devenir un véritable relais de vigilance, où chacun se sent responsable des enfants qui l’entourent”.
Certaines initiatives locales ont déjà démontré l’efficacité de cette approche coordonnée : cours de natation gratuits pour les enfants des régions fluviales organisés par les organisations de jeunesse, équipes de volontaires surveillant les zones à risque de noyade ou encore modèles de “quartiers sûrs pour les enfants” fondés sur la vigilance collective.
Toutefois, ces actions demeurent limitées et peinent à se transformer en un dispositif durable à l’échelle nationale.
Dans ce contexte, une nouvelle orientation tend à s’imposer : placer les enfants au cœur des politiques de développement. Il ne s’agit pas d’un simple slogan, mais d’une démarche concrète qui suppose l’aménagement d’espaces de loisirs adaptés dans les projets urbains, l’investissement dans des piscines communautaires, l’intégration des compétences de vie dans les programmes scolaires et la mise en place de dispositifs d’alerte dans les zones à risque.
THU HUONG/CVN




