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S’il est une ville brodée de fils d’or, aux murs de chaux blanche patinés par le temps et aux effluves marins, c’est Alger. Après des années de discrétion sur l’échiquier du tourisme international, la capitale algérienne entrouvre ses portes et se dévoile, prête à faire résonner une nouvelle symphonie : l’accord subtil entre l’élégance des héritages architecturaux français, la mémoire ottomane et le souffle vibrant de l’Afrique du Nord contemporaine.
Avant de pénétrer dans cette ville magnifique, il convient de marquer un temps d’arrêt pour réaliser que l’on s’apprête à fouler le plus grand pays d’Afrique, s’étendant sur près de 2,4 millions de kilomètres carrés.
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| La cuisine algérienne se caractérise par une richesse tirée de la production terrestre et marine. |
Stratégiquement située en Afrique du Nord, l’Algérie s’ouvre au nord sur la Méditerranée avec plus de 1.200 km de côtes, tandis que la majeure partie de son territoire méridional est embrasée par le mythique désert du Sahara. Ce pays est une somptueuse synthèse de contrastes géographiques : des plaines côtières verdoyantes aux dunes de sable doré ondulant à l’infini, en passant par les sommets majestueux de l’Atlas. C’est précisément cette immensité et cette diversité qui font de l’Algérie une énigme fascinante réservée aux voyageurs épris d’absolu, désireux de s’affranchir des sentiers battus du tourisme de masse.
Si l’Algérie était un roman, Alger en serait le prologue le plus flamboyant. Notre vol se pose à l’aéroport international Houari Boumédiène un matin de mai, à 09h00. À peine sortis de l’avion, nous nous attendons instinctivement à la chaleur étouffante de l’Afrique du Nord. Pourtant, Alger nous accueille avec une générosité désarmante : une brise méditerranéenne salvatrice et un ciel d’azur d’une pureté cristalline. Sous cette voûte céleste, la blancheur immaculée des édifices de style colonial français (style Jonnart) s’aligne le long des boulevards, offrant un contraste saisissant avec le bleu profond de la baie.
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| Alger : un patrimoine aux multiples visages. |
Depuis les vitres de notre véhicule qui file vers le centre-ville, Alger se dévoile, vibrante d’une énergie contagieuse. En bas, le flot du trafic bat son plein ; en haut, les oiseaux marins planent librement dans les airs. La ville entière semble alors baignée d’une lumière ambrée, presque miellée, qui scintille sur l’eau. Au fil des avenues sinueuses qui épousent le littoral, la capitale se dessine comme une toile architecturale harmonieuse, suspendue entre le romantisme européen et les mystères du monde arabe.
Pourtant, chose surprenante, Alger n’inflige jamais cette sensation d’oppression ou de cohue propre aux mégapoles de plus de 3 millions d’habitants. Bien au contraire, il en émane une sérénité et une douceur de vivre uniques. Ici, le rythme s’apaise pour préserver intacts les sédiments de l’Histoire, sans pour autant ralentir le cœur battant du centre politique et économique du pays.
Notre visite coïncide avec le Salon international du tourisme et des voyages (SITEV 2026), une période où la ville semble vibrer d’un désir ardent de métamorphose, prête à s’offrir au regard des voyageur du monde entier.
Casbah : labyrinthe historique d’Alger
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| Casbah d’Alger, vieille ville fortifiée inscrite au patrimoine mondial de l’UNESCO depuis 1992. |
Fierté absolue d’Alger, la Casbah est une vieille ville fortifiée classée au patrimoine mondial de l’UNESCO depuis 1992. Vue de loin, elle s’apparente à une cascade de maisons blanchies à la chaux, dégringolant en gradins le long de la colline pour s’ouvrir sur la Méditerranée. À mesure que l’on s’enfonce dans ce labyrinthe, la cité antique se resserre jusqu’à se condenser en des ruelles d’une étroitesse stupéfiante. Certains passages sont si exigus qu’il suffit d’écarter légèrement les bras pour effleurer, des deux paumes, les murs de calcaire frais qui bordent le chemin. Pourtant, derrière cette promiscuité empreinte du passage des siècles, le visiteur est d’emblée conquis par une réalité vibrante : sur cette toile blanche séculaire, des pans de murs aux teintes modernes et des portes chatoyantes, habilement sublimés par les habitants, insufflent à ce lieu patrimonial un élan contemporain des plus captivants.
Remontant le fil du temps, la Casbah fut autrefois le centre du pouvoir à l’époque ottomane, avant de devenir le symbole d’une résistance farouche durant la guerre d’indépendance algérienne. Aujourd’hui, ses mosquées anciennes et ses petites places préservent en silence les stigmates de ces multiples soubresauts historiques. Flâner à travers la Casbah suscite une nostalgie profonde, une immersion totale dans ce qui s’apparente à un vieux film méditerranéen, où chaque marche de pierre semble abriter la mémoire de plusieurs siècles d’histoire.
C’est précisément cette atmosphère intemporelle qui suscite l’émerveillement des voyageurs. “Oh, c’est absolument magnifique ! En marchant au cœur de la Casbah, j’ai l’impression de m’être égaré dans un chef-d’œuvre du cinéma classique“, confie Yuichi Iwasaki, un touriste japonais, lorsqu’on l’interroge sur ses impressions.
De fait, se perdre dans ces ruelles pavées s’avère être une expérience qui éveille tous les sens. Les chemins se faufilent sous des balcons en fer forgé de style ottoman et le long de façades patinées par les éléments, là où les rayons du soleil traversent les auvents pour venir danser sur les pavés polis par le temps. Au cœur de ce sanctuaire historique, la vie suit son cours, paisible : les éclats de rire des enfants, l’odeur du pain chaud tout juste sorti du four et les effluves de thé à la menthe s’échappant des fenêtres lilliputiennes dessinent les contours d’une oasis de sérénité, suspendue hors du tumulte de la capitale.
Notre-Dame d’Afrique : phare spirituel de la cité
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| Basilique Notre-Dame d’Afrique, l’un des joyaux architecturaux d’Alger. |
Délaissant la mélancolie historique de la Casbah, nous gravissons la colline en direction de la basilique Notre-Dame d’Afrique, véritable phare spirituel de la cité.
Érigé au XIXe siècle sous l’ère française, l’édifice trône fièrement sur les hauteurs, dominant l’immensité de la baie. L’œuvre impressionne par son architecture romano-byzantine singulière, subtilement teintée d’influences mauresques nord-africaines. Depuis le vaste parvis de la basilique, le regard embrasse toute la “ville blanche” qui s’étire avec élégance le long d’une mer d’un bleu azur, enveloppée d’une protection divine qui traverse les siècles.
Il y a une magie à Alger qui captive instantanément le cœur de tout voyageur : cette dualité fascinante entre deux mondes qui s’entrelacent naturellement dans le quotidien.
En flânant le long des larges avenues ombragées par les palmiers, en observant les terrasses de café nichées sous des immeubles couleur crème aux balcons de fer forgé ciselé, on se croirait volontier dans une paisible artère du Sud de la France. Pourtant, il suffit de bifurquer au hasard d’une ruelle menant à un marché local pour que l’atmosphère chaleureuse du monde arabe s’empare de nos sens. Ici, ce sont des éclats de voix animés ; là, le parfum entêtant du cumin et de la cannelle mêlé à la fumée des étals de grillades en plein air, ou encore les sourires bienveillants des anciens vêtus de leur burnous traditionnel, conversant autour d’un verre de thé fumant.
Djamaa El-Djazaïr, symbole d’un avenir radieux
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| Djamaa El-Djazaïr, nouveau symbole des aspirations et de l'avenir d'Alger. |
Pour ressentir pleinement le pouls d’une Alger qui s’ouvre avec assurance au monde, notre périple nous conduit vers la Grande Mosquée d’Alger, Djamaa El-Djazaïr.
Dressée face à la mer, couronnée par le plus haut minaret du monde qui s’élance vers le ciel, cette œuvre titanesque est devenue le symbole de fierté d’Alger au XXIᵉ siècle. À l’opposé des détails ciselés et patinés de la Casbah, Djamaa El-Djazaïr impose une architecture minimaliste mais monumentale, d’une majesté grandiose.
Lorsque le crépuscule s’installe et que l’on se hisse au 40ᵉ étage du minaret, un panorama saisissant s’offre à nous : la ville s’illumine peu à peu, révélant les battements de cœur d’une nation nord-africaine en marche vers une ère nouvelle, celle du développement, de l’ouverture et du désir ardent de se relier aux cinq continents.
Alger n’est pas une destination lissée par l’industrie du divertissement. Son magnétisme réside dans son authenticité brute : dans les murs fiers et usés de la Casbah, dans l’azur infini de la Méditerranée et dans l’hospitalité désintéressée de son peuple.
Pour qui cherche une terre préservée des dérives commerciales, un lieu où l’histoire respire encore au rythme des vagues, Alger est une promesse. Ici, la Méditerranée ne se contente pas de rencontrer le monde arabe : elle offre une douceur de vivre profonde, capable de toucher la part la plus intime de l’âme de chaque voyageur.
Cette œuvre architecturale moderne devient ainsi le point d’orgue de notre exploration. Alors que le soleil commence à décliner sur la baie, Alger ne se contente plus de cultiver ses secrets : elle s’affirme avec éclat comme la nouvelle perle de la Méditerranée, vibrante, fière et résolument ouverte sur le monde.
Texte et photos : Dang Huê/CVN







