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| Le "bánh mì chao". |
| Photo : CTV/CVN |
Sous le soleil de l’automne new-yorkais, des dizaines de clients patientent parfois plus d’une heure sur le trottoir pour obtenir une table chez Phê, un restaurant vietnamien devenu viral sur les réseaux sociaux. Ouvert depuis quelques mois seulement, l’établissement attire les foules grâce à une spécialité encore peu connue aux États-Unis : le bánh mì chao, une version généreuse et conviviale du sandwich vietnamien servi dans une poêle en fonte brûlante.
En juin dernier, la rubrique gastronomique de The New York Times a consacré l’enseigne parmi les adresses les plus remarquées du moment dans la métropole américaine. Depuis, les files d’attente s’étirent régulièrement sur une partie du pâté de maisons.
Une attente qui en vaut la peine
Installée aux États-Unis depuis une dizaine d’années, Phuong Trân, originaire de Hanoï, s’est déjà rendue à deux reprises chez Phê. Consciente de la popularité du lieu, elle est arrivée quarante-cinq minutes avant l’ouverture lors de sa première visite, accompagnée d’une amie américaine. Malgré cette avance, elles ont attendu plus d’une heure avant d’être installées.
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| Le "bánh mì chao". Photo : CTV/CVN |
“À New York, faire la queue n’a rien d’exceptionnel. Mais j’ai été surprise par l’ampleur de l’affluence. Les clients occupaient presque la moitié de la rue. Malgré la chaleur, tout le monde patientait dans la bonne humeur”, raconte-t-elle.
Une fois à l’intérieur, les visiteurs découvrent un décor inspiré des restaurants populaires vietnamiens : petites chaises en plastique, murs de briques apparentes, grilles métalliques et cuisine ouverte en inox. Une atmosphère qui tranche avec celle des établissements branchés de Manhattan.
La vedette reste cependant l’assiette. Servi dans une poêle fumante, le bánh mì chao réunit œufs au plat à cœur coulant, bœuf grillé, pâté de porc vietnamien (cha lua), pâté, fromage fondu, légumes marinés et concombre, le tout accompagné d’un pain croustillant.
“La saveur est étonnamment proche de celle que l’on retrouve au Vietnam. Le pain, la viande, le pâté, le fromage : tout rappelle les petits-déjeuners de Hanoï”, estime Phuong Trân. Son amie américaine, qui découvrait le plat pour la première fois, a résumé son expérience d’une phrase : “L’attente en valait largement la peine”.
Derrière Phê se trouvent le chef américain Jerald Head et son épouse vietnamienne Nhung Dào, déjà connus des amateurs de cuisine vietnamienne à New York grâce à leur restaurant Mam NYC.
L’établissement s’est imposé comme une référence locale avec son bún dâu mam tôm (vermicelles de riz, tofu frit croustillant et sauce forte à la pâte de crevette violette) et son décor évoquant les rues du Vietnam. De 2023 à 2026, il a figuré sans interruption dans la liste des cent meilleurs restaurants de New York établie par The New York Times.
Le célèbre critique gastronomique Pete Wells avait salué l’expérience immersive proposée par le restaurant. “Les clients mangent sur le trottoir, au milieu des passants et de la circulation. On se croirait à Hanoï”, écrivait-il alors.
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| Le "bún dâu mam tôm". |
| Photo : CTV/CVN |
Avec Phê, le couple a fait le choix d’un plat largement populaire au Vietnam mais encore méconnu du public américain. La carte s’articule presque entièrement autour du bánh mì chao et d’une sélection de boissons vietnamiennes : café salé, café à la noix de coco, thé au pandan, infusion de feuilles de jambosier à thé (Cleistocalyx operculatus) ou encore étonnant café relevé d’une pointe de sauce de poisson.
Recréer l’expérience vietnamienne
Pour préserver l’authenticité du plat, les propriétaires ont choisi de produire eux-mêmes une grande partie des ingrédients. Le pain, le pâté, la mortadelle vietnamienne et les sauces sont fabriqués sur place après de nombreux essais et ajustements.
Certains produits sont directement importés du Vietnam, notamment le poivre noir de Lâm Dông (Centre). Même les poêles en fonte et une partie de la vaisselle proviennent du pays afin de reproduire au plus près les conditions de service originales.
Sur les réseaux sociaux, de nombreux clients affirment avoir l’impression de “voyager au Vietnam” le temps d’un repas. Une formule de bánh mì chao coûte environ 28 dollars, tandis que les cafés sont proposés autour de 7,5 dollars, hors taxes et pourboire.
Pour Phuong Trân, le succès de Phê dépasse la simple mode culinaire. “J’ai essayé aussi bien le +bánh mì chao+ de Phê que le +bún dâu mam tôm+ de Mam. Ce sont probablement mes deux restaurants vietnamiens préférés à New York. Aujourd’hui, la gastronomie vietnamienne et la culture du café vietnamien connaissent un véritable essor dans la ville grâce à une nouvelle génération d’entrepreneurs”, dit-t-elle. Et de conclure : “Lorsqu’on vit loin de son pays, c’est une immense fierté de voir les étrangers découvrir et apprécier des spécialités vietnamiennes moins connues que le +pho+ ou le +bánh mì+ traditionnel”.
Linh Trang - Phuong Nga/CVN




