À la recherche des martyrs, 500 jours et nuits de mobilisation nationale

La Campagne des 500 jours et nuits mobilise l’ensemble du pays dans la recherche, le regroupement et l’identification des restes des martyrs. Au-delà d’une mission politique, elle exprime la reconnaissance de toute une nation envers ceux qui se sont sacrifiés pour la Patrie.

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La guerre s’est éloignée, mais l’espoir de retrouver un être cher demeure intact dans le cœur de millions de familles vietnamiennes. Pour beaucoup d’entre elles, le certificat "La Patrie reconnaissante" constitue encore le seul lien avec un proche disparu il y a plus d’un demi-siècle.

Campagne des 500 jours et nuits - chemin de la gratitude.

Fidèles à la tradition "Quand on boit de l’eau, on se souvient de sa source", le Parti, l’État, les ministères, les secteurs et les localités restent profondément attachés à la recherche et à l’identification des héros morts pour la Patrie. Le pays déploie tous ses efforts pour les ramener auprès de leurs familles. Car derrière chaque nom se cachent des mères, des pères, des épouses et des cadets, aujourd’hui aux cheveux blanchis, qui attendent inlassablement le retour d’un être cher, dans une douleur que le temps n’a jamais réussi à apaiser.


Chaque fois qu’il allume un bâton d’encens sur l’autel dédié à son frère aîné, le martyr Nguyên Dinh Mâu, l’ancien combattant Nguyên Dinh Tuyên, du hameau de Phu Thinh (commune de Xuân Lung, province de Phu Tho), ne peut retenir son émotion. Aîné d’une famille pauvre de sept enfants, Nguyên Dinh Mâu s’est porté volontaire pour rejoindre l’armée en avril 1966, à l’âge de 18 ans.

Ce n’est qu’après la réunification du pays que la famille a appris le sacrifice de Nguyên Dinh Mâu, tombé le 2 décembre 1968 sur le front du Sud. Depuis des décennies, Nguyên Dinh Tuyên parcourt les cimetières des martyrs de Quang Tri, Dà Nang, Hô Chi Minh-Ville et Tây Ninh dans l’espoir de retrouver la trace de son frère. Malgré tous les efforts de la famille, le lieu exact où repose le martyr Nguyên Dinh Mâu demeure inconnu.


La famille de Hà Thi Duyên, 99 ans, dans la commune de Tam Nông, province de Phu Tho, vit elle aussi dans une attente qui dure depuis près de soixante ans. Malgré son grand âge, elle n’a jamais cessé de penser à son mari, le martyr Phan Dinh Chanh.

Tombé au combat en 1968 lors d’un affrontement particulièrement meurtrier, il avait été inhumé par ses compagnons au cimetière de Bình Nhâm, dans l’ancien district de Bình Long. Depuis la fin de la guerre, ses descendants ont parcouru de nombreux cimetières à la recherche de son lieu de repos. En vain.


La Campagne des 500 jours et nuits a toutefois ravivé leur espoir. Au cimetière des martyrs de Bình Duong, une sépulture portant le même nom et la même année de décès que Phan Dinh Chanh a été retrouvée. Accompagnée par l’Association provinciale de soutien aux familles de martyrs, la famille a constitué son dossier, procédé aux vérifications nécessaires et engagé une expertise ADN.

"Ma mère a aujourd’hui 99 ans et sa santé décline de jour en jour. Son plus grand souhait est de connaître, avant de fermer les yeux, le lieu exact où repose mon père et de le ramener dans sa terre natale. Nous espérons simplement que les résultats de l’analyse ADN arriveront bientôt, afin qu’elle puisse enfin réaliser ce vœu attendu depuis près de soixante ans", a confié Phan Dinh Ân, fils du martyr.


Des histoires et des douleurs similaires existent partout dans le pays. Selon les statistiques, parmi les quelque 500.000 sépultures réparties dans plus de 3.000 cimetières de martyrs à travers le pays, un grand nombre comportent des informations erronées ou incomplètes.

Plus d’un demi-siècle après la guerre, les paysages ont profondément changé : reliefs, repères et végétation ont disparu ou ont été transformés. Retrouver les martyrs dans les forêts du Vietnam, comme au Laos et au Cambodge, demeure une tâche particulièrement ardue.


Même lorsque des restes sont retrouvés, leur identification par ADN exige des équipements de haute précision, des spécialistes hautement qualifiés pour interpréter les résultats et des réactifs répondant aux mêmes normes techniques.

Face à toutes ces difficultés, "la Campagne des 500 jours et nuits est une action d’une profonde noblesse, un appel du cœur et une responsabilité sacrée de l’ensemble du système politique et de tout le peuple envers ceux qui se sont sacrifiés pour la Patrie", a souligné le professeur associé, Dr Lê Quôc Lý, ancien directeur adjoint de l’Académie nationale de politique Hô Chi Minh.


Le Dr. Nguyên Viêt Chuc, ancien vice-président de la Commission de la culture, de l’éducation, de la jeunesse, des adolescents et des enfants de l’Assemblée nationale, rappelle lui aussi que, tout au long des guerres de résistance du Vietnam, des générations de Vietnamiens ont sacrifié leur vie pour l’indépendance, la paix, la réunification du pays et le bonheur des générations d’aujourd’hui.


"La Campagne des 500 jours et nuits ne se limite pas au regroupement des restes des martyrs. Plus profondément, elle constitue un pont de solidarité avec les familles des héros morts pour la Patrie, tout en ravivant la fierté nationale ainsi que la volonté et la détermination de préserver l’indépendance du pays en toutes circonstances", a-t-il estimé.

Pour le Dr. Nguyên Viêt Chuc, cette campagne invite la jeunesse d’aujourd’hui à mesurer le prix de la paix et à se souvenir du sacrifice des générations précédentes. Les soldats tombés pour la nation ne reposeront véritablement en paix que lorsque les générations suivantes poursuivront dignement leur héritage et uniront leurs efforts pour bâtir un Vietnam "plus prospère et plus beau", selon le vœu du Président Hô Chi Minh.


"La Campagne des 500 jours et nuits est avant tout une quête de l’esprit de responsabilité nationale dans le cœur de chaque citoyen. Elle invite chacun à s’interroger : vivons-nous à la hauteur du sacrifice de nos aînés et avons-nous suffisamment contribué à bâtir le Vietnam d’aujourd’hui ? Elle rappelle aussi avec force que la paix dont nous jouissons a été acquise au prix d’immenses sacrifices et offre l’occasion de raviver la mémoire de la tradition héroïque et indomptable du peuple vietnamien dans la défense de la Patrie", a ajouté le Dr Nguyên Viêt Chuc.

Vân Anh/CVN

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