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| Photo : VNA/CVN |
Le 3e plénum du Comité central du Parti du XIVe mandat a récemment adopté la Conclusion N°75, en date du 28 juillet 2026, sur la protection de l’environnement et l’adaptation proactive au changement climatique dans la nouvelle période. L’objectif est clair : faire de l’économie verte, circulaire et bas carbone un pilier du développement d’ici 2045, afin d’atteindre la neutralité carbone en 2050.
Dans ce contexte, l’agriculture vietnamienne s’oriente vers des modèles intelligents, à faibles émissions et adaptés aux aléas climatiques. Les phénomènes météorologiques extrêmes accentuent les risques de sécheresse et de maladies, tandis que les coûts des intrants continuent d’augmenter.
Parallèlement, les grands distributeurs européens et américains imposent des normes strictes en matière d’ESG (critères environnementaux, sociaux et de gouvernance), de traçabilité, de neutralité carbone, de résidus de pesticides et de responsabilité sociale. De nombreux acheteurs internationaux demandent également à leurs fournisseurs d’établir une feuille de route de réduction des émissions de carbone sur l’ensemble de la chaîne d’approvisionnement.
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| Photo : VNA/CVN |
Réduire les émissions agri-coles ne relève donc pas seulement d’un engagement environnemental : c’est aussi une condition pour améliorer la qualité de la croissance, renforcer la compétitivité et accroître la valeur ajoutée des produits vietnamiens.
Un exemple concret est le projet "Production à faibles émissions dans le secteur des cultures pour la période 2025-2035, avec vision à l’horizon 2050". Il encourage l’optimisation des engrais, de l’irrigation et des produits phytosanitaires, la valorisation des sous-produits agricoles et l’intégration des technologies numériques. Ces pratiques permettent de réduire les coûts, d’améliorer la fertilité des sols et d’augmenter la qualité des récoltes.
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Le projet "Développement durable d’un million d’hec-tares consacré à la riziculture spécialisée de haute qualité et à faibles émissions dans le Delta du Mékong" illustre cette ambition. "La transition doit concerner toute la chaîne de valeur, des semences à la commercialisa-tion, en passant par les pratiques culturales, la protection des cultures, la collecte, la transformation et la construction de marques", remarque Nguyên Thi Trà My, directrice générale du groupe PAN et présidente du conseil d’administration de la Société vietnamienne de semences Vinaseed. Elle souligne que "le développement des crédits carbone dans la riziculture constitue également une piste prometteuse pour les entreprises".
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| Modèle d’agrotourisme dans la province de Bac Ninh (Nord). |
| Photo : VNA/CVN |
Au-delà du Delta du Mékong, des initiatives similaires voient également le jour dans le Nord, notamment à Hai Phong, Hung Yên et Ninh Binh, lors de la campagne de printemps 2026, grâce au partenariat entre l’Institut international de recherche sur le riz (IRRI), les localités et les entreprises.
Parallèlement à l’évolution des pratiques culturales, la transition verte passe aussi par une réorganisation de la production. Face à la sécheresse, à l’intrusion saline, aux inondations, à la pénurie de main-d’œuvre et à la hausse des coûts des intrants, la mécanisation intelligente apparaît comme une solution incontournable.
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| Culture maraîchère sous serre développée par l’Université de Trà Vinh (Sud), offrant des rendements élevés et des produits de qualité. |
| Photo : VNA/CVN |
"Pour la période 2026-2035, il est nécessaire de passer d’une mécanisation limitée à chaque étape de la production à une mécanisation intelligente intégrée à l’ensemble de la chaîne de valeur", estime Lê Viêt Binh, chef adjoint du Bureau du ministère de l’Agriculture et de l’Environnement. Selon lui, "les machines sont les outils, les données le socle, la transformation numérique le moteur, les coopératives le noyau, et l’agriculture verte l’objectif ultime".
Pour Lê Quôc Thanh, directeur du Centre national de vulgarisation agricole, l’efficacité repose sur une intégration complète. "Au-delà des machines, il est nécessaire de mettre en place des plateformes numériques, d’exploiter l’intelligence artificielle et le big data, ainsi que des systèmes de suivi et de mesure des émissions. L’enjeu est de passer d’une production fondée sur l’expérience à une production pilotée par les données".
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Afin de valoriser cette transition, le ministère de l’Agriculture et de l’Environnement prévoit la création d’une marque "faibles émissions" pour les productions phares : riz, café, fruits et légumes. Ce label accroîtra la valeur ajoutée, renforcera la traçabilité et l’accès aux marchés haut de gamme, tout en construisant l’image de produits agricoles vietnamiens "verts, à faibles émissions et responsables".
Le vice-ministre Dang Ngoc Diêp affirme : "Il faut une production plus proactive, adaptée aux conditions climatiques et aux besoins du marché. Le ministère accompagne également les localités dans l’ajustement de la structure des cultures et la reconversion des terres rizicoles peu performantes vers des productions à plus forte valeur économique, adaptées aux conditions de chaque région".
Vân Anh/CVN








