>> ADN : l’identification des martyrs s’accélère
>> À Thanh Hoa, la campagne d'identification des martyrs se poursuit
>> Hai Phong accélère l’identification des martyrs inconnus
![]() |
| Une proche de martyrs fournit des échantillons biologiques destinés à une analyse ADN. |
| Photo : VNA/CVN |
Né en 1951, le soldat mort pour la Patrie Nguyên Van Yên (originaire du hameau de Dan Hôi, dans la commune de Dân Chu, district de Hung Hà, ancienne province de Thai Binh) s’est engagé dans l’armée en décembre 1970, à l’âge de 18 ans. Il est mort le 31 août 1971 sur le front du Sud.
Plus d’un demi-siècle s’est écoulé, mais Nguyên Thi Minh, la sœur du soldat mort pour la Patrie, se souvient encore du jour où elle a fait ses adieux à son jeune frère. "Lorsqu’il a franchi le portail de la maison, nous nous sommes regardés en pleurant", confie-t-elle.
Ce jour-là, son jeune frère quitta la maison avec un bagage léger. Avant de partir, il adressa une seule demande à Mme Minh : "Prenez soin de nos parents." À l’époque, le jeune Nguyên Van Yên avait une fiancée. Après l’annonce de sa mort au combat, sa fiancée a restitué les présents de fiançailles avant de refaire sa vie. Durant toutes ces décennies, Mme Minh nourrit un seul espoir : retrouver les restes de son frère.
Lorsque Nguyên Van Yên est parti pour le front, son frère cadet, Nguyên Van Hàn, n’avait que 14 ans. "Depuis plus d’un demi-siècle, notre famille vit avec un vide laissé par son absence. Notre plus grand souhait est de retrouver l’endroit où repose notre frère", confie M. Hàn. Au fil des années, la famille s’est rendue à plusieurs reprises dans les anciennes provinces méridionales de Binh Duong, Bà Ria-Vung Tàu et Tây Ninh pour retrouver les restes du martyr. Mais toutes ces recherches sont restées vaines.
La "Campagne des 500 jours et nuits pour retrouver, identifier et rapatrier les martyrs disparus" s’ouvre aujourd’hui à de nouveaux espoirs. Dans le cadre de cette campagne, le ministère de la Police a lancé, en coordination avec les ministères de l’Intérieur, de la Défense et de la Santé, ainsi qu’avec les autorités locales, une campagne de prélèvement de 250.000 échantillons d’ADN auprès des proches des soldats morts pour la Patrie dont l’identité n’a pas encore été établie.
L’objectif est de constituer une banque nationale de données ADN destinée à faciliter les comparaisons génétiques et l’identification des restes des soldats morts pour la Patrie dont l’identité demeure inconnue.
Malgré de nombreuses difficultés, les forces compétentes ont multiplié les efforts pour mener cette campagne à bien. Les équipes se sont notamment rendues au domicile des familles et jusque dans les hôpitaux afin d’effectuer les prélèvements auprès des proches âgés ou en état de santé fragile.
Chaque échantillon recueilli représente bien plus qu’une simple donnée scientifique. Il porte l’espoir de rendre un nom à un soldat mort pour la Patrie, de lui permettre de retrouver sa famille et sa terre natale, tout en perpétuant la tradition vietnamienne de reconnaissance envers celles et ceux qui ont sacrifié leur vie pour la Patrie.
Les larmes aux yeux, Mme Minh serre entre ses mains le rapport d’identification par ADN transmis à sa famille. Les analyses ont confirmé que l’échantillon génétique fourni par les membres de sa famille correspondait à celui des restes d’un soldat inhumé au Cimetière national des soldats morts pour la Patrie de Duc Co, dans la province de Gia Lai.
"Notre famille adresse ses plus sincères remerciements au Parti, à l’État, ainsi qu’aux organismes et aux unités qui nous ont accompagnés dans cette quête de notre proche. Notre gratitude est infinie", confie Mme Minh, très émue.
Vân Anh/CVN



