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| Photo : WB/CVN |
Trente ans après l'ouverture officielle de la Délégation générale Wallonie-Bruxelles à Hanoï, quel bilan tirez-vous de ce parcours de coopération avec le Vietnam ?
Trente ans ont passé, et nous en tirons un bilan particulièrement positif, marqué par une vitalité remarquable et une confiance mutuelle jamais démentie. Pour illustrer la densité de ces relations, quelques chiffres significatifs méritent d'être rappelés : au cours de ces trois décennies, nous avons organisé 42 visites officielles de très haut niveau qui ont permis d'ancrer profondément le partenariat entre la Belgique francophone et le Vietnam. Sur le plan opérationnel, nous avons financé plus de 900 projets de coopération académique, scientifique et culturelle, accordé plus de 1.000 bourses d'études et de recherche à des étudiants, chercheurs et professeurs vietnamiens, et comptabilisé plus de 2.000 missions d'experts dans les deux sens. Ces chiffres témoignent de la vitalité et du dynamisme de notre coopération au cours des trois dernières décennies.
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| Photo : VNA-WB/CVN |
Parmi les nombreux projets développés depuis 30 ans, quels sont ceux qui illustrent le mieux les domaines privilégiés de cette coopération ?
Parmi cette multitude d'initiatives, le projet qui incarne sans doute le mieux l'impact concret de notre action est notre contribution majeure au développement du réseau de médecine de famille au Vietnam. Lancé depuis 2005, ce programme a réussi l'exploit de rassembler la quasi-totalité des universités de médecine et de pharmacie du pays autour d'un objectif prioritaire : renforcer la médecine préventive et l'accès aux soins de proximité. Ce projet n'a cessé d'évoluer et a profondément influencé le cadre réglementaire vietnamien, puisque la médecine de famille y est désormais pleinement reconnue comme une discipline médicale officielle. C'est une grande fierté pour nous d'avoir accompagné cette avancée sanitaire historique.
Un autre partenariat emblématique est celui établi dans le domaine de la formation des professeurs de français, notamment entre l'Université de Hanoï et plusieurs universités belges francophones. Il constitue une contribution concrète à la promotion de la langue française au Vietnam.
Enfin, la culture occupe une place historique dans notre coopération. Notre partenariat avec le Vietnam a d'ailleurs commencé par un accord dans ce domaine. Nous avons ainsi contribué à certains événements culturels importants qui se poursuivent encore aujourd'hui, comme le Festival du film documentaire Europe - Vietnam.
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| Initié depuis 2005, le projet de médecine de famille a fédéré les universités médicales vietnamiennes et permis la reconnaissance officielle de cette discipline dans le pays. |
| Photo : WB/CVN |
Ainsi, la culture semble constituer un véritable trait d'union entre les deux parties, tandis que la langue française occupe une place fondamentale dans nos échanges. Donc, en tant que président de l'EUNIC et du GADIF, selon vous, quel rôle la culture peut-elle jouer dans le renforcement de la compréhension mutuelle et dans la promotion de la Francophonie au Vietnam ?
La culture a toujours été la clé de voûte et le point de départ de nos relations bilatérales. En effet, notre tout premier accord de coopération signé avec le Vietnam portait précisément sur le domaine culturel. La culture est un formidable vecteur de rapprochement qui suscite un sentiment profond de confiance, de respect et d'amitié. Elle nous sert d'outil pour valoriser toute la diversité de l'espace francophone, mais aussi de l'espace européen lorsque nous collaborons avec nos collègues de l'EUNIC (European Union National Institutes for Culture - Réseau des instituts culturels nationaux de l'Union européenne). Dans toutes nos démarches, nous veillons toujours à associer étroitement les artistes, créateurs et auteurs vietnamiens pour favoriser un véritable dialogue interculturel. C'est le cas par exemple avec le Festival du film documentaire Europe - Vietnam, un événement phare que nous avons contribué à créer et dont la prochaine édition se tiendra en septembre.
Par ailleurs, dans le domaine éducatif, notre engagement en faveur de la francophonie est indéfectible. Nous entretenons un partenariat historique et extrêmement pérenne entre l'Université de Hanoï (HANU), le département de français de l'Université de l'Éducation (ULIS) et plusieurs universités belges francophones pour former les professeurs de français.
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| Photo : WB/CVN |
Pour la prochaine étape de cette coopération, quelles nouvelles priorités et quels nouveaux piliers souhaitez-vous développer ?
Notre feuille de route pour la période à venir s'aligne pleinement sur les grandes mutations mondiales et les priorités nationales du Vietnam. Les objectifs de développement durable (ODD) fixés par les Nations unies demeurent le fil rouge absolu de l'ensemble de nos programmes. Cependant, la transformation numérique et la digitalisation de la société sont désormais abordées de façon transversale dans tous nos projets de recherche et d'innovation.
Concrètement, nous entendons mettre en œuvre rapidement plusieurs accords majeurs récemment signés, notamment dans le domaine de la recherche scientifique et technique à l'issue de la visite d'État de l'année dernière, mais aussi dans le secteur du sport. Un autre axe majeur est celui de l'employabilité des jeunes. Nous voulons adresser un message fort à la jeunesse vietnamienne en adaptant nos programmes aux besoins réels du marché du travail actuel. Il s'agit de garantir que la formation universitaire et la recherche appliquée débouchent directement sur des opportunités professionnelles concrètes et durables, tout en favorisant l'entrepreneuriat des jeunes.
Pour répondre à ces ambitions, comment prévoyez-vous de faire évoluer vos modes d'action auprès des universités, des instituts de recherche et de la jeunesse vietnamienne ?
Nous devons faire évoluer le concept même de la coopération internationale. La Délégation Wallonie-Bruxelles ne doit plus se limiter à un rôle classique de bailleur de fonds, mais devenir un véritable facilitateur et une interface proactive. Notre mission est d'aller au-devant des universités, des hautes écoles, des centres de recherche et des entreprises pour les mettre en réseau. L'objectif est de les inciter à élaborer des programmes d'études et des diplômes conjoints, pleinement reconnus en Belgique comme au Vietnam.
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| Wallonie-Bruxelles soutient activement la communauté francophone au Vietnam, en tissant une étroite collaboration avec les établissements du pays. |
| Photo : WB/CVN |
Dans cette optique de modernisation, nous mettons également l'accent sur la structuration du réseau des alumni vietnamiens ayant étudié en Belgique francophone. Nous sommes extrêmement fiers de leurs parcours, et leur rassemblement en un réseau dynamique constituera un levier formidable pour guider les nouvelles générations. Enfin, en lien étroit avec les missions économiques de l'AWEX basées à Hô Chi Minh-Ville, nous souhaitons soutenir davantage les jeunes entrepreneurs et les start-ups vietnamiens plutôt que de cibler uniquement des entreprises déjà solidement implantées. L'efficacité de nos actions repose sur notre capacité à être plus agiles, plus proactifs et toujours en phase avec les secteurs de pointe.
S'agissant du renforcement de la francophonie au Vietnam, de quelles manières comptez-vous concrétiser les engagements récents, notamment auprès des plus jeunes publics ?
Un projet particulièrement ambitieux pour les années à venir réside dans la mise en œuvre de la déclaration d'intention de Quy Nhon, axée sur la promotion du français dans le système éducatif vietnamien. Jusqu'à présent, notre coopération s'articulait essentiellement autour de l'enseignement supérieur et universitaire. Désormais, nous souhaitons élargir notre spectre aux établissements d'enseignement primaire et secondaire.
Nous savons pertinemment que plus l'apprentissage d'une langue étrangère commence tôt, plus les enfants l'assimilent naturellement et durablement. Pour réussir ce virage vers les jeunes apprenants, nous entendons travailler en synergie totale avec l'ensemble des partenaires de la francophonie présents sur le territoire. L'Ambassade de France fait déjà un travail formidable avec le réseau LabelFranceÉducation, qui ouvre une voie précieuse. En associant nos efforts avec des institutions comme l'Organisation internationale de la Francophonie (OIF), l'Agence universitaire de la Francophonie (AUF) et l'ensemble des ambassades membres du GADIF, nous pourrons créer un écosystème éducatif dynamique et attractif pour la jeunesse vietnamienne.
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| Photo : Hông Anh - WB/CVN |
Pour conclure cet anniversaire marquant, quel message souhaitez-vous adresser à vos partenaires et amis vietnamiens qui ont accompagné ces trois décennies ?
Lorsque je contemple ces trente années de partenariat entre Wallonie-Bruxelles et le Vietnam, un mot me vient immédiatement à l'esprit : merci. Merci du fond du cœur à tous nos chers partenaires et amis vietnamiens pour leur engagement indéfectible, leur rigueur et leur enthousiasme à faire grandir cette coopération bilatérale. Si nous pouvons célébrer aujourd'hui des résultats aussi fructueux dans la santé, l'éducation, la science et la culture, c'est grâce à cette volonté partagée d'avancer ensemble.
Sur un plan plus personnel, je tiens à exprimer ma profonde gratitude pour l'accueil toujours extrêmement chaleureux, bienveillant et amical qui m'a été réservé depuis mon arrivée. La générosité du peuple vietnamien et la qualité de nos relations humaines resteront gravées à jamais dans mon cœur et ma mémoire. Xin cảm ơn !
Propos recueillis par Hông Anh/CVN








