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| Le bánh pía est fabriqué artisanalement en plusieurs étapes à la pâtisserie Triêu Minh Hiêp. |
| Photo : TT/CVN |
Dans un marché où les spécialités de la mi-automne se diversifient, les pâtisseries des Hoa (Vietnamiens d’origine chinoise) continuent de préserver leurs recettes familiales, leurs ingrédients traditionnels et des saveurs transmises au fil des décennies. Pour de nombreux foyers, ces douceurs demeurent des présents incontournables à offrir aux proches lors de la pleine lune du 8e mois lunaire.
Parmi les enseignes anciennes de Chợ Lớn, Triêu Minh Hiêp aborde la saison de manière singulière. La boutique ne confectionne pas les traditionnels bánh nướng (gâteaux farcis) ni bánh dẻo (gâteaux de riz gluant), mais concentre son savoir-faire sur le bánh pía - spécialité teochew à base de durian, haricots mungo et jaunes d’œufs de canard salés.
Des recettes héritées
Triêu An, représentant de la troisième génération, rappelle que la pâtisserie familiale existe depuis près de 80 ans. Dans les années 1940, sa famille vendait encore des confiseries ambulantes avant d’ouvrir sa première boutique en 1948. Depuis, le savoir-faire s’est transmis de génération en génération.
Le bánh pía, avec sa pâte feuilletée en couches, ses garnitures de taro ou de haricot mungo et son jaune d’œuf salé, reste le produit phare. La plupart des étapes sont encore réalisées à la main, les premières fournées sortant du four vers 09h00 du matin.
"Le plus difficile, c’est de préserver la saveur propre à la famille. Les machines peuvent nous aider pour certaines étapes, mais beaucoup d’opérations doivent encore être faites à la main pour obtenir le gâteau que nous voulons", explique-t-il.
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| La vente de pâtisseries traditionnelles bat son plein à Chợ Lớn à l’approche de la Fête de la mi-automne. |
| Photo : TH/CVN |
Bien que le bánh pía ne soit pas traditionnellement associé à la mi-automne, il demeure une douceur incontournable pour les familles d’origine teochew. Certains l’achètent pour le partager en famille, d’autres pour l’offrir à leurs proches.
Durant la saison festive, la fréquentation de Triêu Minh Hiêp augmente sensiblement : les habitués de Hô Chi Minh-Ville passent commande à l’avance, tandis que des envois sont destinés à Hanoï, Hai Phong (Nord), au Centre et au Delta du Mékong. La boutique n’utilisant pas de conservateurs, les clients privilégient les gâteaux fraîchement sortis du four, afin de les déguster dans toute leur fraîcheur.
Un savoir-faire familial bien ancré
Dans cette pâtisserie, certains artisans travaillent depuis plusieurs décennies, pétrissant la pâte, préparant les garnitures et façonnant les gâteaux. La jeune génération prend progressivement le relais : le fils, né en 1998, s’occupe des ventes et du marketing, développant la présence des produits sur les réseaux sociaux pour toucher davantage de jeunes consommateurs.
Chez Quang Nguyên Long, qui exerce depuis 65 ans, la fabrication repose également sur un savoir-faire transmis presque exclusivement au sein de la famille. Des techniques de confection aux moules, en passant par les modèles de boîtes, de nombreux éléments anciens ont été préservés. L’établissement ne cherche pas la production de masse et travaille principalement sur commande. Les spécialités, vendues au fur et à mesure de leur sortie du four, restent fidèles aux saveurs familières : taro, noix de coco, garnitures mixtes ou encore version au poulet rôti.
"Je les prépare comme je les aime moi-même. Travailler à la mesure des capacités de la famille est certes difficile, mais les gâteaux sont toujours frais à la sortie du four, ce qui rassure aussi les clients", confie Trân Lê Phuong, propriétaire de Quang Nguyên Long.
Entre tradition et nouveauté gourmande
Dông Ky figure parmi les adresses prisées des habitués à chaque saison. Quang Huy, représentant de l’établissement, indique que sa famille exerce ce métier depuis plus de 30 ans. Son père, d’origine teochew, avait élaboré ses propres recettes avant d’ouvrir la pâtisserie en 1990.
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| Saveurs de la Fête de la mi-automne à Chợ Lớn. |
| Photos : TH/CVN |
Les gâteaux y sont confectionnés selon des méthodes tradition-nelles, avec une attention particulière portée aux ingrédients naturels. Les saveurs classiques - mélange traditionnel, noix de coco, haricot mungo - restent les plus demandées.
Cette année, Dông Ky innove avec une version à l’ananas et une autre au taro. Selon Huy, ces nouvelles saveurs élargissent le choix des jeunes clients sans remplacer les recettes auxquelles les fidèles restent attachés. La garniture à l’ananas offre une saveur aigre-douce et un parfum fruité marqué, tandis que celle au taro séduit par sa douceur fondante. L’établissement cherche ainsi à renouveler son offre tout en préservant l’identité de ses saveurs traditionnelles.
À chaque saison de la mi-automne, la pâtisserie prépare également de petites lanternes pour les enfants. Tandis que les adultes choisissent des gâteaux à offrir ou à partager, ces lumières contribuent à animer l’atmosphère devant l’établissement et ravivent les souvenirs des fêtes d’autrefois.
À Chợ Lớn, les anciennes pâtisseries continuent de faire rougeoyer leurs fours à chaque mi-automne. Derrière ces spécialités se dessine une histoire plus profonde : celle de la préservation d’une saveur, d’une tradition et d’un savoir-faire familial transmis au fil des décennies.
Quê Ánh/CVN




