>> L’Algérie déploie sa vitrine du tourisme durable en 2026
>> Alger, un "diamant" brut au bord de la mer Méditerranée
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| Vue aérienne de la ville d'Oran en Algérie. |
Si Alger s’impose avec la majesté d’une reine blanche, Oran, elle, cultive l’allure d’une bohème insouciante au bord de la Méditerranée. Située à quelque 430 km à l’ouest de la capitale, la deuxième plus grande ville portuaire du pays jouit d’une position stratégique unique, au carrefour de trois civilisations : africaine, européenne et arabe. C’est précisément cette singularité qui a fait le charme irrésistible de “La Radieuse”, une métropole où le dynamisme contemporain s’entremêle harmonieusement aux strates mémorielles des époques espagnole, ottomane et coloniale française.
Symphonie architecturale Orient-Occident
À 10h00, Oran s’éveille sous une lumière éclatante. L’atmosphère, sèche et rafraîchie par une brise marine constante, adoucit la rigueur du soleil nord-africain. Le voyage au cœur de la “Cité radieuse” débute sur la place du 1er-Novembre, véritable poumon urbain et miroir de la vie sociale oranaise.
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| Place du 1er Novembre, véritable poumon urbain et miroir de la vie sociale oranaise. |
Au centre de cette vaste esplanade baignée de lumière, l’Hôtel de Ville se dresse avec la magnificence de l’architecture européenne classique. L’édifice se distingue par sa façade symétrique, ses volumes de pierre gris-blanc patinés par le temps, et ses deux célèbres lions de bronze qui trônent majestueusement devant l’entrée, symboles de pouvoir et d’ordre urbain.
L’une des particularités d’Oran réside dans l’empreinte française, encore omniprésente le long des grandes artères telles que les boulevards de la Soummam ou de l’ALN. Les immeubles de style haussmannien - emblématiques du Paris du XIXe siècle - s’y succèdent, dévoilant des balcons en fer forgé finement ciselés, des fenêtres symétriques et des façades de couleur crème d’une grande élégance. Ce classicisme saisissant donne aux voyageurs l’illusion troublante de flâner en plein “ Petit Paris”, version méditerranéenne.
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| Boulevards de la Soummam à Oran. |
“J’ai été véritablement surprise en arrivant à Oran. C’est une ville à la fois historique et profondément romantique”, confie une touriste européenne au détour d’une promenade près de la place centrale. Selon elle, si Oran conquiert le cœur des visiteurs, ce n’est pas seulement pour la beauté de ses lignes architecturales ou la douceur de son climat, mais surtout pour la chaleur de ses habitants : “Les gens sont d’une hospitalité remarquable. Malgré la barrière de la langue, ils ont toujours le sourire aux lèvres et sont prompts à vous aider”.
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| Gare de Karguentah, joyau de style néo-mauresque. |
En quittant la place, la déambulation mène au Théâtre d’Oran et son architecture baroque somptueuse, avant de faire halte devant la gare de Karguentah, joyau de style néo-mauresque. Ses larges coupoles, ses motifs islamiques raffinés et ses tons ocre confèrent à cet édifice des airs de palais royal plutôt que de simple station ferroviaire.
Les fastes des sédiments historiques
Pour saisir l’épaisseur historique de cette terre, une visite au Musée national Ahmed Zabana s’impose. L’institution abrite d’inestimables collections d’archéologie, d’art et d’histoire naturelle régionales. La section consacrée à la Révolution de libération nationale (1954-962) offre notamment un éclairage saisissant sur la période de résilience qui a forgé l’Algérie moderne. Plus qu’un simple conservatoire d’objets, le musée s’affirme comme un sanctuaire de la mémoire collective locale.
Dans la foulée, le voyageur continue de remonter le cours des siècles à travers les différentes époques de la cité portuaire. On découvre ainsi la mosquée Hassan Pacha, chef-d’œuvre de l’architecture ottomane érigé au XVIIIe siècle avec ses galeries, ses dômes et ses ciselures délicates, ou encore le Palais du Bey, empreint de la grandeur féodale islamique, flanqué de ses bains turcs séculaires.
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| Arènes d’Oran, un monument rarissime en Afrique. |
Autre curiosité remarquable du parcours : les arènes d’Oran, un monument rarissime en Afrique qui témoigne de l’influence de la civilisation espagnole. Bien qu’aujourd’hui désaffectées, elles conservent intacte leur valeur architecturale, ajoutant une nuance singulière à la mosaïque patrimoniale de la ville.
De la citadelle antique aux paradis côtiers
Quittant le centre-ville, une route sinueuse s’élève vers le fort de Santa Cruz, sentinelle historique et plus beau belvédère d’Oran. Trônant fièrement aux côtés de la citadelle, la chapelle Notre-Dame de Santa Cruz se dresse comme un symbole spirituel et un témoignage du long métissage culturel de la région.
Depuis ce promontoire exposé aux vents, Oran se dévoile dans un panorama grandiose : le port en contrebas bourdonnant d’activité, les rangées de maisons blanches imbriquées les unes dans les autres, les larges avenues et le ruban bleu hypnotique de la mer Méditerranée. Sous les rayons du soleil, Oran apparaît à la fois antique et débordante de vitalité.
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| Fort de Santa Cruz, sentinelle historique et plus beau belvédère d’Oran. |
Après une matinée d’immersion culturelle, l’heure est à la pause dans un restaurant en bord de mer, à la périphérie du centre. Savourer la cuisine méditerranéenne face au ressac des vagues est sans doute le moment le plus suspendu du voyage. Loin des tumultes et du faste artificiel, Oran séduit par la beauté brute et authentique de son soleil, de sa mer et de sa douceur de vivre.
Le périple se poursuit vers le cap Falcon et Bousfer. Si le cap Falcon accueille les visiteurs avec ses falaises majestueuses plongeant dans la mer et son phare historique, il s’impose comme un véritable éden balnéaire. La localité déploie des plages de sable fin, des eaux cristallines et des complexes hôteliers paisibles nichés à flanc de littoral.
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| Un petit coin de paradis maritime à Bousfer. |
En fin d’après-midi, la lumière décline, drapant le littoral de Bousfer d’un voile doré et chaleureux. Locaux et touristes s’y promènent nonchalamment, le murmure des vagues se mêlant aux éclats de rire sereins, créant une bulle de tranquillité absolue, à des années-lumière de l’effervescence urbaine.
Selon Ilmahane, guide touristique locale, Oran enregistre depuis quelques années une affluence croissante de visiteurs asiatiques, notamment en provenance du Vietnam, de Chine et de la République de Corée. “Notre pays déploie activement de nombreuses initiatives pour promouvoir l’image de la ville, qu’il s’agisse de la production de clips promotionnels, du renforcement de notre communication sur les réseaux sociaux ou de notre participation aux salons internationaux du tourisme”, explique-t-elle. Les autorités locales misent fermement sur ce potentiel balnéaire, ce riche patrimoine historique et cette culture méditerranéenne singulière pour faire d’Oran la nouvelle étoile montante du tourisme en Afrique du Nord.
Texte et photos : Đang Huê/CVN








