Tempête dans la "relation spéciale" Washington-Londres, en pleine guerre au Moyen-Orient

La relation particulière entre les États-Unis et le Royaume-Uni en péril ? Le président Donald Trump multiplie les attaques contre le Premier ministre Keir Starmer, qu'il accuse désormais de soutenir trop mollement son grand allié dans la guerre au Moyen-Orient.

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Combinaison d'images créée le 3 mars du président américain Donald Trump (gauche), le 20 février à Washington et du Premier ministre britannique Keir Starmer, le 18 février à Cardiff.
Photo : AFP/VNA/CVN

Donald Trump est "très déçu" par Keir Starmer, comme il le martèle auprès de la presse britannique. "C'est très triste de voir que la relation n'est manifestement plus ce qu'elle était", a déclaré le président américain au tabloïd The Sun dans une interview publiée le 3 mars.

Keir Starmer "n'a pas été coopératif", a-t-il accusé. Il "aurait dû aider". "Je n'aurais jamais pensé voir ça de la part du Royaume-Uni", a-t-il ajouté.

Le secrétaire d'État britannique aux relations intergouvernementales, Darren Jones, s'est efforcé de relativiser la situation.

"Les relations entre les Etats-Unis et le Royaume-Uni sont importantes", a-t-il affirmé sur Times Radio le 3 mars au matin : "Nous en sommes tous conscients et, sur le plan opérationnel, cela reste vrai".

Donald Trump a exprimé "son désaccord avec notre décision de ne pas participer aux frappes initiales", a souligné Keir Starmer lors d'une allocution au Parlement le 2 mars.

Au cœur du différend, la base militaire conjointe de Diego Garcia, hautement stratégique, dans l'océan Indien. Londres a dans un premier temps refusé que les États-Unis l'utilisent dans leur guerre contre l'Iran.

L'autorisation a finalement été donnée pour frapper des sites de missiles iraniens.

Outre celle de Diego Garcia, les États-Unis peuvent utiliser celle de Fairford, dans le Sud-Ouest de l'Angleterre.

Mais Keir Starmer a mis "beaucoup trop de temps", a accusé le républicain dans le Daily Telegraph.

Selon la presse, Londres envisage par ailleurs d'envoyer un navire de guerre, le destroyer HMS Duncan, à Chypre, où une base britannique a été frappée par un drone dans la nuit du 1er au 2 mars. Le gouvernement n'a pas confirmé cette information.

Keir Starmer a répondu aux critiques de Donald Trump en affirmant avoir agi dans "l'intérêt national du Royaume-Uni".

"Éviter les foudres"

Londres "ne croit pas au changement de régime depuis les airs", a également déclaré le travailliste, dans une critique peu habituelle de Washington.

"L'Histoire nous a appris qu'il était important (...) de nous assurer que les actions du Royaume-Uni reposent sur une base légale. C'est l'une des leçons tirées" de la guerre en Irak, a encore dit Keir Starmer.

Les deux pays, liés par 250 ans d'Histoire, ont forgé une relation "spéciale" caractérisée par des liens diplomatiques, militaires et économiques très étroits.

Le gouvernement de Keir Starmer, au pouvoir depuis juillet 2024, a pris soin de ménager ses relations avec l'administration Trump. Il s'enorgueillissait d'avoir obtenu un meilleur traitement que de nombreux pays, notamment dans les négociations sur les droits de douane.

En septembre, Donald Trump et son épouse Melania avaient été reçus par la famille royale pour une visite d'État.

Mais les tensions sont apparues il y a déjà plusieurs semaines, avec comme point de crispation majeur la cession par Londres à l'île Maurice de l'archipel des Chagos, où se trouve la base de Diego Garcia.

En janvier, Donald Trump a qualifié cette restitution de "grande stupidité". Il a à nouveau attaqué l'accord en février.

Le président américain critique également Keir Starmer sur la politique interne, en particulier la politique énergétique et l'immigration. "Vos prix de l'énergie sont exorbitants", a-t-il dit dans l'interview au Sun. 

Pour Richard Whitman, professeur en relations internationales à l'université du Kent, "c'est ce que l'on pourrait appeler la nouvelle relation pas si spéciale que ça, où l'on ne sait pas vraiment où l'on en est".

Le gouvernement britannique avait fait jusqu'ici plutôt "du bon travail", réussissant à "éviter les foudres de l'administration Trump", souligne-t-il.

AFP/VNA/CVN

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