Quyên Thiên Dac fait résonner l’âme du Vietnam au cœur du jazz

De Berklee, l’école de musique la plus renommée au niveau international, aux scènes vietnamiennes, le saxophoniste Quyên Thiên Dac a tracé un chemin unique dans le jazz.

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Le saxophoniste Quyên Thiên Dac.

Héritier d’une tradition musicale familiale, Quyên Thiên Dac insuffle aux rythmes du jazz une essence locale, sculptant ainsi un son vietnamien distinct et innovant.

Fils de l’“Artiste Émérite” et saxophoniste renommé Quyên Van Minh, il a grandi bercé par la musique. En effet, son père a jeté les bases de l’expérimentation et de la composition musicale jazz, inspirée des couleurs des régions du Vietnam. En 1994, il a composé trois œuvres majeures: Ngâu hung Tây Nguyên (L’improvisation des Hauts plateaux du Centre), hommage aux traditions de cette région, Vân Vuong (L’émoi), inspirée du chant alterné traditionnel de la région du Kinh Bac, au Nord, et Tiêng khèn goi ban (L’appel du khèn - flûte de Pan), du Nord-Ouest.

Enthousiasme ancré dès l’enfance

Issu d’une lignée musicale marquée par l’influence de son père, Quyên Thiên Dac s’est imposé comme une figure incontournable du jazz vietnamien.

Après avoir brillamment terminé ses études au Berklee College of Music à Boston, aux États-Unis, avec la meilleure note de fin d’études en musique jazz, il est revenu au Vietnam avec une ambition claire : façonner un jazz vietnamien imprégné de sonorités traditionnelles.

Quyên Thiên Dac (gauche), avec son père Quyên Van Minh (centre) et son fils Quyên Thiên Lôc, lors d’un concert à Hanoï en novembre 2024.

Dès l’âge de 11 ans, il a entamé un apprentissage rigoureux du saxophone, consacrant des années à perfectionner son souffle et sa technique.

En 1995, il devient le plus jeune musicien à intégrer l’Orchestre symphonique national du Vietnam, un tournant décisif qui marque le début d’un parcours musical exceptionnel.

Malgré l’ombre imposante de son père, il n’a cessé de rechercher sa propre voix dans le jazz, expérimentant divers styles, du jazz classique au free jazz, en passant par la fusion avec la musique traditionnelle vietnamienne. Il a ainsi réussi à transformer le jazz en un langage, qui lui est propre, imprégné de l’âme de son pays. “La musique m’apporte du bonheur. Quand je joue, je suis heureux et je veux partager cette énergie positive avec le public”, déclare le saxophoniste.

Retour aux sources

Selon l’artiste, le Vietnam regorge de talents jazzistiques, mais l’essence du jazz reste profondément ancrée dans les cultures occidentales. Sa conviction est claire : pour se démarquer, les musiciens vietnamiens doivent forger “une identité unique”.

À son retour au pays natal, il entreprend un travail de recherche musicale approfondi. Il ne s’agit pas seulement d’adopter le jazz américain, mais de le nourrir de la richesse des sonorités locales.

Quyên Thiên Dac se produit avec le groupe "Đàn đó".

La musique traditionnelle joue toujours un rôle important ; elle permet d’exploiter et de construire un langage propre, dans lequel se trouve le jazz. Par conséquent, la musique indigène exprimée à travers le langage improvisé du jazz sera un grand espoir pour former un style unique.

Pour ce faire, “il faut beaucoup de personnes qui comprennent et qui unissent leurs forces. Ce n’est qu’ainsi que l’on peut espérer que, dans une ou deux générations, il y aura des résultats“, partage-t-il.

C’est dans cet esprit qu’il a lancé plusieurs projets, notamment les albums Viêt Nam bong dang quê huong (Vietnam, silhouette de ma Patrie) en 2003 et À oi (Berceuse) en 2011, ainsi que le projet “Vietnamese Kids Song’s Book” (Le recueil de chansons enfantines vietnamiennes), qui revisite des chansons d’enfance vietnamiennes sous une touche jazz.

En associant cette musique aux instruments traditionnels et aux mélodies folkloriques, il œuvre pour l’inscrire dans le patrimoine culturel vietnamien, tout en la projetant sur la scène internationale.

Pour lui, le véritable avenir du jazz au Vietnam repose sur cette fusion innovante, qui, avec le soutien des générations futures, pourrait bien s’imposer comme un genre musical à part entière.

Texte : Thao Vy - Dan Thanh/CVN

Photos : Thanh Giang/VNP/CVN

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