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| De nombreux paysages pittoresques du Vietnam sont devenus célèbres auprès des touristes internationaux grâce aux productions cinématographiques. |
| Photo : CTV/CVN |
Le Comité de gestion du patrimoine mondial de la baie de Ha Long - Yên Tu informe qu’une équipe de tournage indienne a filmé, du 12 au 14 janvier dernier, des scènes du film d’action et de romance Silaa dans cette zone. L’équipe se compose de 94 personnes, dont l’actrice de Bollywood Sadia Khateeb et le réalisateur Omung Kumar Bhandula. Il s’agit d’une nouvelle production internationale de renom qui choisit le Vietnam comme destination.
Cette oeuvre sera également tournée à Hanoï, Hai Phong, Ninh Binh, Cao Bang (Nord), Dà Nang, Quang Tri (Centre) et Hô Chi Minh-Ville (Sud). Présenté comme un projet bollywoodien au budget de 4 millions de dollars, ce long-métrage souligne l’attrait croissant du territoire pour les cinéastes étrangers.
Le producteur de Silaa, Capitain Rahul Bali, a souligné que l’un des principaux objectifs était de promouvoir les flux de voyageurs entre l’Inde et le Vietnam. Il a affirmé que le public indien recherchait souvent des expériences authentiques inspirées des films et s’est dit convaincu que la destination pourrait connaître une forte augmentation de visiteurs suite à la sortie du projet.
Lors d’un tournage à Ninh Binh en novembre 2025, l’actrice Niharica Raizada a partagé son enthousiasme après avoir participé pour la première fois à une excursion en bateau au milieu des marais tapissés de lotus. Elle a visité le complexe paysager de Tràng An et s’est rendue à la pagode Tam Chuc. Décrivant ses impressions, elle a déclaré que “le Vietnam ressemble à un tableau vivant”, ajoutant que l’image l’ayant le plus marquée était celle de “femmes ramant à la main et échangeant des conversations amicales, malgré la barrière de la langue”.
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| L’équipe du film indien "Silaa" tourne des scènes dans la grotte de Hang Én, province de Quang Tri (Centre). |
| Photo : CTV/CVN |
De l’écran à l’excursion
La baie de Ha Long est depuis longtemps un décor de prédilection. Ce site a été inscrit au patrimoine mondial de l’UNESCO pour sa valeur esthétique exceptionnelle (en 1994) et ses caractéristiques géologiques remarquables (en 2000). Il est apparu dans de nombreuses œuvres célèbres telles qu’Indochine (1992), À la verticale de l’été (2000), Top Gear : Vietnam Special (Top Gear : Spécial Vietnam, 2008), Pan (2015), Kong : Skull Island (2017) et Thi Mai, rumbo au Vietnam (2017).
À l’échelle mondiale, la synergie entre le septième art et les voyages a produit des résultats remarquables. La Terre du Milieu tournée en Nouvelle-Zélande (dans le film Le Seigneur des Anneaux), Port-Réal tournée à Dubrovnik (Game of Thrones - Le trône de fer) ou le Studio Tour Harry Potter au Royaume-Uni attirent chaque année des millions de visiteurs curieux.
Le Vietnam possède un potentiel similaire. Tràng An a acquis une renommée internationale grâce à Kong : Skull Island ; Phu Yên a conquis les cœurs avec Je vois les fleurs jaunes sur l’herbe verte ; et Dà Lat est devenue une cité empreinte de nostalgie après le long-métrage Go-Go Sisters (Les années flamboyantes). Ces lieux se sont métamorphosés en sites de rêve dès la sortie des longs-métrages.
Luu Thi Ngoc Mai, directrice adjointe du Centre du cinéma, de la culture, des sports et du tourisme du Vietnam relevant du minitère de la Culture, des Sports et du Tourisme, a affirmé qu’un film à succès pouvait changer le destin de toute une région. Elle a remarqué que dans une ère dominée par les émotions, le 7e art ne serait pas seulement un récit par l’image, mais un “ambassadeur du tourisme silencieux mais immensément puissant”.
L’essor des décors locaux
Nguyên Quôc Trung, directeur du Service de la culture, des sports et du tourisme de Cao Bang, a constaté que le dynamisme de l’industrie sans fumée engendrait une demande accrue de sites nouveaux et préservés. Cela représente une opportunité en or pour les provinces aux paysages distinctifs.
Un exemple frappant est le succès du réalisateur Victor Vu avec Detective Kiên: The Headless Horror (Détective Kiên : l’Horreur sans tête), tourné à la cascade de Co Là, au mont Mat Thân (Œil de Dieu) et dans les villages de Khuôi Ky et Cô Muông dans la province montagneuse de Cao Bang (Nord). L’atmosphère mystérieuse de l’œuvre, façonnée par ces lieux intacts, a généré près de 200 milliards de dôngs de recettes en seulement deux semaines.
Victor Vu a déclaré vouloir “faire découvrir au public des régions rarement représentées sur les écrans vietnamiens”. Il a ajouté que le pays regorgeant de paysages à couper le souffle encore peu explorés, il lui tenait à cœur de “contribuer à diffuser leur beauté à travers le 7e art”.
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| Le site du tournage de "Kong : Skull Island" à Ninh Binh (Nord). |
| Photo : CTV/CVN |
De même, Dèn âm hôn (Lampe de l’âme) du réalisateur Hoàng Nam, tourné dans les forêts de châtaigniers de Cao Bang, a terminé son exploitation avec près de 106 milliards de dôngs de recettes. La série télévisée Di giua troi ruc ro (Marcher sous un ciel éclatant), filmée dans les communes de Nguyên Bình et Thanh Long, a également captivé les téléspectateurs par ses panoramas majestueux et sa représentation de la culture de l’ethnie Dao rouge.
Lors du 24e Festival du film vietnamien, Paul Abela, attaché audiovisuel de l’ambassade de France au Vietnam, a présenté les mesures d’incitation françaises pour attirer les équipes de films étrangers, comme la politique de remboursement allant de 20% à 40% des coûts de production (au cas où le film satifasse les critères requis). S’appuyant sur cette expérience, il a suggéré que les localités vietnamiennes promeuvent activement leurs atouts via des informations bilingues, des contacts identifiés et des infrastructures adéquates.
Nguyên Trinh Hoan, directeur de HK Film Company, a souligné que le Vietnam ne disposait actuellement d’aucune réglementation officielle concernant le remboursement des coûts. Il a proposé des échanges d’avantages alternatifs, comme la réalisation de clips promotionnels par les acteurs, une solution jugée plus rentable pour les localités.
Alors que les écrans continuent de mettre en lumière les richesses du pays, le rôle de ce canal de communication devient de plus en plus évident pour rehausser l’image du Vietnam sur la scène mondiale.
Thúy Hà/CVN







