>> Le Vietnam vise une croissance des exportations de 15 à 16% en 2026
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>> Commerce extérieur : le Vietnam vise une croissance des exportations de 15-16% en 2026
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| Vue panoramique du port de Cai Mep-Thi Vai à Hô Chi Minh-Ville. |
| Photo : VNA/CVN |
Un potentiel considérable
Selon le ministère de l'Industrie et du Commerce, l'UE est actuellement l'un des trois principaux marchés d'exportation du Vietnam, avec une valeur estimée à environ 52 à 55 milliards de dollars américains en 2025. Cependant, comparées au volume des importations de l'UE, qui dépasse 2.500 milliards de dollars américains par an, les exportations vietnamiennes représentent actuellement moins de 3% de la demande totale du marché.
L'écart important entre la capacité de production actuelle et la taille du marché indique un potentiel de croissance significatif pour les exportations vietnamiennes vers l'UE, notamment grâce à une participation accrue des entreprises aux chaînes d'approvisionnement et aux étapes de transformation.
Selon Nguyên Thao Hiên, directrice adjointe du Département du développement des marchés étrangers au ministère de l'Industrie et du Commerce, l'UE demeure un marché d'exportation stratégique pour le Vietnam, et l'approche à adopter pour ce marché doit évoluer.
L'ajustement de la politique fiscale de l'UE offre davantage de possibilités aux produits vietnamiens de s'intégrer plus profondément dans la chaîne d'approvisionnement, mais seules les entreprises respectant les normes techniques, les exigences de traçabilité et les critères de développement durable pourront en profiter pleinement.
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| Le riz est l'un des principaux produits d'exportation du Vietnam. |
| Photo : VNA/CVN |
Selon Trân Phu Lu, directeur par intérim du Centre de promotion du commerce et des investissements de Hô Chi Minh-Ville (ITPC), l'UE reste un marché clé dans la stratégie de promotion commerciale de Hô Chi Minh-Ville. Cependant, parallèlement aux opportunités offertes par les ajustements fiscaux, les entreprises sont confrontées à une pression croissante liée aux barrières non tarifaires.
M. Phu Lu a ajouté que si les taxes peuvent diminuer par étapes, les normes, elles, ne s'abaissent pas. Au contraire, l'UE renforce ses exigences en matière d'environnement, de responsabilité sociale et de transparence de la chaîne d'approvisionnement.
De fait, les secteurs les plus susceptibles de bénéficier significativement de la nouvelle politique fiscale sont les industries de transformation et de fabrication, ainsi que les produits agricoles et alimentaires, en particulier les produits semi-finis. Pour l'industrie, cela inclut les composants, les matériaux et les produits semi-finis destinés aux secteurs de l'électronique, de la mécanique et des industries auxiliaires.
Pour les produits agricoles et alimentaires, les opportunités concernent le café et les produits dérivés, les fruits de mer transformés, les ingrédients alimentaires et les gammes de produits destinées aux chaînes de transformation et de distribution de l'UE.
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| Dans un magasin de la société d'élevage Vissan. |
| Photo : VNA/CVN |
Le besoin de produits à forte transformation
Une enquête menée par l'Association des entreprises de Hô Chi Minh-Ville (HUBA) au quatrième trimestre 2025 a révélé que 50% des entreprises n'avaient pas de nouvelles commandes, que 56% subissaient la pression de la hausse des prix des matières premières et que 40% manquaient de fonds de roulement.
Selon Nguyên Ngoc Hoa, président de la HUBA, la baisse des commandes et la flambée des coûts des intrants compromettent la capacité de redressement des entreprises. Les ajustements politiques de l'UE pourraient offrir des opportunités de reconnecter les chaînes d'approvisionnement, mais si les entreprises ne parviennent pas à améliorer leurs capacités de transformation, elles perdront l'opportunité de créer des produits à forte valeur ajoutée.
En réalité, les incitations fiscales ne constituent qu'une condition initiale. Le facteur déterminant pour la pérennité des produits vietnamiens sur le marché de l'UE demeure la capacité à créer de la valeur ajoutée.
Selon Linda Trân, directrice commerciale de Sunrise Inc., le riz “Ba cô gai (Three Girls)” et le riz Sunrise se vendent bien sur le marché européen. Cependant, l'écart de prix entre le riz brut exporté et les produits finis illustre clairement la valeur ajoutée que les entreprises vietnamiennes négligent encore. Concrètement, le riz brut exporté coûte environ 10.500 dôngs/kg, tandis que le riz conditionné se vend au détail dans l'UE autour de 70.000 dôngs/kg.
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| Transformation des fruits de mer congelés. |
| Photo : VNA/CVN |
Pour le café, la différence est encore plus marquée. Le prix à l'exportation des grains de café vert vietnamiens est actuellement d'environ 140.000 dôngs/kg, tandis que le café torréfié ou instantané est couramment vendu au détail dans l'UE autour de 540.000 dôngs/kg.
Un représentant de Huca Food Company a déclaré que cet écart ne provient pas seulement de la logistique ou de la distribution, mais surtout de la transformation en profondeur, de la standardisation, de la traçabilité et du développement de la marque – des aspects dans lesquels les entreprises vietnamiennes accusent encore un certain retard.
Selon Trân Phu Lu, pour s'intégrer davantage à la chaîne d'approvisionnement de l'UE, les entreprises doivent passer d'une logique de "vente de marchandises" à une logique de "participation à la chaîne d'approvisionnement". Cela exige des entreprises qu'elles investissent dans la standardisation de leurs processus de production selon les normes internationales, la mise en place de systèmes de traçabilité transparents et l'établissement de liens proactifs avec les acheteurs, les associations professionnelles et les réseaux de distribution en Europe, au lieu de se contenter d'attendre des commandes à court terme.
Selon Per Ljungblad, de l'Association des entreprises européennes, les acheteurs de l'UE privilégient actuellement les fournisseurs capables de respecter de manière constante les exigences en matière de qualité, de durabilité et de transparence. Les incitations fiscales créent des avantages concurrentiels à court terme, mais la décision de coopérer sur le long terme dépend toujours de la capacité de l'entreprise à s'intégrer à la chaîne d'approvisionnement, et notamment de sa capacité à maintenir les normes et à assurer des livraisons régulières sur une longue période.
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| Ligne de production de la sarl Ford Vietnam. |
| Photo: VNA/CVN |
Outre la capacité de production, l'accès au capital est également un facteur clé. Nguyên Thuy Hanh, directrice générale de Standard Chartered Bank Vietnam, a indiqué que face au renforcement des exigences de l'UE en matière de normes de développement durable et écologique, les entreprises souhaitant profiter des opportunités commerciales doivent améliorer leurs capacités financières et de gestion.
La transformation écologique et l'augmentation de la valeur ajoutée ne sont pas seulement des exigences du marché, mais aussi des conditions d'accès aux flux de capitaux à moyen et long terme.
D'après les experts, les avantages offerts par la politique fiscale de l'UE ne sont efficaces que s'ils s'accompagnent d'une stratégie à long terme. Les entreprises doivent, dès le départ, recueillir de manière proactive des informations sur le marché et les normes en vigueur.
Elles doivent investir dans la standardisation et la certification de la production afin de réduire les coûts de mise en conformité à long terme ainsi que de renforcer leurs liens avec les associations et les acheteurs européens. Elles doivent également passer progressivement de l'exportation de matières premières à la transformation poussée et au développement de leur marque.
Tân Dat/CVN








