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| Cours d’alphabétisation organisé à l’antenne scolaire du village d’Ón, à Thanh Hoa (Centre). |
| Photo : QDND/CVN |
Au cœur du hameau d’Ón, où la montagne est encore enveloppée de brume, une salle de classe spéciale reste éclairée après les longues heures de travail aux champs. Il s’agit du cours d’alphabétisation destiné aux élèves âgés de 30 à 60 ans, qui a lieu tous les lundis, mercredis et vendredis soirs depuis la mi-septembre 2025.
Les étudiants sont des paysans ; leurs mains sont calleuses à cause des années de dur labeur, et ils ne sont pas habitués à l’écriture. Thao Thi Tông, près de 50 ans, continue de venir assidûment à la classe.
Pour Sung Thi Nang, 26 ans, le manque de capacité à enseigner à ses enfants demeure une forte motivation qui l’amène en classe tous les jours. Ses mains tremblantes rendent chaque trait de crayon comme un soupir suivi d’un nouvel effort. Aujourd’hui, elle se réjouit : “Je suis très heureuse d’avoir appris à lire. Maintenant que je peux déchiffrer la notice d’un médicament, je me sens plus confiante”.
Mua Thi Sua, 42 ans, partage avec enthousiasme que l’apprentissage lui permet de tenir les comptes de la culture de maïs et d’éviter d’être trompée lors de l’achat d’engrais. Elle partage avec un doux sourire : “Les soldats nous enseignent, nous avons confiance ; même si l’on apprend lentement, on apprend quand même”.
Au début, l’effort d’alphabétisation n’a jamais été facile. Les apprenants, des plus âgés comme Mme Tông aux plus jeunes comme Mme Nang, devaient se battre pendant des heures pour écrire leur nom et prénom en entier. Après deux mois de persévérance, ils ont réussi à écrire leur nom et à effectuer des calculs simples. Bien que la classe ne compte que 27 personnes, elle est pleine tous les soirs.
L’enseignant de cette classe spéciale est le major, militaire professionnel, Dao Nguyên Tuc, rattaché au poste de garde-frontière de Tam Chung, du commandement des gardes-frontières de la province de Thanh Hoa. Il raconte les difficultés initiales : “Au début, les habitants étaient très réticents, ils disaient que c’était trop difficile d’apprendre à lire et à écrire à leur âge. Notre équipe a dû les mobiliser activement pour les encourager à suivre les cours”. Le fait que les habitants puissent déjà écrire des lettres simples après plus de deux mois est un signe encourageant, créant un tremplin pour accéder aux politiques de développement socio-économique.
Semer le savoir, gagner les cœurs
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| La classe permet aux garde-frontières de Tam Chung de mobiliser les habitants autour des politiques et orientations du Parti et de l’État. |
| Photo : QDND/CVN |
Plus que quiconque, le lieutenant-colonel Vi Minh Binh, officier au poste de garde-frontière de Tam Chung, qui a passé plus de trois ans “sur le terrain” au hameau d’Ón, comprend que c’est le “manque de savoir” (la pauvreté en éducation) qui maintient la communauté locale dans la pauvreté. Lui et ses camarades ont défini la mission d’alphabétisation comme un véritable travail de “combat”. Malgré les conditions météorologiques extrêmes, le terrain difficile, les élèves âgés et la maîtrise imparfaite du vietnamien standard, l’ardent désir des habitants de savoir lire et écrire est la plus grande motivation qui pousse ces gardes-frontières à venir en classe chaque soir.
Leur mission n’est pas seulement de veiller sur chaque parcelle de la terre du pays, mais aussi d’aider la population et de contribuer à allumer la flamme du savoir. M. Binh affirme : “Lutter contre l’analphabétisme, c’est aussi lutter contre le retard. Lorsque les habitants savent lire et écrire, c’est la base d’une frontière solide. Enseigner, c’est la manière de construire durablement le front populaire - la mobilisation des cœurs”.
Non seulement les officiers des garde-frontières enseignent la lecture et l’écriture, mais ils intègrent également la sensibilisation à la législation, en guidant les habitants pour reconnaître les criminels liés à la drogue, protéger les forêts et préserver les frontières. Sung Thi Sông, l’une des apprenantes, confie : “Pendant la pause du cours, nous demandons aux officiers comment reconnaître les mauvaises personnes, quels sont les stratagèmes de fraude sur les réseaux sociaux… C’est pourquoi nous sommes très heureux de venir en classe”.
Giang A Chông, chef du hameau, a déclaré avec joie que depuis l’instauration des cours d’alphabétisation, le village a connu des changements visibles : “Les habitants savent lire et écrire, ils sont plus confiants lors des réunions. Des procédures comme la déclaration de naissance ou la déclaration médicale, pour lesquelles ils devaient auparavant faire appel aux fonctionnaires de la commune, sont maintenant gérées par beaucoup d’entre eux”. Grâce à ces cours, le lien armée-population s’est encore resserré, ce qui permet aux soldats de diffuser plus facilement la législation. De leur côté, les habitants participent aussi activement au maintien de la sécurité et de l’ordre, ainsi qu’à la protection de la frontière.
Grâce aux cours d’alphabétisation réguliers, de nombreux parents ont activement amené leurs enfants à l’école à l’âge requis, mettant fin à la déscolarisation. En observant ces visages de tout âge, qui étudient silencieusement chaque nuit, la lumière du savoir a progressivement éclairé chaque foyer, ouvrant de nouvelles perspectives pour ces villages situés aux confins de la Patrie.
Grâce à ces classes de nuit, le lieutenant-colonel Binh, le major Tuc et leurs camarades ne font pas que préserver la frontière, ils soutiennent également ceux qui sont encore désavantagés. Une “frontière humaine” est ainsi bâtie, solide et durable, à l’image des soldats en uniforme vert qui, jour et nuit, s’attachent silencieusement à la communauté et à ses habitants.
Duy Bao/CVN





