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| La diversité géologique du géoparc de Phu Yên donne naissance à de nombreux paysages naturels magnifiques dans la partie orientale de la province de Dak Lak. |
| Photo : VNA/CVN |
La province de Dak Lak (Centre) met en œuvre un projet visant à faire reconnaître le géoparc de Phu Yên en tant que géoparc mondial de l’UNESCO. Cette initiative a pour objectif de préserver son riche patrimoine géologique, naturel, culturel et historique, tout en valorisant ces atouts pour promouvoir un tourisme durable, améliorer les conditions de vie des populations locales et mettre en valeur la partie orientale de la province.
Une richesse
Créé en 2024, le géoparc de Phu Yên s’étend sur près de 2.000 km² de terres et environ 1.000 km² de zones maritimes, couvrant 22 communes et quartiers de l’est de la province de Dak Lak. Avec près de 189 km de littoral, des îles au large, des falaises rocheuses, des plages, des lagunes et des baies, la région possède une grande richesse géologique, paysagère et culturelle, ainsi qu’une biodiversité remarquable. Elle abrite également divers groupes ethniques, notamment les Kinh, Hoa, Cham, Ê dê et Bahnar.
Selon le comité de gestion du géoparc de Phu Yên, les caractéristiques géologiques notables incluent des formations de roches métamorphiques datant de 1,8 à 2 milliards d’années au niveau des monts Chop Chài et Mu U ainsi qu’à Nhât Tu Son.
On trouve du granit ancien, issu du refroidissement de magma, au mont Nhan, au col de Ca et au mont Da Bia, tandis que l’activité volcanique a donné naissance à des formations de basalte en colonnes à Gành Da Dia, Hon Yên et Hon Dun.
Les interactions entre terre et mer ont façonné des paysages uniques tels que les lagunes d’Ô Loan et de Cu Mông ainsi que la baie de Xuân Dai. La formation de la mer Orientale et les systèmes de failles profondes le long de la rivière Ba ont également laissé des traces sous forme de sources thermales à Phu Sen, Tra Ô et Lac Sanh.
Le géoparc recèle aussi un riche patrimoine culturel matériel et immatériel, comprenant trois sites de vestiges classés "monuments nationaux spéciaux", 19 sites classés "monuments nationaux", plus de 80 sites classés au niveau provincial et quatre éléments du patrimoine culturel immatériel national.
Ses paysages côtiers et fluviaux ont façonné une culture singulière, qui s’exprime à travers des fêtes traditionnelles - comme les cérémonies de vénération de la baleine et les courses de bateaux - ainsi que des arts du spectacle populaires tels que le bài choi (art traditionnel du Centre inscrit en 2017 sur la Liste représentative du patrimoine culturel immatériel de l’humanité), le tuông (théâtre classique avec chants et gestes).
Les villages de métiers traditionnels - produisant sauce de poisson, galettes de riz, bateaux-paniers, sel, poteries, nattes en jonc et brocarts - préservent également des savoir-faire culturels tout en soutenant les moyens de subsistance locaux. La diversité des écosystèmes terrestres et aquatiques de la région offre un potentiel important pour l’écotourisme, le tourisme fondé sur la nature et l’éducation à l’environnement.
La conservation comme fondement
Huynh Vinh Ngoc, directeur du Comité de gestion du géoparc de Phu Yên, a indiqué que l’organisme mettait en œuvre 12 tâches clés dans le cadre du projet, en se concentrant sur l’inventaire et l’évaluation du patrimoine géologique et de la biodiversité, ainsi que sur l’élaboration du dossier de candidature à soumettre à l’UNESCO l’année prochaine.
Le comité promeut également la coopération et la formation, organise des conférences internationales et développe des activités touristiques et promotionnelles liées au géoparc, a-t-il ajouté.
Malgré un potentiel considérable, le géoparc n’a pas encore pleinement exploité sa valeur touristique. Experts, investisseurs et habitants ont souligné l’insuffisance des infrastructures sur certains sites patrimoniaux et un manque de professionnalisme dans la médiation du patrimoine, ce qui limite la transmission efficace des aspects scientifiques, culturels et historiques aux visiteurs.
Hoàng Xuân Dôn, chef du Comité de gestion du géoparc mondial UNESCO du plateau karstique de Dông Van, a affirmé que Phu Yên possède un immense potentiel géologique, culturel et naturel, et qu’une reconnaissance par l’UNESCO pourrait donner un nouvel élan au développement touristique.
Il a insisté sur la nécessité de constituer une équipe de professionnels qualifiés, de finaliser le dossier pour l’UNESCO et de renforcer la participation des communautés locales, tout en développant des villages d’artisans en lien avec le tourisme afin de créer des moyens de subsistance et de sensibiliser le public à la préservation du patrimoine.
Pour répondre aux critères des géoparcs mondiaux de l’UNESCO, la province de Dak Lak vise à développer un modèle fondé sur la conservation et centré sur les communautés locales. Elle prévoit de créer des itinéraires touristiques axés sur la géologie, l’expérience, la communauté, l’éducation et la recherche, en associant le patrimoine géologique à la culture locale, à la gastronomie, aux villages d’artisans et à l’agriculture pour concevoir des produits touristiques à forte valeur ajoutée.
Trinh Hai Son, directeur de l’Institut des géosciences et des ressources minérales du Vietnam et chef du sous-comité spécialisé sur les géoparcs mondiaux du Vietnam, a déclaré que le développement du géoparc de Phu Yên selon les critères de l’UNESCO relevait d’une stratégie à long terme exigeant rigueur scientifique et consensus entre les autorités, les entreprises et les communautés.
L’objectif n’est pas simplement d’obtenir la reconnaissance de l’UNESCO, mais de préserver les valeurs patrimoniales, de créer des moyens de subsistance durables et de faire découvrir les atouts uniques de Phu Yên aux visiteurs nationaux et internationaux, a-t-il indiqué.
VNA/CVN



