>> Lê Quy Dôn et Hoàng Vân reconnus à l’échelle mondiale
>> Le savant Lê Quy Dôn fait partie de la liste des anniversaires célébrés par l’UNESCO
>> Le polymathe Lê Quy Dôn honoré par l’UNESCO
>> Le savant Lê Quy Dôn fait partie de la liste des anniversaires célébrés par l’UNESCO
![]() |
| Le représentant en chef de l’UNESCO au Vietnam, Jonathan Wallace Baker (droite), remet la résolution de l’UNESCO honorant l’érudit Lê Quy Dôn à la partie vietnamienne. |
| Photo : VNA/CVN |
Le 31 juillet au soir, la province de Hung Yên (Nord) a accueilli la cérémonie nationale marquant le 300e anniversaire de la naissance du grand personnage culturel Lê Quy Dôn (1726-1784), au site mémoriel qui lui est dédié.
Dans son discours, le vice-Premier ministre permanent Pham Gia Tuc a rappelé qu’il fut l’un des plus grands érudits du Vietnam du XVIIIe siècle. Figure intellectuelle d’exception, il a laissé un héritage considérable dans des domaines aussi divers que l’histoire, la géographie, la littérature, la philosophie, l’éducation, l’économie, l’agriculture et la diplomatie.
Sa vie et son œuvre incarnent la tradition de soif d’apprendre, l’esprit d’autodidaxie, la pensée innovante, le sens du service national et la responsabilité envers la nation. Pham Gia Tuc a souligné que ces valeurs, transmises à travers les siècles, sont devenues une source d’inspiration durable et un patrimoine spirituel précieux du peuple vietnamien.
Selon le vice-Premier ministre permanent, l’esprit d’apprentissage, le respect de la vérité, la pensée pratique et la volonté de contribuer qui caractérisaient ce savant demeurent aujourd’hui d’une grande actualité. Il a appelé à rapprocher cet héritage des jeunes générations et à l’appliquer concrètement à l’œuvre de construction et de développement du pays, tout en assurant la préservation durable des vestiges, documents et objets liés à sa mémoire.
Pham Gia Tuc a également insisté sur la portée internationale de cette commémoration. “La résolution de l’UNESCO consacrée au tricentenaire de Lê Quy Dôn, a-t-il dit, constitue une reconnaissance des contributions de l’érudit au patrimoine intellectuel et culturel de l’humanité, tout en affirmant la place de la culture vietnamienne dans la civilisation mondiale“.
![]() |
| Le mémorial dédié au savant Lê Quy Dôn, dans la province de Hung Yên (Nord). |
| Photo : VNA/CVN |
Honneur national
Pour Hung Yên, cette cérémonie est à la fois une fierté locale et un honneur national. Elle offre l’occasion de rendre hommage à une grande figure culturelle, mais aussi de réfléchir à la valeur du savoir, de la culture et de l’être humain. Les autorités provinciales y voient également un moyen de raviver l’aspiration à l’apprentissage, à l’innovation et à la construction d’un Vietnam prospère et heureux.
À cette occasion, le représentant en chef de l’UNESCO au Vietnam, Jonathan Wallace Baker, a remis aux autorités vietnamiennes la résolution de l’organisation honorant l’érudit.
Au-delà de la cérémonie nationale, plusieurs activités ont été organisées à l’occasion du tricentenaire. Parmi elles figurent une conférence scientifique nationale intitulée “Lê Quy Dôn, érudit et figure culturelle emblématique : héritage spirituel et valeurs contemporaines”, une cérémonie de remise des prix d’un concours national sur sa vie et son œuvre lancé par l’Union de la jeunesse communiste Hô Chi Minh, ainsi que des expositions, une Semaine de la lecture et des activités parascolaires éducatives consacrées à ce savant.
Une exposition sur son héritage culturel est également prévue au siège de l’UNESCO en France en octobre prochain, sous l’égide de la province de Hung Yên.
Un savant précoce et prodigieux
Né le 2 août 1726 dans le village de Diên Hà (aujourd’hui commune de Lê Quy Dôn), dans la province de Hung Yên, de son nom d’enfance Lê Danh Phuong, il montra très tôt des talents exceptionnels. Les récits sur son génie précoce abondent : à deux ans, il distinguait déjà des caractères chinois ; à cinq ans, il récitait des poèmes du Kinh Thi (Livre des Odes) ; à dix ans, il assimilait des dizaines de chapitres d’histoire par jour.
![]() |
| L’érudit Lê Quy Dôn (1726-1784). Photo : QDND/CVN |
À 17 ans, il obtint le titre de Giải Nguyên (lauréat du concours régional), puis à 27 ans celui de Bảng Nhãn (deuxième rang national), devenant l’un des plus jeunes érudits de son époque. Sa carrière de haut fonctionnaire sous la période des Lê et Trinh fut marquée par l’intégrité, l’incorruptibilité et le sens du service public.
Lors de sa mission diplomatique en Chine, entre 1760 et 1762, il rencontra de nombreux lettrés et savants étrangers. Ces échanges, conjugués à une curiosité intellectuelle sans bornes, nourrirent chez lui une vision ouverte de la connaissance universelle. On disait alors : “Thiên hạ vô tri vấn Bảng Đôn” (Quand quelqu’un ignore quelque chose, qu’il s’adresse à Lê Quy Dôn), formule qui résume la place singulière de ce “trésor de sagesse” dans la société lettrée vietnamienne du XVIIIe siècle.
Il a laissé près de quarante ouvrages couvrant presque tous les domaines du savoir de son temps : histoire, géographie, philosophie, littérature, poésie, philologie, agronomie, astronomie, ainsi que des écrits en nôm (écriture démotique sino-vietnamienne).
Son Vân Đài loai ngu, souvent qualifié d’“encyclopédie vietnamienne”, réunit en neuf volumes les savoirs de son époque : philosophie, cosmologie, géographie, linguistique, littérature, sciences naturelles et économie. Son organisation méthodique, sa rigueur logique et sa profondeur conceptuelle en font une référence incontournable pour les chercheurs en hán-nôm (écriture en idéogrammes chinois et écriture démotique pour la transposition phonétique du vietnamien) et pour l’histoire de la pensée vietnamienne.
Un trésor universel à valoriser
La reconnaissance par l’UNESCO du tricentenaire de sa naissance dépasse la simple portée symbolique. Elle traduit une juste appréciation de la contribution de la culture et de l’intelligence vietnamiennes au patrimoine commun de l’humanité.
Pour l’érudit, apprendre ne servait pas à se faire un nom ni à rechercher les honneurs. L’apprentissage était avant tout un chemin de perfectionnement personnel, d’élargissement de l’intelligence, de service au peuple et de contribution à la prospérité de la nation. Cette pensée conserve aujourd’hui toute sa force et demeure une source d’inspiration dans la construction d’une société apprenante à l’ère nouvelle.
La résolution de l’UNESCO confirme que son œuvre dépasse les frontières nationales. Elle s’inscrit dans la lignée des grandes figures vietnamiennes déjà honorées par l’organisation, parmi lesquelles figurent Nguyên Du (1765-1820), Hai Thuong Lan Ông (Lê Huu Trac, 1724-1791), Hô Chi Minh (1890-1969).
Trois siècles après sa naissance, Lê Quy Dôn demeure une lumière du savoir. Son héritage n’appartient pas seulement au passé : il éclaire l’avenir, en rappelant que la quête du savoir, lorsqu’elle est placée au service de la nation et de l’humanité, reste l’une des plus hautes formes d’engagement.
Thuy Hà/CVN






