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| Le schéma directeur de Hanoï pour cent ans repose sur un modèle vert et écologique. |
| Photo : CTV/CVN |
La réflexion sur l’avenir de Hanoï ne porte plus seulement sur l’extension de la ville. Son nouveau plan d’urbanisme accorde une place centrale aux rivières, lacs, corridors écologiques et terres agricoles. Leur préservation accompagne la volonté de mieux maîtriser la croissance urbaine et de construire un territoire plus équilibré.
| Le Courrier du Vietnam N°40 : Hanoï accélère et prépare la ville de demain. |
Lors d’une récente conférence consacrée au schéma directeur de Hanoï à horizon d’un siècle ans et à la promotion des investissements pour 2026, le président du Comité populaire municipal, Vu Dai Thang, a réaffirmé cette orientation. La capitale entend privilégier la qualité, l’efficacité, l’innovation et la durabilité, plutôt que de les rechercher à tout prix. Elle mise sur des projets à forte valeur ajoutée, économes en ressources et fondés sur la science et la technologie, avec une attention particulière portée à l’économie circulaire et à la réduction des émissions.
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Cette nouvelle approche modifie la manière d’organiser le territoire. L’aménagement ne se limite plus aux seuls pôles résidentiels, mais associe habitat, activités, services et espaces naturels à l’échelle communale. Ce maillage doit contribuer à mieux répartir la croissance, en donnant davantage de place aux zones périphériques et en réduisant la pression exercée sur le centre historique.
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| Bassins de décantation des boues de la Station d’épuration de Yên Xa, à Hanoï. |
| Photo : VNA/CVN |
Plusieurs projets commencent déjà à concrétiser cette orientation. Le Conseil populaire de Hanoï vient notamment d’approuver un investissement de plus de 75.000 milliards de dôngs destiné à renforcer les digues, à curer et à dépolluer la rivière Nhuê. Le projet couvre le tronçon situé sur le territoire de la capitale, de l’écluse de Liên Mac jusqu’à la limite administrative de Hanoï. Il prévoit également d’améliorer l’évacuation des eaux, de réaménager les berges et de créer de nouveaux espaces publics.
Tô Lich, rivière emblématique de Hanoï longtemps dégradée par les rejets d’eaux usées, fait également l’objet d’un vaste projet de réaménagement. Ses deux rives doivent accueillir parcs, plantations, places publiques, promenades, pistes cyclables, équipements culturels et services de proximité. Au-delà de l’amélioration du cadre de vie, le projet vise à réintégrer la rivière dans le tissu urbain, parallèlement aux efforts engagés pour restaurer la qualité de son eau.
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| L'actuel paysage de la rivière Tô Lich. |
| Photo : VNA/CVN |
Mais cette reconquête passe d’abord par l’assainissement. Avec une capacité de 270.000 m³ par jour, la Station d’épuration de Yên Xa doit traiter les eaux usées des bassins de Tô Lich, Lu et Sét, ainsi qu’une partie de Nhuê. Le raccordement progressif des réseaux de collecte et de traitement doit contribuer à restaurer le milieu aquatique.
Selon le Pr-Dr. Trân Duc Ha, ancien directeur de l’Institut de recherche sur l’approvisionnement en eau, l’assainissement et l’environnement (IWASSE), cette opération nécessite une action coordonnée associant collecte et traitement des eaux usées, stations de pompage, rétablissement des écoulements, ainsi que curage et évacuation des sédiments. Ces travaux doivent à la fois améliorer la qualité des cours d’eau, réduire les risques d’inondation et favoriser le retour des écosystèmes fluviaux.
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Cette transformation ne s’arrête pas aux rives des cours d’eau. Dans le nouveau schéma d’aménagement, les zones agricoles ne sont plus considérées sous leur seule fonction productive. Elles doivent également contribuer à préserver les paysages, développer le tourisme, accueillir des activités pédagogiques et favoriser l’économie circulaire.
Selon le Pr. associé Dào Thê Anh, directeur adjoint de l’Académie des sciences agricoles du Vietnam (VAAS), les terres agricoles, les zones alluviales et la ceinture verte peuvent également soutenir l’économie locale, préserver les espaces végétalisés et contribuer à la régulation du climat. Elles offrent par ailleurs de nouvelles possibilités d’activités et de revenus aux populations périurbaines.
Cette diversité des usages ouvre également de nouvelles perspectives pour le patrimoine. Bùi Hoài Son, membre permanent de la Commission des affaires culturelles et sociales de l’Assemblée nationale, souligne que Hanoï possède à la fois un riche héritage historique et culturel et de nombreux paysages naturels. Une meilleure valorisation de ces atouts permettrait de diversifier les pôles d’attractivité de la capitale, sans uniformiser les territoires qui l’entourent.
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| Les sites historiques et culturels de Hanoï constituent des destinations attractives pour les touristes étrangers. |
| Photo : CVN/CVN |
Cette évolution dessine une autre manière de concevoir Hanoï. Centre historique, nouveaux quartiers, cours d’eau et terres agricoles ne sont plus envisagés séparément, mais comme les différentes composantes d’un même territoire. La nature et le patrimoine peuvent ainsi accompagner le développement économique sans être relégués au second plan.
Le défi consiste désormais à donner corps à cette nouvelle géographie urbaine. Les projets engagés autour des cours d’eau, des espaces agricoles et du patrimoine montreront, à terme, dans quelle mesure cette vision pourra transformer durablement le quotidien des habitants.
Huong Giang/CVN
Hanoï et l’Île-de-France renforcent leur partenariat
Transports propres, transition écologique, économie circulaire, gestion des déchets et préservation du patrimoine : Hanoï et l’Île-de-France souhaitent donner un nouvel élan à leur coopération autour des grands défis urbains. Les échanges portent notamment sur le partage d’expertise et le rapprochement avec les entreprises françaises.
Ces priorités ont été évoquées lors d’une récente rencontre entre Nguyên Xuân Luu, vice-président du Comité populaire de Hanoï, et Stéphane Beaudet, vice-président du Conseil régional d’Île-de-France. Depuis plusieurs années, cette collaboration a permis de mobiliser environ 3 millions d’euros pour différents projets dans la capitale vietnamienne.
Parmi ces projets figure la restauration de la villa située au 49, rue Trân Hung Dao, à l’angle de la rue Hàng Bài, réalisée avec l’aide technique française.










