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| Vue perspective de la zone urbaine polyvalente de Bac Thang Long, dont la construction du projet a débuté en février 2026. |
| Photo : Handico/CVN |
Hanoï a récemment publié la Décision N°2636/QD-UBND, approuvant un projet consacré aux zones urbaines polyvalentes. Celui-ci vise à développer des espaces urbains intelligents dotés d’infrastructures intégrées, de technologies numériques, de services et d’une sécurité assurée sur place. L’ambition est claire : mettre en service deux à trois zones urbaines polyvalentes d’ici 2030. Un premier projet est déjà en construction dans les communes de Thu Lâm et de Dông Anh.
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Avec le développement de zones urbaines polyvalentes, Hanoï franchit une étape importante dans la restructuration de son espace urbain, afin de bâtir une capitale civilisée, moderne et durable, dotée d’une valeur à l’échelle mondiale. Ce projet ne vise pas seulement à accroître le foncier urbain, mais aussi à répondre de manière globale, sur le long terme, aux questions liées au bien-être social, aux infrastructures techniques et à la qualité de vie des habitants.
Dans l’histoire du développement des grandes villes du monde, rares sont celles qui ont eu la possibilité de planifier avec une vision séculaire. Il ne s’agit pas seulement d’aménagement spatial avec de nouvelles routes modernes, mais de dessiner l’avenir pour les générations de citoyens à venir.
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| Avec le développement de zones urbaines polyvalentes, Hanoï franchit une étape importante dans la restructuration de son espace urbain. |
| Photos : THDA/CVN |
Hanoï se trouve face à une opportunité majeure en choisissant une orientation de développement fondée sur des zones urbaines polyvalentes, liée à un plan directeur à l’horizon de 100 ans. La mise en œuvre de cette vision stratégique exige non seulement des plans directeurs et de grands projets d’investissement, mais aussi une capacité de gouvernance, une cohérence des politiques et la capacité de surmonter les limites inhérentes à la pensée du développement urbain.
Pendant de nombreuses décennies, l’urbanisme au Vietnam a principalement été compris comme la répartition du territoire entre zones résidentielles, zones industrielles, espaces commerciaux, espaces verts et infrastructures techniques. Cette approche a donné naissance à des villes multifonctionnelles, où coexistent différents types d’usage du sol. Cependant, les villes modernes à travers le monde ne se concentrent plus uniquement sur la question du "quoi construire", mais se sont orientées vers celle du "pourquoi construire".
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| Vue perspective de la zone urbaine polyvalente dans les communes de Thu Lâm et de Dông Anh. |
| Photo : CP/CVN |
Une zone urbaine doit aujourd’hui non seulement répondre aux besoins de logement, mais aussi créer des emplois, attirer les investissements, favoriser l’innovation, réduire les émissions de carbone, préserver la culture, s’adapter au changement climatique et améliorer la qualité de vie. Les zones urbaines polyvalentes ne rejettent pas l’urbanisme multifonctionnel traditionnel : elles l’enrichissent d’une nouvelle manière de penser. Tandis que les zones urbaines multifonctionnelles mettent l’accent sur les structures spatiales, les zones urbaines polyvalentes privilégient les résultats du développement. Le succès d’une zone urbaine ne se mesure plus au nombre d’appartements construits ou à la superficie bâtie, mais à sa capacité à générer de la valeur économique, sociale et environnementale sur plusieurs décennies.
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Hanoï possède des atouts rarement réunis dans une même capitale d’Asie du Sud-Est : une population importante, le statut de centre politique national, un patrimoine historique et culturel millénaire, ainsi que des possibilités d’extension spatiale considérables.
Premièrement, la ville a la capacité de planifier à l’échelle régionale, et non uniquement au sein de la ville intra-muros historique. Cela permet de redistribuer la population et les emplois entre neuf grands centres urbains et neuf pôles de développement, dans le but de restructurer globalement l’espace urbain et les centres économiques vers un modèle polycentrique, tout en réduisant la pression exercée sur le centre-ville.
Deuxièmement, les rocades, les lignes de métro urbain, les nouveaux corridors de développement et les connexions avec la région capitale créent des opportunités pour restructurer l’ensemble de l’espace de développement. Si elles sont mises en œuvre de manière coordonnée, ces infrastructures permettraient à Hanoï d’éviter le modèle urbain "en éventail", dans lequel tous les flux de personnes et de véhicules convergent vers le noyau central.
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| Planifier avec un horizon de cent ans implique enfin de dépasser les calculs à court terme. |
| Photo : CTV/CVN |
Troisièmement, l’économie numérique et l’économie de la connaissance deviennent de nouveaux moteurs de croissance pour la capitale. Elles créent les conditions permettant aux zones urbaines de ne pas être seulement des lieux de résidence, mais aussi des centres de recherche, d’innovation, de finance, d’éducation et de technologie.
Plus important encore, planifier avec une vision à 100 ans permet à la gouvernance urbaine de dépasser les cycles d’investissement à court terme. Une ligne de métro, une ceinture verte ou une zone de conservation du patrimoine culturel ne révèle pas nécessairement tous ses bénéfices en dix ans, mais peut devenir un actif inestimable après plusieurs décennies, un siècle ou davantage.
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Un plan directeur peut fixer des dizaines d’objectifs : plus vert, plus intelligent, plus innovant, plus vivable, plus durable, plus compétitif, etc. Toutefois, s’il ne détermine pas clairement quels objectifs sont prioritaires, lesquels peuvent être mesurés ou lesquels impliquent des arbitrages, le terme "polyvalent" ne restera qu’une liste de souhaits, car aucune ville ne peut maximiser tous les bénéfices en même temps.
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| Hanoï doit également protéger ce qui fait sa singularité. |
L’extension des infrastructures de transport peut réduire les espaces verts et affecter les biens et les moyens de subsistance d’une partie de la population. La conservation du patrimoine peut limiter l’exploitation commerciale et le développement économique. L’attraction rapide d’investissements peut exercer une pression sur les infrastructures sociales. Un développement incontrôlé de logements abordables peut réduire l’efficacité financière d’un projet et la valeur du foncier. La gouvernance urbaine moderne ne consiste donc pas à éviter les conflits d’intérêts, mais à les gérer de manière transparente et scientifique.
Les mécanismes de gestion administrative fonctionnent généralement par mandats de cinq ans. Si chaque mandat ajuste le plan directeur selon ses propres priorités, celui-ci risque, après plusieurs décennies, d’être fragmenté en de nombreux éléments aux objectifs incohérents. Or, l’expérience internationale montre que les villes qui réussissent ne le font pas parce qu’elles ne changent jamais, mais parce qu’elles maintiennent leurs principes fondamentaux de manière cohérente sur plusieurs décennies. Les plans peuvent être ajustés, mais leur philosophie et leur orientation de développement ne devraient pas changer à chaque mandat. Cela impose de créer des institutions suffisamment solides pour protéger les orientations à long terme des pressions liées aux intérêts à court terme.
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Dans de nombreux pays en développement, la notion de "nouvelle zone urbaine" est souvent assimilée à de grands projets immobiliers. Or, une ville ne peut devenir un centre d’innovation simplement en construisant davantage de bureaux, ni une ville verte simplement en augmentant la superficie des parcs dans quelques projets. Les zones urbaines polyvalentes doivent placer l’humain au centre et les communautés au cœur de leurs services. Cela exige d’investir simultanément dans l’éducation, la science, la culture, la gouvernance, les transports publics, les infrastructures numériques et la qualité des ressources humaines. Ces domaines ont tous des périodes de retour sur investissement longues, mais génèrent une valeur durable. Si les ressources sont concentrées uniquement sur le développement immobilier, les autres objectifs seront très difficiles à atteindre.
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| Une fois achevés, les projets de zones urbaines polyvalentes revêtiront une importance particulière pour la stratégie de développement urbain et socio-économique de Hanoï dans la nouvelle période. |
Hanoï doit également protéger ce qui fait sa singularité. Ville de plus de mille ans d’histoire, elle ne peut sacrifier son patrimoine à une croissance immédiate. Chaque projet d’élargissement de rue, de construction d’immeuble ou de rénovation de quartier doit tenir compte de la mémoire urbaine et des valeurs culturelles irremplaçables.
Enfin, la résilience climatique doit devenir une infrastructure à part entière. Rivières, lacs, étangs, parcs, zones humides et corridors écologiques ne sont pas des espaces résiduels : ils constituent une protection essentielle contre les inondations, les fortes chaleurs et la pression croissante sur les ressources en eau.
Le véritable succès du projet dépendra donc moins des plans dessinés que de leur mise en œuvre. Avec une gouvernance stable, des données urbaines partagées, des critères d’évaluation mesurables et une réelle participation des habitants, Hanoï peut faire de ses zones urbaines polyvalentes un modèle de développement durable pour le XXIe siècle.
Thuy Hà/CVN













