Mieux associer les résidents à la planification urbaine du fleuve Rouge

La consultation publique relative au projet d’ajustement du plan de zonage urbain du fleuve Rouge à l’échelle 1/5.000, ainsi qu’au tracé de l’axe paysager à l’échelle 1/500, mobilise fortement habitants, experts et scientifiques. De nombreuses contributions d’ordre professionnel mettent notamment l’accent sur les dimensions et l’organisation de la circulation le long de cet axe.

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Maquette du projet de l’axe paysager du fleuve Rouge. 
Photo : VNA/CVN

L’ambition de faire du fleuve Rouge un axe central de l’espace urbain de la capitale est évoquée depuis longtemps. Du plan directeur de 1998, qui identifiait le fleuve Rouge comme un axe d’espace vert, au plan directeur de 2011, qui lui conférait une nouvelle dimension en tant que symbole du développement, en passant récemment par les orientations définies dans la Résolution N°02 du Politburo et le Plan directeur de la capitale à cent ans, l’objectif d’une ville tournée vers le fleuve se précise de plus en plus. 

Des espaces riverains plus accessibles

Pour concrétiser cette orientation, l’un des enjeux essentiels sur lesquels les experts attirent particulièrement l’attention concerne l’organisation du réseau de transport le long des deux rives du fleuve.

Lors du séminaire intitulé "Le fleuve Rouge - un nouveau symbole du développement de la capitale", l’architecte Trân Minh Tuân, membre du groupe de recherche sur les espaces aquatiques de Hanoï, a analysé en détail cet aspect. Selon lui, dans l’aménagement de l’axe paysager, il convient d’accorder toute l’attention nécessaire à la valorisation des espaces le long des deux rives et à la création de conditions permettant aux habitants d’accéder au fleuve.

Le réseau routier situé à l’extérieur des digues reste limité, ce qui rend difficile la connexion entre les zones urbaines intérieures et les berges. Les digues existantes constituent déjà une certaine coupure. Dans ce contexte, les propositions de routes présentant une largeur de 54 à 73 m dans les zones situées à l’extérieur des digues doivent faire l’objet d’une étude approfondie.

L’axe de la grande avenue paysagère du fleuve Rouge s’inscrit également dans le processus de réorganisation de l’espace urbain.
Photo : HNM/CVN

Selon Trân Minh Tuân, si une voie de grande envergure, fortement orientée vers la circulation automobile et comportant de nombreuses voies de circulation, était aménagée, avec une largeur comparable ou supérieure à celle de certains axes périphériques actuels, l’accès des habitants depuis les zones situées à l’intérieur des digues jusqu’aux berges pourrait s’en trouver affecté.

Être tourné vers le fleuve ne signifie pas seulement disposer des rangées de bâtiments orientés vers celui-ci. Il faut également permettre aux Hanoïens d’accéder aux espaces riverains pour se divertir, participer à des activités culturelles et apprécier la beauté du fleuve.

Dans cette perspective, Trân Minh Tuân propose de privilégier des axes et des corridors reliant les zones urbaines centrales aux berges, selon une orientation perpendiculaire au cours du fleuve. Il s’agit de véritables corridors d’accès permettant aux habitants de se rendre plus facilement des quartiers intérieurs aux espaces riverains.

Pour les axes longeant le fleuve, il conviendrait d’étudier la possibilité de tirer parti des digues existantes, tout en combinant les transports publics, le transport ferroviaire urbain aérien et les modes de déplacement doux tels que le vélo et la marche.

Un réseau de mobilité équilibré

Le réseau de transport devrait être organisé à une échelle appropriée, selon une logique de réseau capillaire, offrant de multiples possibilités d’accès plutôt que de concentrer les flux sur un seul grand axe. Cette approche permettrait à la fois de répondre aux besoins de circulation et de maintenir et renforcer les liens entre la ville et le fleuve.

L’organisation des transports est une question de volume et de vitesse de circulation, étroitement liée à la qualité des espaces publics ainsi qu’à la capacité des habitants à accéder à l’espace urbain et à en profiter. Plusieurs experts ont également mis en garde contre le risque de voir se former un réseau de transport excessivement axé sur la circulation automobile le long des deux rives du fleuve Rouge.

Le pont Vinh Tuy enjambant le fleuve Rouge. 
Photo : VNA/CVN

Si trop de voies de circulation étaient aménagées avec des vitesses élevées, ces axes pourraient devenir de véritables bandes de séparation, accentuant la fragmentation entre les zones urbaines centrales de Hanoï et les espaces riverains, et limitant la connexion des habitants avec le fleuve ainsi que leur capacité à y accéder.

Selon le Dr. et architecte Dào Ngoc Nghiêm, ancien directeur du Service de l’urbanisme et de l’architecture de Hanoï, l’aménagement du fleuve Rouge constitue une problématique multidisciplinaire qui exige de trouver un équilibre entre le développement des infrastructures et les besoins d’accès des habitants, ainsi qu’entre les exigences de circulation et la préservation des valeurs paysagères et écologiques.

Outre leurs inquiétudes concernant la densité des immeubles de grande hauteur, qui pourraient former un mur masquant la vue sur le fleuve, Tô Anh Tuân, président de l’Association d’urbanisme et de développement urbain de Hanoï, s’interroge également sur la pertinence de l’appellation de l’axe paysager du fleuve Rouge au regard des objectifs et des orientations de développement envisagés.

L’axe paysager est conçu comme un axe de connexion destiné à contribuer à l’élargissement des espaces publics, à améliorer l’accès au fleuve et à favoriser le développement des services, du tourisme et des activités culturelles le long des deux rives. Une étude approfondie de la largeur des emprises, du tracé, ainsi que de la combinaison entre circulation automobile, transports publics et modes de déplacement non motorisés permettrait d’éviter la création de contraintes et de conflits en matière de circulation.

Le réseau de transport doit être organisé selon une approche ouverte, en créant de nombreux points d’accès pratiques afin que les habitants et les visiteurs puissent facilement rejoindre le fleuve Rouge. L’espace riverain pourra alors véritablement devenir une composante de la vie urbaine, un lieu de vie communautaire, de loisirs, de détente et d’expériences culturelles.

Thuy Hà/CVN

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