Croyances et religions : Loi de 2026 adaptée au cyberespace

Adoptée le 23 avril dernier par l’Assemblée nationale, la Loi sur les croyances et les religions de 2026 modernise le texte de 2016 afin de répondre aux mutations de la vie religieuse et aux enjeux du numérique.

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Photo : Vân Anh/CVN

Lors de sa première session, l’Assemblée nationale de la XVIe législature a adopté, le 23 avril, la Loi sur les croyances et les religions de 2026. Remplaçant celle de 2016, elle entrera en vigueur le 1er janvier 2027.

Ses nouvelles dispositions produisent déjà des effets concrets. Elles ont commencé à transformer de manière tangible la façon dont les autorités publiques accompagnent les organisations religieuses et leurs fidèles, en intégrant les pratiques spirituelles aux réalités du monde numérique. Cette réforme marque une étape importante : elle vise à garantir la liberté de croyance tout en adaptant les activités religieuses aux enjeux du cyberespace.

Rapprocher les services publics des populations

La Loi de 2026 introduit de nouvelles dispositions pour répondre aux exigences pratiques. L’une des avancées majeures réside dans le renforcement de la décentralisation et de la délégation de pouvoirs, assorti d’une responsabilisation accrue des autorités locales, selon le principe : "Les autorités locales décident, agissent et assument leurs responsabilités". Concrètement, les ministères ne sont compétents que pour 30% au maximum des procédures administratives liées aux croyances et aux religions, laissant aux localités la gestion de la majorité des dossiers.

Séance de prière à la pagode Bôtum Kiri Răngsây (pagode Khedol), dans le quartier de Thanh Dông, Bình Minh, province de Tây Ninh (Sud). 
Photo : VNA/CVN

Dans ce cadre, la suppression des compétences des Comités populaires de district et le transfert de certaines procédures administratives, comme l’organisation de conférences internationales, l’invitation de dignitaires religieux étrangers ou l’envoi de personnes participer à des activités religieuses à l’étranger, vers les Comités populaires provinciaux, voire directement communaux, ont permis de simplifier les démar-ches. Résultat : une réduction d’environ 70% des procédures relevant du niveau ministériel.

"Les formalités administratives ont été simplifiées par une réduction des documents exigés, un raccourcissement des délais et un renforcement de la transparence. Il s’agit d’une avancée importante dans la réforme administrative, contribuant à améliorer la qualité des services offerts aux citoyens ainsi qu’aux organisations religieuses et de croyance", indique le vénérable Thích Bao Nghiêm, vice-président du Conseil d’administration de l’Église bouddhique du Vietnam.

Toujours selon lui, la Loi de 2026 met l’accent sur la décentralisation en définissant clairement les compétences et responsabilités, tout en tenant compte des conditions spécifiques de chaque localité. Cette répartition ne renforce pas seulement l’autonomie des autorités à tous les niveaux, mais contribue aussi à alléger la charge des organes centraux, garantissant une gestion plus souple, rapide et efficace.

Fidèles bouddhistes et habitants réunis pour la fête de Vu Lan à la pagode Bao Tinh, Vi Thanh, ville de Cân Tho (Sud).
Photo : VNA/CVN

La pagode Sâu est située dans la commune montagneuse de Quang Tân, province de Quang Ninh (Nord), où près de 55% des habitants appartiennent à des minorités ethniques. Autrefois, pour déposer un simple dossier d’enregistrement d’une activité religieuse, le responsable de l’établissement devait compléter à plusieurs reprises les documents et se déplacer entre différents niveaux administratifs.

Aujourd’hui, nombre de ces démarches sont traitées direc-tement au niveau local. Les agents guident les demandeurs dès le début, précisent immédiatement les pièces manquantes et échangent directement avec eux, ce qui rend la procédure plus rapide et réduit considérablement le temps et les coûts.

"Les agents nous orientent désormais dès le départ, tout est expliqué clairement. Nous n’avons plus besoin de parcourir de longues distances ni de solliciter plusieurs administrations comme auparavant", confie le vénérable Thích Khai Ban, responsable de cet édifice religieux.

Ces changements dépassent la simple réforme administrative. Ils renforcent la confiance de la population et contribuent à la vitalité culturelle et religieuse des fidèles, des citoyens et des établissements concernés.

Cérémonie de prière pour la paix, la prospérité nationale et le bien-être du peuple, organisée au sommet du mont Bà Đen, à Tây Ninh (Sud).
Photo : VNA/CVN

Un outil à double tranchant

L’essor des technologies et du cyberespace a profondément transformé la vie religieuse. Autrefois limitée à un cercle restreint, la diffusion des enseignements ne dépassait guère l’entourage immédiat. Aujourd’hui, grâce aux réseaux numériques, les moines bouddhistes disposent de "la possibilité de partager largement les enseignements du Bouddha, non seulement auprès des fidèles, mais aussi auprès des chercheurs et des curieux intéressés par le bouddhisme", souligne le vénérable Thích Bao Nghiêm. Le cyberespace s’impose ainsi comme un vecteur puissant de transmission spirituelle et culturelle, capable de relier les communautés religieuses bien au-delà des frontières nationales.

Mais, d’après lui, cette ouverture comporte aussi des risques. L’espace numérique est une "lame à double tranchant" : s’il favorise la circulation des valeurs positives et des politiques publiques, il peut également être exploité par des acteurs malveillants pour déformer les lignes directrices de l’État en matière de croyances et de religions, ou pour propager des informations non vérifiées. Ces dérives peuvent menacer l’unité religieuse et fragiliser le lien entre les communautés croyantes et les institutions. C’est pourquoi la Loi de 2026 établit des principes clairs pour encadrer les activités religieuses en ligne : elle encourage l’usage des technologies tout en garantissant la sécurité numérique et en prévenant les abus.

Le vénérable rappelle également que "les religions contribuent considérablement à l’essor de domaines d’intérêt général tels que l’éducation, la santé, la protection de l’environnement et la vitalité culturelle au niveau local".

Cérémonie religieuse dans la paroisse de Lang Vân, province de Ninh Bình (Nord).
Photo : VNA/CVN

Ce nouveau texte offre donc un cadre plus favorable pour renforcer ces contributions, tout en assurant un juste équilibre entre les exigences de la gestion publique et les besoins légitimes de la population en matière de croyance et de pratique religieuse.

La communauté bouddhiste Hoà Hao, implantée dans la province d’An Giang (Sud), en est une illustration concrète : ses fidèles ont participé activement au progrès socio-économique local par des actions caritatives comme la construction de ponts, de routes et de logements sociaux, l’aide aux plus démunis, le don de sang ou les soins médicaux gratuits.

"Le Parti et l’État ont apporté un soutien important à l’Église bouddhique Hoà Hao en créant des conditions favorables à l’essor de ses activités", se félicite Nguyên Huy Diêm, vice-président permanent de son Comité exécutif central.

 Vân Anh/CVN

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