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| Le noyau du Centre financier international du Vietnam se trouve sur la péninsule de Thu Thiêm, à Hô Chi Minh-Ville. |
| Photo : VNA/CVN |
Depuis le lancement du Dôi Moi (Renouveau), Hô Chi Minh-Ville s’est imposée comme le laboratoire des réformes économiques du pays. La création en 1991 de la zone franche de Tân Thuân, première du Vietnam, a marqué le début de l’ouverture aux investissements directs étrangers (IDE). Le parc de haute technologie inauguré en 2002, puis la zone agricole de haute technologie en 2004, ont confirmé cette stratégie : attirer des projets à forte valeur ajoutée plutôt que de se limiter à une main-d’œuvre compétitive.
Plus de trois décennies plus tard, cette orientation a profondément transformé la métropole. D’un centre manufacturier, elle est devenue un pôle régional de recherche et de développement (R&D), d’innovation et de technologies de pointe.
Le parcours du groupe allemand Bosch illustre cette évolution. Implantée au Vietnam depuis 1994, l’entreprise emploie aujourd’hui près de 6.000 personnes. Son évolution reflète celle de l’économie locale : partie d’activités industrielles classiques, elle s’est progressivement orientée vers des secteurs à forte intensité technologique.
Selon Andre de Jong, directeur général de Bosch Vietnam, “la ville attire désormais des groupes internationaux dans des domaines stratégiques tels que les semi-conducteurs, l’intelligence artificielle, l’électronique ou encore les services technologiques. Parallèlement, un solide réseau de fournisseurs et d’entreprises de soutien s’est développé autour de ces investissements”.
IDE de nouvelle génération
Bosch compte aujourd’hui six entités au Vietnam, quatre pôles de R&D et d’innovation, ainsi que plusieurs centres de services partagés. Près de 4.000 ingénieurs vietnamiens y participent au développement de logiciels automobiles, de puces électroniques et de capteurs de nouvelle génération.
“La ville demeure le moteur économique du Vietnam. Son environnement des affaires, la qualité de ses ressources humaines et son écosystème d’innovation expliquent pourquoi un nombre croissant d’investisseurs internationaux choisissent d’y développer leurs activités”, souligne Andre de Jong.
Bosch n’est pas un cas isolé. Intel, Samsung, Nidec ou encore la société tchèque EmbedIT ont également choisi Hô Chi Minh-Ville pour développer leurs activités en Asie du Sud-Est. Leur implantation illustre une mutation profonde : la compétitivité de la métropole repose désormais sur la qualité des talents, le climat des affaires et la capacité d’innovation, davantage que sur le seul coût du travail.
Les chiffres confirment cette dynamique. Au 31 mai 2026, la mégalopole recensait près de 21.000 projets d’IDE représentant plus de 143 milliards de dollars de capitaux enregistrés, soit le plus important portefeuille d’investissements étrangers du pays. Au premier semestre 2026, les nouveaux investissements ont encore dépassé 6,8 milliards de dollars.
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| La zone franche de Tân Thuân, première du Vietnam. |
| Photo : Trung Tuyên/VNA/CVN |
Lors d’une conférence consacrée à la mise en œuvre de la Résolution No10 du Politburo du Parti sur le développement d’une nouvelle génération d’entreprises à capitaux étrangers, le président du Comité populaire municipal, Nguyên Van Ðuoc, a rappelé que le secteur des IDE représente près de 20% du Produit intérieur brut régional (PIBR) et plus de la moitié des exportations de sa ville.
Pour les autorités, le modèle fondé sur une main-d’œuvre à bas coût, des avantages fiscaux et des disponibilités foncières atteint aujourd’hui ses limites. Dans un contexte de recomposition des chaînes de valeur mondiales, la concurrence entre métropoles se joue désormais sur la qualité des institutions, la sécurité juridique, la capacité d’innovation et l’accès aux talents.
Cap sur la finance mondiale
C’est dans cette logique que Hô Chi Minh-Ville fait du futur Centre financier international l’un des piliers de sa stratégie de développement. Au-delà de l’attraction des banques et des fonds d’investissement, ce projet vise à mobiliser des capitaux de long terme au service des infrastructures, des technologies de pointe et des industries à haute valeur ajoutée, tout en diffusant les standards internationaux de gouvernance financière.
Pour le Pr. associé-Dr. Nguyên Huu Huân, vice-président de l’organe de direction du Centre financier international du Vietnam à Hô Chi Minh-Ville (VIFC-HCMC), “ce nouvel écosystème renforcera la compétitivité de la mégapole du Sud dans la course aux capitaux internationaux”.
Même analyse pour Nguyên Thúy Hanh, directrice générale de Standard Chartered Vietnam, qui estime qu’“il offrira aux entreprises vietnamiennes un meilleur accès aux financements internationaux et facilitera leur intégration dans les chaînes de valeur mondiales”.
En passant d’une politique axée sur le volume des investissements à une stratégie privilégiant leur qualité, leur durabilité et leur capacité de diffusion technologique, la mégalopole ouvre une nouvelle étape de son développement. Plus qu’un simple pôle d’attraction des capitaux étrangers, elle ambitionne désormais de devenir un véritable écosystème d’innovation, capable d’affirmer son rôle de locomotive de l’économie nationale et de renforcer son rayonnement régional et international.
Hua Chung - Câm Sa/CVN




