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| Le Vietnam demeure ouvert aux investisseurs étrangers et s’engage à les accompagner dans leurs projets. |
| Photo : VNA/CVN |
La Résolution N°10 du Politburo du Parti relative au développement du secteur à capitaux étrangers marque une étape majeure dans l’évolution de la stratégie de croissance vietnamienne. Il s’agit d’une composante importante de l’économie nationale, cependant l’objectif n’est plus seulement d’attirer des capitaux, mais de sélectionner des projets de haute qualité, capables de favoriser le transfert de technologies et de renforcer les capacités productives locales.
Le texte réaffirme la position constante du Vietnam : cette filière est appelée à se développer durablement et à bénéficier d’un traitement équitable au même titre que les autres secteurs économiques. L’État garantit les droits de propriété, la sécurité des capitaux investis et les intérêts légitimes des investisseurs. Il s’engage à construire un environnement des affaires transparent, stable et prévisible, condition indispensable pour attirer des projets de long terme.
Dans un contexte de concurrence internationale accrue, certains auraient mal compris que le Vietnam pourrait réduire le rôle des entreprises à capitaux étrangers. La Résolution apporte une réponse nette : le pays ne cherche pas à opposer entreprises nationales et étrangères, mais à bâtir un écosystème inclusif où toutes les ressources - locales et internationales - sont mobilisées au service du développement.
Le secrétaire général du Parti et président de la République, Tô Lâm, a résumé cette orientation en affirmant : “Nous créons toutes les conditions favorables pour que les investisseurs disposant de capacités, de technologies et d’un engagement à long terme puissent réussir au Vietnam“.
De la quantité à la valeur ajoutée
Depuis le lancement de la politique de Renouveau (Dôi moi) en 1986, les investissements directs étrangers (IDE) ont profondément transformé l’économie vietnamienne. Selon le dirigeant Tô Lâm, ils ont permis “d’accélérer la restructuration, de renouveler le modèle de croissance, de faire émerger des industries clés et d’élargir les marchés à l’exportation”. Grâce à eux, le Vietnam a pu “s’intégrer plus profondément aux chaînes de valeur mondiales et accéder à des technologies modernes et à des méthodes de gestion avancées”.
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| Le Vietnam cherche à utiliser efficacement ces ressources pour renforcer ses capacités technologiques, sa compétitivité et l’autonomie de son économie. |
| Photo : VNA/CVN |
Cependant, des limites subsistent. Le pays reste dépendant d’une main-d’œuvre bon marché et d’une exploitation intensive des ressources naturelles. La valeur ajoutée locale demeure limitée, et les liens entre entreprises étrangères et vietnamiennes n’ont pas produit les effets d’entraînement attendus en matière de transfert de technologies et de savoir-faire.
Tô Lâm a lui-même reconnu que “la qualité et l’efficacité de l’attraction, de la gestion et de l’utilisation des investissements étrangers ne sont pas encore à la hauteur des potentiels et des avantages du pays et ne répondent pas pleinement aux exigences de la nouvelle phase de développement”.
Partant de ce constat, la Résolution N°10 introduit un changement fondamental : passer d’une logique d’attraction des capitaux à une logique de création de valeur. Comme l’a souligné Tô Lâm : “Aujourd’hui, le Vietnam se trouve dans une position différente. Nous ne nous demandons plus comment obtenir davantage de capitaux étrangers ; nous devons désormais répondre à une question plus difficile : comment utiliser efficacement ces ressources afin de renforcer les capacités technologiques, la compétitivité et l’autonomie de l’économie“.
L’investissement durable de demain
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| Zone industrielle de Tràng Duê, à Hai Phong (Nord), l’une des principales destinations des investissements directs étrangers au Vietnam. |
| Photo : VNA/CVN |
Le Vietnam ne juge plus les investissements uniquement à l’aune du volume des capitaux enregistrés, mais privilégie les projets de haute technologie, à forte valeur ajoutée, capables de favoriser le transfert de technologies et de créer des liens durables avec les entreprises domestiques.
Cette nouvelle approche articule secteurs public et privé, entreprises vietnamiennes et étrangères dans une stratégie globale de renforcement de la compétitivité nationale.
Pour concrétiser cette ambition, plusieurs axes prioritaires sont définis : perfectionner les institutions afin de garantir un cadre juridique clair et stable, améliorer l’environnement des affaires pour réduire les coûts de conformité et renforcer la confiance des investisseurs, développer des ressources humaines hautement qualifiées capables de répondre aux besoins des industries de pointe, moderniser les infrastructures, promouvoir les économies numérique et verte en intégrant les technologies durables et innovantes, et renforcer les liens entre entreprises étrangères et vietnamiennes pour favoriser le transfert de savoir-faire.
Parallèlement, l’État entend améliorer l’efficacité de son action en passant progressivement d’une logique de contrôle administratif à une logique d’accompagnement et de création d’un environnement favorable à la croissance.
Un principe demeure intangible : le développement ne saurait se faire au détriment des intérêts fondamentaux du pays. Tô Lâm rappelle : “Nous ne devons pas être compétitifs en abaissant les normes ou en sacrifiant l’environnement, les ressources naturelles, la protection sociale et la sécurité économique au profit d’une croissance à court terme. Nous devons au contraire être compétitifs grâce à la qualité des institutions, à des infrastructures modernes, à des ressources humaines hautement qualifiées, à la réduction des coûts de conformité, à des services publics performants et à un environnement des affaires stable et prévisible“.
Des objectifs ambitieux à atteindre
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Cette déclaration illustre une profonde évolution de la stratégie vietnamienne. Le pays ne fonde plus son attractivité sur de faibles coûts ou des incitations fiscales illimitées, mais sur la qualité de ses institutions, le niveau de qualification de sa main-d’œuvre, l’innovation et le développement durable. Cette approche doit permettre d’attirer une nouvelle génération d’IDE, plus responsables, plus innovants et créateurs d’une valeur durable pour l’économie nationale.
La Résolution N°10 dépasse le cadre de la politique d’attraction des IDE. Elle constitue une véritable stratégie de renforcement des capacités nationales grâce à une mobilisation plus efficace des ressources internationales. Avec l’objectif d’attirer entre 200 et 300 milliards de dollars d’IDE sur la période 2026-2030 et de porter la contribution du secteur à environ 30% du PIB d’ici 2045, le Vietnam entend bâtir un environnement d’investissement moderne, transparent, sûr et attractif pour les investisseurs stratégiques.
Le message est clair : le Vietnam demeure ouvert aux investisseurs étrangers et s’engage à les accompagner dans leurs projets. Mais cette ouverture s’inscrit désormais dans une stratégie de croissance fondée sur l’innovation, la science, la technologie et l’autonomie économique, considérées comme les piliers de l’ambition de bâtir un Vietnam prospère et puissant à l’horizon 2045.
Pour que cette ambition se concrétise, une orientation politique claire ne suffit pas. Sa réussite dépendra d’une mise en œuvre résolue, d’une coordination efficace entre autorités centrales et locales, ainsi que d’une évolution des méthodes de travail. Comme l’a indiqué Tô Lâm, les cadres et les membres du Parti doivent passer d’une “pensée de gestion” à une “pensée de service et de création”, en plaçant citoyens et entreprises au cœur du processus de développement.
Xuân Hoàng/CVN





