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| Hà Thị Thanh Hương, responsable du Département d’ingénierie tissulaire et de médecine régénérative de l’Université internationale. |
| Photo : CTV/CVN |
Le 14 octobre à Dà Nang (Centre), la Professeure associée Hà Thị Thanh Hương, responsable du laboratoire de santé cérébrale de l’Université internationale, relevant de l’Université nationale de Hô Chi Minh-Ville, a reçu le premier prix de la catégorie "Mid-Career" du Prix scientifique ASEAN - États-Unis pour les femmes 2026. La cérémonie de remise des prix s’est déroulée dans le cadre de la 90e réunion du Comité de l’ASEAN pour la science, la technologie et l’innovation (COSTI-90).
Cette année, le prix a mis à l’honneur les applications de l’IA susceptibles de rendre les systèmes de santé de l’ASEAN plus inclusifs et résilients. Hà Thị Thanh Hương est la deuxième Vietnamienne à obtenir cette distinction, après Nguyễn Thị Hiệp, chercheuse au sein de la même université, récompensée en 2017.
Des technologies au service du cerveau
À la tête du Brain Health Lab, Mme Hương développe des recherches à la croisée des neurosciences, du génie biomédical et de l’IA. Objectif : concevoir des outils capables de faciliter le dépistage et le suivi des maladies neurologiques, tout en contribuant à une meilleure prise en charge de la santé mentale.
L’un de ses projets phares, Brain Analytics, lancé en 2023, repose sur l’analyse d’images cérébrales par résonance magnétique (IRM) à l’aide de l’IA. Le logiciel vise à assister les professionnels de santé dans le diagnostic de la maladie d’Alzheimer. Entraîné et testé sur la base de données américaine ADNI, il atteint une précision d’environ 96%.
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| Hà Thị Thanh Hương (4e à gauche) aux côtés des autres lauréates du Prix scientifique ASEAN - États-Unis pour les femmes 2026, le 14 octobre à Đà Nẵng. |
| Photo : CTV/CVN |
L’outil a été expérimenté par des médecins et des étudiants en médecine dans huit hôpitaux vietnamiens. Parmi les utilisateurs, 80% se sont déclarés satisfaits de ses fonctionnalités. L’équipe poursuit aujourd’hui l’adaptation du modèle à partir d’images IRM de cerveaux vietnamiens, afin d’en évaluer la pertinence dans le contexte clinique national.
Autre initiative, Brain Train est une application développée avec la Faculté des technologies de l’information de l’Université internationale et l’Hôpital militaire 175. Elle propose des exercices de stimulation cognitive aux personnes présentant un trouble cognitif léger.
Les recherches portent également sur l’utilisation de l’IA pour accompagner les personnes souffrant de dépression ou de troubles anxieux. L’analyse conjointe d’images cérébrales et de la voix figure parmi les pistes étudiées pour repérer plus tôt les signes de la maladie d’Alzheimer. L’équipe travaille par ailleurs sur un système associant électroencéphalographie et stimulation par ultrasons.
Ces travaux ont une ambition commune : améliorer le repérage précoce des troubles, leur suivi et les possibilités d’intervention. Pour la chercheuse, ces avancées sont le fruit d’une collaboration étroite entre scientifiques, étudiants et doctorants issus de plusieurs disciplines, de l’informatique à la médecine clinique, en passant par le génie biomédical.
Un itinéraire dédié à la recherche
Diplômée major de sa promotion en biotechnologie à l’Université des sciences naturelles de Hô Chi Minh-Ville, Hà Thị Thanh Hương a commencé son parcours scientifique au Royaume-Uni, comme assistante de recherche au Centre de recherche clinique de l’Université d’Oxford.
En 2012, elle a obtenu une bourse pour poursuivre un doctorat en neurosciences à l’Université Stanford, aux États-Unis. Après avoir achevé sa formation en 2018, elle est rentrée au Vietnam et a rejoint l’Université internationale pour y poursuivre ses activités d’enseignement et de recherche.
Elle y a constitué une équipe pluridisciplinaire consacrée à la santé cérébrale et accompagne les étudiants dans leurs projets scientifiques. Son bilan comprend 44 publications, dont 19 dans des revues internationales de référence. Elle est également titulaire d’un certificat de solution technique utile et a obtenu la validation d’une demande d’enregistrement pour une autre solution.
Son parcours a été récompensé par plusieurs distinctions, parmi lesquelles le Prix des jeunes scientifiques de l’Organisation internationale de recherche sur le cerveau (IBRO), la bourse L’Oréal-UNESCO “Pour les femmes et la science”, le Prix scientifique et technologique “Gloire du Vietnam”, le titre de “Jeune citoyenne exemplaire de Hô Chi Minh-Ville” et le Prix des femmes vietnamiennes.
Parallèlement à ses recherches, Mme Hương s’attache à mieux faire connaître les enjeux de la santé mentale. Elle plaide pour une approche fondée sur les connaissances scientifiques de troubles tels que la dépression, l’anxiété et la maladie d’Alzheimer, afin de lutter contre les préjugés et d’encourager les personnes concernées à solliciter des soins adaptés.
La distinction décernée en 2026 souligne ainsi l’apport de ses recherches à l’innovation médicale et à la santé publique. Elle met également en lumière les travaux interdisciplinaires conduits à l’Université nationale de Hô Chi Minh-Ville pour rapprocher recherche scientifique, technologies et besoins concrets des patients.
Prix scientifique ASEAN - États-Unis pour les femmes
Créé en 2014, le Prix scientifique ASEAN - États-Unis pour les femmes récompense les contributions des chercheuses dans les domaines des sciences, des technologies, de l’ingénierie et des mathématiques (STEM).
En 2026, deux catégories étaient proposées : les femmes scientifiques en milieu de carrière, âgées de 45 ans au plus, et les scientifiques confirmées, âgées de 46 ans et plus. Dans chacune d’elles, le premier prix était doté de 12.500 dollars, tandis qu’une distinction honorifique était assortie d’une récompense de 5.000 dollars.
Thao Nguyên/CVN



