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| À 71 ans, Nguyên Nhât Anh maintient un rythme d’écriture soutenu, avec au moins un nouvel ouvrage publié chaque année. |
| Photo: VHTT/CVN |
À Hô Chi Minh-Ville, des centaines de lecteurs ont fait la queue à la mi-juin 2026 pour rencontrer Nguyên Nhât Anh lors d’une séance de dédicaces consacrée au coffret Nguyên Nhât Anh - Tu sach dên phim (De la page à l’écran), publié pour célébrer les 45 ans des Éditions Tre (Jeunesse) et le cinquantenaire de la Société par actions de distribution de livres de Hô Chi Minh-Ville (FAHASA).
L’édition rassemble quatre romans devenus des succès cinématographiques : Mat biêc (Les yeux rêveurs), Cô gai dên tu hôm qua (La fille venue d’hier), Tôi thây hoa vàng trên co xanh (Des fleurs jaunes sur l’herbe verte) et Ngày xua co môt chuyên tinh (Il était une fois une histoire d’amour). Les ouvrages sont proposés dans une version reliée, illustrée par des images issues des adaptations.
Pour Nguyên Nhât Anh, l’adaptation cinématographique permet à une œuvre de prolonger sa vie. “Une œuvre littéraire ressemble à un plat préparé par un autre chef. L’auteur comme les lecteurs découvrent alors une nouvelle version de l’histoire, qui poursuit ainsi son parcours”, affirme-t-il.
Projets en attente
La principale annonce de cette rencontre concerne l’avenir des œuvres de Nguyên Nhât Anh sur grand écran.
L’écrivain révèle que quatre à cinq de ses romans ont déjà été acquis en vue d’une adaptation cinématographique, parmi les-quels Ngôi khoc trên cây (En pleurs dans un arbre), l’un de ses titres les plus populaires.
Ces projets illustrent la capacité de son univers littéraire à traverser les générations et à continuer d’inspirer le cinéma vietnamien. Nguyên Nhât Anh reste toutefois lucide sur les limites de l’exercice. “Préserver l’intégralité d’un roman à l’écran est extrêmement difficile, voire impossible”, souligne-t-il.
Il cite l’exemple de Tôi thây hoa vang trên co xanh (Des fleurs jaunes sur l’herbe verte), dont une scène qu’il affectionne particulièrement - un père partant de nuit, lampe à la main, à la recherche de ses deux enfants - n’a pas été retenue dans le film.
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| Une scène du film Tôi thây hoa vang trên co xanh (Des fleurs jaunes sur l’herbe verte). |
| Photo: VHTT/CVN |
Pour l’auteur, cette différence est inévitable : un roman compte plusieurs centaines de pages, tandis qu’un film doit raconter une histoire en moins de deux heures. “La lecture et le cinéma obéissent à des logiques différentes. Quelques minutes d’inattention devant un film suffisent à perdre le fil du récit”, explique-t-il.
Sa seule exigence envers les réalisateurs est de préserver le message et l’esprit de l’œuvre. Plus surprenant encore, il affirme n’avoir jamais lu les scénarios inspirés de ses romans afin de ne pas influencer le travail des équipes.
Chacun son champ
La perspective d’une adaptation ratée ne semble guère le préoccuper. “Si le film est meilleur que le livre, c’est que le réalisateur est talentueux. S’il est mauvais, cela ne change rien pour moi. Chacun son domaine ; le mien, c’est la littérature”, résume-t-il avec humour.
Et d’ajouter : “Si je passais mon temps à me préoccuper des adaptations, je n’aurais plus le temps d’écrire”.
Originaire de la province de Quang Nam, l’écrivain considère toutefois Hô Chi Minh-Ville comme la ville qui a le plus marqué son parcours. “C’est ici que j’ai vécu le plus longtemps, travaillé et fondé une famille”, rappelle-t-il.
La métropole sert de décor à plusieurs de ses œuvres, parmi lesquelles Nu sinh (Les lycéennes), Cô gai dên tu hôm qua (La fille venue d’hier), Con chim xanh biêc bay vê (Le retour de l’oiseau bleu) ou encore la série Kinh van hoa (Kaléidoscope), forte de 54 volumes.
Écrire pour vivre
À 71 ans, Nguyên Nhât Anh continue de publier avec une régularité remarquable, offrant presque chaque année un nouveau livre à ses lecteurs.
Interrogé sur le secret de cette longévité créative, il répond sans hésiter : “La chose la plus importante est l’amour du métier. Écrire est un travail extrêmement difficile. Rester seul devant son clavier quatre ou cinq heures par jour peut donner l’impression d’une punition. Sans passion, il est impossible de tenir”.
Cette discipline repose aussi sur une hygiène de vie rigoureuse. “Un esprit serein a besoin d’un corps solide. Si vous avez mal au dos au bout de quelques minutes, vous ne pouvez pas écrire. Je fais de l’exercice tous les jours”, confie-t-il.
Puis vient une phrase qui résume son rapport à l’écriture : “Quand j’écris, j’ai le sentiment d’être vivant”.
Une philosophie qui continue d’accompagner l’un des auteurs les plus lus du Vietnam. Dès le mois de juillet, Nguyên Nhât Anh retrouvera son public avec un nouveau roman, Chuyên tinh thi trân (Une histoire d’amour au bourg).
Thao Nguyên/CVN





