Hoàng Ngoc Vu, le pari du hoàng dàn Huu Liên

Après avoir quitté un emploi stable, Hoàng Ngoc Vu, jeune Tày de Lang Son, est retourné dans sa région natale pour se consacrer au hoàng dàn Huu Liên (Cupressus tonkinensis), une essence rare également appelée hoàng dàn tuyêt. Son parcours conjugue réussite économique, transmission des savoir-faire et préservation d’un précieux patrimoine végétal local.

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Hoàng Ngoc Vu s’occupe de jeunes hoàng dàn tuyêt âgés d’un an. 
Photo: VNA/CVN

Depuis quatre ans, sa pépinière Dât Phât, implantée dans la commune montagneuse de Dinh Lâp, multiplie cette essence emblématique et crée des emplois pour les habitants. Diplômé en gestion foncière de l’Académie de l’agriculture du Vietnam, le jeune entrepreneur avait d’abord tenté l’orchidée-bijou et le sâm bô chinh (Abelmoschus sagittifolius). Mais trop exigeantes en matière de sol et d’altitude, ces deux plantes se sont mal adaptées au climat local.

Après la pandémie de COVID-19, il a porté son attention sur hoàng dàn Huu Liên. Son bois tendre, résistant aux termites et peu sujet au retrait, est prisé pour l’artisanat d’art et le mobilier haut de gamme, tandis que son huile essentielle est utilisée notamment en parfumerie et dans certains domaines médicaux.

L’arbre doit son appellation de hoàng dàn tuyêt à une particularité remarquable : après la sculpture, l’huile qu’il renferme suinte du bois avant de se cristalliser en fines particules scintillantes, évoquant la neige.

De l’échec à la maîtrise des techniques

La multiplication du hoàng dàn Huu Liên reste particulièrement délicate, avec un taux naturel de germination de seulement 0 à 5%. Pour Hoàng Ngoc Vu, cette difficulté est devenue un défi à relever.

"Cet arbre ne poussait autrefois que dans la réserve naturelle de Huu Liên. Sa culture est exigeante et requiert une technique rigoureuse. À l’époque, je n’avais même pas de capital, mais j’ai décidé de tenter l’expérience", raconte-t-il.

Pour lancer son projet, il a dû convaincre ses proches et mobiliser ses premiers financements. Il s’est également appuyé sur les conseils techniques de ses anciens enseignants de l’Académie de l’agriculture du Vietnam. Après trois années de persévérance, il a progressivement amélioré ses techniques de multiplication et réinvesti ses revenus dans les plants, les équipements et les serres.

Pour gagner la confiance des clients, le jeune entrepreneur mise sur la transparence. Il partage régulièrement son expérience sur les réseaux sociaux et reste disponible pour accompagner les acheteurs après la vente. "Lorsqu’ils voient que je produis réellement, que je maîtrise les techniques et que je suis prêt à les aider, la confiance s’installe peu à peu", souligne-t-il.

Une réussite au service du territoire

D’un modeste espace de production, la pépinière Dât Phât s’est développée jusqu’à couvrir 5.000 m², avec quelque 30.000 plants évalués à plusieurs dizaines de milliards de dôngs. Elle offre aujourd’hui un revenu régulier à plusieurs habitants de la région.

Pour Luu Thi Ngoc, employée depuis plusieurs années, ce travail a changé son quotidien. "Avant, je travaillais au gré des opportunités, avec des périodes sans emploi. Ici, j’ai un revenu stable et un travail adapté", témoigne-t-elle.

Au-delà de cette réussite économique, Hoàng Ngoc Vu entend préserver les ressources génétiques du Cupressus tonkinensis, une essence rare des montagnes de Lang Son. Il espère ainsi contribuer à sa conservation et, à terme, à son retrait de la Liste rouge du Vietnam.

Son savoir-faire, loin d’être gardé comme un secret commercial, est également partagé. Il a conçu un guide gratuit sur la culture et l’entretien du hoàng dàn tuyêt pour aider les acheteurs à mieux prendre soin de leurs plants. La pépinière accueille désormais jeunes et agriculteurs venus se former, certains s’inspirant de cette expérience pour développer leurs propres activités.

"Ce que j’ai appris ne doit pas rester à la pépinière. Plus nous serons nombreux à savoir cultiver cette essence correctement, plus nous pourrons améliorer les revenus des agriculteurs tout en préservant cette ressource précieuse", affirme-t-il.

Cette démarche lui a valu, en 2025, de figurer parmi les 30 jeunes agriculteurs récompensés par le prix Luong Dinh Cua, décerné par l’Union de la jeunesse communiste Hô Chi Minh pour distinguer les initiatives agricoles remarquables.

Thao Nguyên/CVN

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