>> Essence E10 : vers une énergie plus propre au Vietnam
>> Vietnam : vers une généralisation de l'essence E10 à partir du 1er juin
>> Vers une mise en circulation généralisée de l’essence E10 sur le marché
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| La généralisation de l’E10 s’inscrit dans la stratégie nationale de transition énergétique visant à réduire les émissions de gaz à effet de serre. |
| Photos : CTV/CVN |
Le Vietnam envisage d’accélérer la généralisation de l’essence E10 à l’échelle nationale, devançant le calendrier initial du ministère de l’Industrie et du Commerce, qui fixait au 1er juin 2026 l’échéance de cette transition pour substituer progressivement les carburants fossiles.
Selon la feuille de route en vigueur, à compter de cette date, toutes les essences sans plomb conformes aux normes devront contenir 10% d’éthanol avant leur mise sur le marché. Parallèlement, l’E5 RON92 continuera d’être produite et distribuée jusqu’à fin 2030.
Dans un contexte d’incertitudes énergétiques croissantes, le Premier ministre Pham Minh Chinh a signé, le 19 mars, la Directive No09 relative au renforcement des économies d’énergie, à la promotion de la transition énergétique et au développement des transports électriques. Il a également chargé le ministère de l’Industrie et du Commerce de promouvoir les biocarburants et de préparer le passage à l’E10.
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“Accélérer l’adoption des biocarburants contribue non seulement à créer une demande stable pour les produits agricoles et à réduire la pollution de l’air, mais aussi à diminuer considérablement la dépendance aux énergies fossiles”, a déclaré Bùi Ngoc Bao, président de l’Association pétrolière du Vietnam (VINPA).
Un déploiement plus rapide de l’E10 à l’échelle nationale pourrait aussi contribuer à faire baisser les prix des carburants, les taxes environnementales et les droits d’accise sur les biocarburants étant inférieurs à ceux appliqués à l’essence minérale.
En 2025, le pays a consommé environ 11,37 millions de mètres cubes d’essence. Avec l’incorporation d’E10, qui contient 10 % d’éthanol, la quantité d’énergie fossile remplacée serait substantielle. Si le pays se tournait vers des mélanges plus riches, tels que l’E15, l’E20 ou des variantes de biodiesel comme le B15 et le B20, à l’instar d’autres pays, sa dépendance aux importations de carburants diminuerait encore davantage.
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| E10 est un mélange composé de 90 à 91% d’essence fossile et de 9 à 10% d’éthanol d’origine biologique. |
| Photo : VNA/CVN |
Actuellement, le Vietnam ne couvre qu’environ 30% de sa demande intérieure en carburant, les 70% restants étant assurés par les importations. “Tout programme contribuant à réduire la dépendance aux énergies fossiles revêt une importance stratégique”, a souligné Bùi Ngoc Bao, précisant que les conditions sont désormais réunies pour généraliser l’utilisation de l’E10 à l’échelle nationale dès avril.
Les entreprises nationales intensifient leur production de biocarburants. Hô Ngoc Linh, chef adjoint chargé de l’ingénierie pétrolière du Groupe national du pétrole du Vietnam (Petrolimex), a indiqué que son entreprise teste la vente d’essence E5 et E10 à Hô Chi Minh-Ville depuis août 2025.
Petrolimex exploite actuellement sept dépôts de mélange prêts à distribuer l’E10 dans tout le pays, s’appuyant sur un réseau de plus de 2.800 stations-service déjà équipées des infrastructures nécessaires. Le groupe accélère l’achèvement de ses installations afin de déployer prochainement la distribution simultanée de l’E10 sur le marché. En termes d’approvisionnement, il aurait besoin, à lui seul, de 45.000 à 50.000 m3 d’éthanol par mois pour le mélange E10.
Face à l’escalade des tensions en Iran, susceptibles d’affecter les marchés mondiaux de l’énergie, la Société par actions de raffinage et de pétrochimie de Binh Son (BSR), exploitante de la raffinerie de Dung Quât, a anticipé ces tensions en élaborant des scénarios opérationnels pour garantir un approvisionnement stable en biocarburants sur le marché intérieur.
Fin mars 2026, la raffinerie de Dung Quât avait reçu environ 60.000 tonnes d’éthanol (E100) de l’usine de biocarburants pétroliers du Centre pour le mélange à l’essence E10. Cet approvisionnement devrait contribuer à accroître la production nationale de carburant, alors que les importations pourraient être limitées par des restrictions à l’exportation imposées par certains pays.
Pham Van Vuong, directeur de la société par actions de biocarburants pétroliers du Centre, a informé que l’installation a démarré ses essais le 20 janvier 2026 et produit son premier lot d’éthanol-carburant le 6 février. Dans un premier temps, la production a atteint environ 470 m³ et, dès le 12 février, elle a livré sa première cargaison de 210 m³ à la société BSR pour le mélange à l’essence E10 RON95.
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Après cette phase d’essai, l’usine a poursuivi l’amélioration et l’optimisation de ses opérations. À partir du 20 mars, elle devrait atteindre sa capacité optimale d’environ 60.000 tonnes d’éthanol par an, soit plus de 5.000 tonnes par mois.
Les copeaux de manioc constituent la principale matière première, dont l’approvisionnement est sécurisé par des contrats à long terme garantissant une fourniture stable. Concernant la production, la société se concentre initialement sur la livraison d’éthanol à BSR via un pipeline direct relié aux réservoirs de stockage de la raffinerie de Dung Quât. Des investissements ont également été réalisés dans le transport routier pour soutenir l’expansion future du marché.
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| Une station-service Petrolimex à Hanoï. |
| Photo : VNA/CVN |
Face à la demande croissante de biocarburants, la remise en service des usines d’éthanol nationales est considérée comme une solution essentielle pour renforcer l’autonomie énergétique du pays. Grâce à ses infrastructures de mélange et à ses systèmes intégrés existants, la raffinerie de Dung Quât devrait jouer un rôle majeur dans l’approvisionnement du marché en ce carburant.
Le président de l’Association vietnamienne des carburants, Bùi Ngoc Bao, a également souligné que la transition vers l’E10 ne présente pas de défis technologiques majeurs et que l’approvisionnement ne suscite pas d’inquiétudes importantes. À l’échelle mondiale, ce biocarburant partiel n’est pas un produit nouveau, et le Vietnam peut s’appuyer sur l’expérience des pays qui l’utilisent depuis des années.
Par ailleurs, les entreprises vietnamiennes disposent déjà d’une solide expérience en matière de mélange d’essence E5, tandis que l’E10 est testé dans plusieurs stations-service à travers le pays depuis août 2025.
“La feuille de route du 1er juin reste impérative. Cependant, compte tenu des tensions actuelles sur l’approvisionnement, les entreprises disposant des infrastructures nécessaires peuvent anticiper le mélange et commencer sa distribution plus tôt”, a affirmé Bùi Ngoc Bao.
Thuy Hà/CVN








