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| Photo : CTV/CVN |
Dans un paysage économique mondial marqué par la volatilité des prix de l’énergie et des exigences environnementales croissantes, l’industrie vietnamienne engage une mutation profonde. L’heure n’est plus à la survie, mais à une gestion proactive des ressources et à l’innovation technologique. Ce virage vers la "productivité verte" dépasse la seule responsabilité sociale et s’impose comme un levier stratégique de compétitivité et de résilience.
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L’adoption de technologies avancées permet aux entreprises de repenser leurs dépenses. Dans l’agroalimentaire, des solutions de gestion intelligente ont réduit la consommation d’eau et d’électricité de 15%. Plus remarquable encore, certains procédés ont vu le taux de produits défectueux reculer de 33% à 46%, entraînant une baisse directe de 10% des coûts de traitement des déchets.
Le secteur du textile habillement, pilier des exportations nationales, suit la même logique. La Société par actions des fibres synthétiques Century illustre parfaitement cette mutation. En remplaçant ses équipements énergivores par des machines de nouvelle génération et en optimisant l’architecture de ses usines pour maximiser l’éclairage naturel, l’entreprise a réalisé des gains notables. Nguyên Van Hai, responsable des services techniques, précise que l’installation de variateurs de fréquence et l’amélioration des systèmes d’air comprimé ont permis d’économiser plus de 2,6 millions de kWh, évitant ainsi l’émission de 12.768 tonnes de CO2.
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| Photo : CTV/CVN |
La quête d’autonomie énergétique se retrouve également chez la Sarl Son Hà, succursale de Hung Yên (Nord). Après un audit rigoureux, l’entreprise a investi 12 milliards de dôngs dans un système photovoltaïque d’une capacité de près de 1.000 kWh. Cet équipement couvre désormais 41% des besoins électriques de l’usine, la mettant à l’abri des fluctuations tarifaires tout en réduisant son empreinte carbone.
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La question énergétique dépasse désormais la simple gestion d’entreprise pour devenir un véritable enjeu de souveraineté. Comme le souligne Nguyên Tiên Huy, directeur du Bureau pour le développement durable des entreprises, rattaché à la Chambre du commerce et de l’industrie du Vietnam (VCCI), les ressources ne sont plus "un simple intrant" mais le facteur "déterminant de la compétitivité, de l’autonomie et de la position de l’économie". Cette vision est consacrée au plus haut niveau de l’État par la Résolution No 70 du Politburo, qui érige l’efficacité énergétique en pilier de la sécurité nationale jusqu’en 2045.
Pour les entreprises de logistique et de transport, l’impact est immédiat. Le carburant représente souvent la part la plus importante des coûts opérationnels. Des sociétés comme Traphaco, acteur de l’industrie pharmaceutique, ont ainsi réorganisé l’ensemble de leur chaîne logistique, en s’appuyant sur la technologie pour optimiser les trajets et réduire les émissions de gaz à effet de serre.
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| Photo : CTV/CVN |
Même les petites et moyennes entreprises (PME) mettent en place des mesures efficaces. Lai Hoàng Duong, directeur de la société informatique Thánh Gióng, détaille sa méthode : "Nous regroupons les commandes pour limiter les trajets, partageons les véhicules de fonction et privilégions systématiquement les échanges en ligne afin de réduire les déplacements inutiles". Ces ajustements, bien que modestes individuellement, contribuent collectivement à alléger la pression sur l’approvisionnement énergétique national.
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Le passage à une production à faible impact environnemental facilite aussi l’accès aux marchés internationaux les plus exigeants, notamment l’Union européenne. L’exemple de la Sarl de papier Xuân Mai est parlant. Après 20 ans d’existence, l’entreprise a investi environ 15 millions de dollars, dont 5 millions spécifiquement pour le traitement des eaux usées, afin que 80% à 90% de ses étapes de production soient conformes aux normes écologiques.
Pham Van Dung, vice président du conseil d’administration de Xuân Mai, souligne que malgré l’importance de l’investissement initial, les bénéfices à long terme sont indéniables : "Le modèle d’économie verte et circulaire a aidé l’entreprise à accroître sa réputation, à stabiliser ses commandes et à fidéliser ses partenaires internationaux".
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| La papeterie Xuân Mai construit un modèle de production verte grâce à des investissements ciblés dans ses systèmes de traitement. |
| Photo : CTV/CVN |
Dans la même veine, la Société de caoutchouc de Dà Nang (Centre) s’est tournée vers le recyclage des pneus usagés pour créer de nouveaux produits, répondant ainsi aux standards stricts de sécurité au travail et de protection de l’environnement.
En conclusion, la transition vers des modèles de production économes en ressources n’est plus une option, mais une nécessité absolue. Le concept de "productivité verte" s’impose comme l’outil idéal pour concilier croissance économique et préservation de l’environnement. Chaque investissement dans l’innovation technologique ou la maîtrise des consommations contribue, selon les mots de Nguyên Tiên Huy, non seulement à la santé financière des entreprises, mais aussi à la construction d’un futur énergétique durable pour l’ensemble du Vietnam.
Hông Anh/CVN










