>> Le Centre financier international du Vietnam accélère la concrétisation des investissements
>> Centre financier international : 20 milliards de dollars engagés pour l’économie
>> Lancement du système d’inscription des membres du VIFC du Vietnam
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| La péninsule de Thu Thiêm à Hô Chi Minh-Ville, la zone désignée comme le cœur du Centre financier international du Vietnam. |
| Photo : Quang Châu/VNA/CVN |
Le Centre financier international du Vietnam (VIFC) passe de la phase d'achèvement du cadre juridique à une phase de fonctionnement concret, ouvrant une "porte d'entrée" reliant les flux de capitaux internationaux à l'économie nationale. Pour les entreprises vietnamiennes, le VIFC n'est pas seulement un nouveau canal de levée de fonds, mais aussi un point d'accès à toute une chaîne de services financiers aux normes internationales, allant de la structuration du capital et de la notation de crédit aux paiements transfrontaliers et à la gestion des risques.
Des entreprises en quête de capitaux
Alors que les besoins en capital pour la croissance ne cessent d'augmenter, de nombreuses entreprises cherchent de nouveaux canaux de financement en dehors du marché traditionnel. Pour les start-up technologiques, en particulier dans la PropTech, le VIFC est perçu comme un tremplin vers les marchés de capitaux internationaux, en vue d'une introduction en bourse à l'étranger. Selon Nguyên Duc Quôc Anh, fondateur dans ce secteur, trois enjeux sont déterminants pour les start-up rejoignant le VIFC : un cadre juridique clair, la capacité de connexion avec les marchés, et la visibilité nécessaire pour commercialiser leurs produits.
À l'autre bout de l'économie, des entreprises exportatrices comme Cainver (représentée par Bill Nguyên) s'intéressent au VIFC pour ses opérations de paiement complexes : paiements tripartites, transbordements, transactions exigeant une justification aux normes internationales - actuellement traitées en grande partie via des places financières régionales comme Singapour. L'espoir placé dans le VIFC est de relier les atouts portuaires fluviaux et maritimes, ainsi que le commerce extérieur de Hô Chi Minh-Ville et du Sud, aux services financiers internationaux, directement sur le territoire national.
Lors des événements de promotion des investissements, l'intérêt provient aussi bien des entreprises financières que des entreprises industrielles, exportatrices et de nouveaux modèles d'affaires, avec une même dynamique : un besoin de capitaux importants et de long terme pour les infrastructures, la production, la logistique et la technologie - un besoin que les capitaux nationaux peinent à satisfaire entièrement.
Fonctionnement
La volonté de créer le VIFC s'inscrit dans une série de textes officiels : la conclusion du Bureau politique, les documents des XIIIe et XIVe Congrès du Parti, la conclusion N°18. Le cadre juridique de base a pris forme avec la Résolution N°222/2025 de l'Assemblée nationale, neuf décrets d'application, un plan de développement et un règlement de fonctionnement ; le mécanisme de pilotage au niveau national a été renforcé via un Conseil de gestion. Neuf décrets d'application, un plan de développement et un règlement de fonctionnement, le mécanisme de pilotage au niveau national ont été renforcés via un Conseil de gestion.
Le 11 août 2026, l'Autorité de gestion à Dà Nang et à Hô Chi Minh-Ville a publié la Décision N°01 relative aux formulaires d'enregistrement, à la reconnaissance des membres et à l'enregistrement des entreprises ; les deux localités préparent leur organisation, leurs ressources humaines, leurs infrastructures et la promotion des investissements. La Loi sur le développement urbain (adoptée le 24 août 2026) consacre son article 24 aux "mécanismes et politiques de promotion du développement du Centre financier international au Vietnam", posant les bases du passage du VIFC à un fonctionnement concret.
Selon Nguyên Huu Vu Khoa (de GOE Alliance), le VIFC apporte trois avantages majeurs : l'accès aux capitaux internationaux, des politiques de soutien, et des opportunités d'expansion vers les marchés étrangers - plutôt que de dépendre uniquement du marché intérieur.
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| Le Professeur associé et Docteur Nguyên Huu Huân, vice-président de l'Autorité de gestion du VIFC-HCMC. |
| Photo : VNA/CVN |
Le Professeur associé et Docteur Nguyên Huu Huân, vice-président de l'Autorité de gestion du VIFC-HCMC, souligne que la Loi sur le développement urbain ouvre un pont juridique officiel entre les membres du VIFC-HCMC et les organisations nationales souhaitant réaliser des transactions ou lever des capitaux internationaux. Les membres du VIFC-HCMC sont autorisés à fournir des services financiers et des services d'accompagnement (dans les limites de leur agrément) aux organisations nationales, tout en respectant les exigences en matière de change, de lutte contre le blanchiment d'argent, de financement du terrorisme et de gestion de la dette publique.
C'est précisément le point clé pour éviter que le VIFC ne devienne une "île financière" isolée, si ses membres ne réalisaient des transactions qu'entre eux. Lorsque les entreprises et projets nationaux accèdent, de manière encadrée, à l'écosystème du VIFC, le centre devient véritablement une porte d'entrée pour la levée de capitaux internationaux. Les entreprises éligibles ne se contentent pas d'"emprunter de l'argent" : elles peuvent accéder à toute une chaîne de services - conseil en structuration du capital, notation de crédit, audit, conseil juridique, garantie d'émission, organisation de prêts syndiqués, gestion des changes, assurance, conservation de titres, paiement, gestion des risques - particulièrement nécessaires pour les grands projets requérant des capitaux de long terme ou levés sur plusieurs marchés.
Un nouveau pôle de croissance
| Cérémonie d’annonce de la décision sur la création du Centre financier international du Vietnam. |
Alors que Hô Chi Minh-Ville cherche de nouveaux gisements de croissance, le VIFC est positionné non seulement comme un lieu de concentration d'institutions financières, mais aussi comme une véritable "infrastructure de capital" pour l'économie réelle de la ville. Selon la Résolution N°222/2025 de l'Assemblée nationale, le Centre financier international à Hô Chi Minh-Ville est orienté vers le développement de domaines tels que les marchés de capitaux, la gestion d'actifs, la finance verte, la finance numérique, les marchés de matières premières et les produits dérivés liés au commerce et à la logistique internationale.
La Loi sur le développement urbain ajoute un mécanisme permettant au Conseil populaire de Hô Chi Minh-Ville de réglementer l'émission d'obligations municipales et d'obligations de projet au sein du centre, afin de lever des fonds pour les projets prioritaires ; elle prévoit également un mécanisme de connexion entre le centre financier et les zones de libre-échange, les zones logistiques, les ports ouverts et les parcs technologiques.
Selon Nguyên Huu Huân, le VIFC-HCMC pourrait devenir le lieu où structurer, organiser et répartir des capitaux de long terme pour les projets de métro, de développement orienté transport (TOD), les ports, la logistique, l'aviation, la transition verte et les projets stratégiques de la ville. En connectant les flux de capitaux internationaux aux projets d'infrastructure, de commerce, de logistique et aux entreprises, le Centre pourrait devenir un maillon dans la formation de nouveaux pôles de croissance, tout en contribuant à diversifier les sources de capital et à réduire la pression sur les canaux de financement traditionnels.
Le VIFC-HCMC est identifié comme l'un des trois nouveaux moteurs de croissance de la ville, aux côtés de la logistique et de la science-technologie, en cohérence avec l'orientation de développement multipolaire d'Hô Chi Minh-Ville dans le projet de schéma directeur à horizon de cent ans. Le rôle du VIFC ne se limite pas à "attirer des capitaux" : il s'agit d'élever la qualité de la croissance en orientant les flux de capitaux vers des secteurs à haute productivité, à forte valeur ajoutée et durables. Dans ce modèle, le VIFC joue le rôle de "filtre" et de "répartiteur" de capitaux, en priorisant les projets de métro, de ports-logistique, d'énergies renouvelables, de transformation numérique et de haute technologie. En connectant les flux de capitaux internationaux aux projets prioritaires, la ville bénéficie non seulement de ressources financières supplémentaires, mais "importe" aussi des normes de gouvernance, des technologies et de nouveaux modèles d'affaires.
Des engagements aux capitaux réels
Après six mois d'activité (depuis son lancement le 11 février 2026), le VIFC-HCMC a enregistré environ 20 milliards de dollars d'engagements de capitaux de la part d'investisseurs et de partenaires nationaux et étrangers. L'objectif majeur reste toutefois de transformer ces engagements en flux de capitaux réels et en transactions concrètes. Selon M. Huân, un centre financier n'existe véritablement que lorsque des institutions y sont actives, que des capitaux y sont effectivement levés, que des produits y sont négociés et que des transactions transfrontalières y sont réalisées. L'indicateur clé pour la prochaine phase devra passer du "nombre de membres" au "volume de capitaux mobilisés, au nombre de transactions générées et aux besoins réels de financement de l'économie satisfaits".
Avis d'investisseurs internationaux
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| Andrew Oldland, président du groupe de travail IFC de TheCityUK. |
| Photo : VNA/CVN |
Andrew Oldland (de TheCityUK) identifie deux facteurs déterminants de l'attractivité du VIFC : les opportunités d'affaires au Vietnam - en tant qu'économie émergente à forte croissance et aux bonnes perspectives - et la sécurité juridique et réglementaire, notamment la capacité de récupération des capitaux en cas d'incident non imputable à l'investisseur.
Bùi Quang Duy (de ResponsAbility Investments AG), investisseur de longue date au Vietnam, espère que le VIFC concrétisera rapidement ses premières opérations phares afin d'instaurer la confiance au sein de la communauté des investisseurs, tout en élaborant des politiques conformes aux pratiques internationales et en se connectant activement aux investisseurs stratégiques déjà présents dans le pays.
Deedee Panuvatvanich (de Norfund, Norvège) indique que Norfund recherche des opportunités d'investissement vert et durable et souhaite collaborer avec le VIFC, à condition de disposer d'un vivier de projets suffisamment important, d'une bonne mise en relation entre entreprises et capitaux, et d'un niveau de risque adapté aux attentes des investisseurs. L'écart à combler concerne les exigences ESG et de gouvernance d'entreprise des investisseurs internationaux par rapport aux capacités actuelles des entreprises vietnamiennes - le VIFC est appelé à jouer un rôle de pont, via des ateliers et des guides pratiques.
Nguyên Ngoc Son Quỳnh (MEXC Ventures) souligne que le VIFC ouvre de nouvelles opportunités pour que les fonds internationaux s'engagent plus profondément sur le marché vietnamien, grâce à un vaste potentiel porté par de nombreuses entreprises en besoin de financement, une main-d'œuvre jeune et une structure démographique favorable.
Ambition
Le VIFC est conçu comme un réseau de deux centres, à Hô Chi Minh-Ville et à Dà Nang, sous un pilotage national unifié. Le règlement de fonctionnement récemment publié crée les conditions pour la mise en service de ces deux centres, avec un objectif d'attirer environ 30 milliards de dollars par an, devenant ainsi un nouveau "moteur" de capitaux pour une croissance économique à deux chiffres.
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| La Bourse de Hô Chi Minh-Ville (HOSE) joue un rôle central dans le développement du Centre financier international du Vietnam. |
| Photo : VNA/CVN |
À long terme, le VIFC devrait devenir un canal stratégique de financement pour les projets d'infrastructure, industriels, énergétiques, logistiques et technologiques dans l'ensemble du pays - y compris des régions comme le littoral du Centre, les Hauts plateaux ou le Delta du Mékong - via des mécanismes de connexion avec les banques, les fonds d'investissement et le marché des capitaux national.
Technologie, fintech et actifs numériques
Le VIFC est également appelé à devenir un "terrain d'expérimentation" sûr pour tester la fintech, les actifs numériques et de nouveaux modèles financiers, avant une éventuelle extension à l'échelle nationale. Avec une main-d'œuvre jeune et une forte vague de transformation numérique, le Vietnam dispose d'un vaste potentiel pour de nouvelles idées dans le secteur de la finance et de la technologie. S'il est conçu avec suffisamment de flexibilité, le VIFC pourrait devenir un lieu d'expérimentation pour les paiements transfrontaliers, le prêt entre particuliers encadré, ou la tokenisation d'actifs réels, dans un cadre juridique clair et un mécanisme de supervision adapté.
Après six mois, le chiffre de 20 milliards de dollars d'engagements suscite de grandes attentes, mais la valeur réelle du centre sera déterminée par sa capacité à transformer ces engagements en flux de capitaux effectifs et en impact économique concret. Les indicateurs pertinents pourraient inclure : le nombre et l'ampleur des transactions de levée de capitaux internationaux réalisées via le VIFC ; la part des capitaux orientés vers les infrastructures, la logistique, la technologie et la finance verte ; le nombre d'entreprises nationales ayant accédé à des services financiers internationaux ; et la réduction du coût du capital ainsi que du délai de levée de fonds par rapport aux canaux traditionnels.
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| Le bâtiment Saigon Marina IFC est le premier projet privé contribuant à concrétiser l'objectif de création du Centre financier international du Vietnam à Hô Chi Minh-Ville. |
| Photo : Quang Châu/VNA/CVN |
Si le VIFC se limite à n'être qu'un "club" réservé aux grandes institutions financières, sans effet d'entraînement vers les PME, les start-up ou les projets public-privé, le risque de devenir une "île" isolée demeurera bien réel. À l'inverse, s'il parvient à connecter les capitaux internationaux à l'économie réelle, le VIFC pourrait devenir un nouveau "moteur" de capitaux, contribuant à maintenir une croissance à deux chiffres et à renforcer la position du Vietnam dans la chaîne de valeur régionale.
Questions ouvertes
Alors que le VIFC entre dans une phase de fonctionnement concret, plusieurs questions restent à trancher par la pratique : quelles classes d'actifs les investisseurs internationaux privilégieront-ils - obligations d'infrastructure, fonds de capital-risque, finance verte ou actifs numériques ? Quels facteurs détermineront leur décision d'investir au Vietnam : taux d'intérêt, taux de change, cadre juridique, ou capacité de sortie des capitaux ? Quels secteurs ont le plus fort potentiel pour devenir des "locomotives" d'attraction de capitaux : logistique-portuaire, énergies renouvelables, haute technologie, ou immobilier industriel ? Et comment faire en sorte que les PME et les start-up ne soient pas "laissées pour compte" dans l'écosystème du VIFC, tout en ayant accès aux capitaux et aux services financiers internationaux ?
Les réponses à ces questions ne s'écriront pas seulement à travers des textes juridiques, mais à travers les transactions, projets et entreprises qui réussiront concrètement.
De la volonté politique au capital réel
Des orientations inscrites dans les documents du Parti, à la Résolution N°222/2025 de l'Assemblée nationale, en passant par la Loi sur le développement urbain et une série de décrets d'application, le VIFC dispose désormais d'une "ossature" institutionnelle suffisante pour entrer en phase de fonctionnement. Le prochain défi consiste à "insuffler la vie" à cette ossature : transformer les 20 milliards de dollars d'engagements en flux de capitaux réels ; traduire les dispositions juridiques en transactions concrètes ; convertir les attentes des entreprises et des investisseurs en projets couronnés de succès.
Dans la stratégie globale de Hô Chi Minh-Ville et du pays tout entier, le VIFC n'est pas seulement un centre financier placé sur une carte, mais se dessine comme une véritable "infrastructure de capitaux" - un lieu où structurer, organiser et répartir les ressources financières au service des nouveaux pôles de croissance : du métro aux ports, en passant par la logistique, les zones de libre-échange et l'écosystème de haute technologie. Lorsque ces "pôles" seront connectés de manière cohérente, le VIFC pourrait devenir l'un des moteurs clés permettant au Vietnam d'ouvrir de nouveaux espaces de croissance et d'en élever la qualité dans le prochain cycle de développement.
Hoàng Hoa - Câm Sa/CVN







