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| À mesure que l'économie dépend de plus en plus du savoir, de la technologie et de l'innovation, la qualité de la gouvernance déterminera la capacité de transformer les ressources en croissance. |
| Photo : Nguyên Huê/VNA/CVN |
Aujourd’hui, alors que le Vietnam a rejoint le groupe des pays à revenu intermédiaire de la tranche supérieure, une nouvelle question se pose : pourquoi le pays parle-t-il à nouveau de renouveler son modèle de développement ?
Parce que le modèle qui a permis au Vietnam de passer d’une économie pauvre au groupe des pays à revenu intermédiaire de la tranche supérieure atteint progressivement ses limites. Pour franchir une nouvelle étape de développement, le Vietnam ne peut plus se contenter d’accélérer sur la même voie.
C’est précisément à cette exigence que répond la Résolution N°19 sur le renouvellement du modèle national de développement. Lors de la présentation du projet, le 29 juillet, Nguyên Thanh Nghi, membre du Bureau politique, secrétaire du Comité central du Parti et président de la Commission centrale des politiques et stratégies, a souligné la nécessité de renouveler les modes d’organisation, de gouvernance et de fonctionnement du pays afin de créer de nouvelles capacités de développement.
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| Nguyên Thanh Nghi, membre du Bureau politique, secrétaire du Comité central du Parti et président de la Commission centrale des politiques et stratégies. |
| Photo : Phuong Hoa/VNA/CVN |
En quarante ans, le Vietnam est passé du rang de l’une des économies les plus pauvres du monde à celui de pays à revenu intermédiaire de la tranche supérieure. Son PIB figure désormais parmi ceux des quelque 30 plus grandes économies mondiales, tandis que son commerce de marchandises se classe parmi les 15 premiers pays au monde. Ces acquis montrent que le modèle du Dôi moi a accompli sa mission historique.
Selon la Banque mondiale, en 2025, le PIB par habitant du Vietnam s’est établi à environ 5.000 dollars, légèrement au-dessus de celui des Philippines (4.100 dollars) et proche de celui de l’Indonésie (5.200 dollars). Mais l’écart reste important avec les pays plus avancés de la région : la Thaïlande se situe autour de 7.500 dollars, tandis que la Malaisie atteint environ 13.000 dollars, soit plus de deux fois et demie le niveau du Vietnam.
Comparé à la moyenne mondiale, qui s’établit à environ 14.000 dollars par habitant, le revenu des Vietnamiens ne représente encore qu’un peu plus du tiers de ce niveau, soit un écart d’environ 9.000 dollars. Ces chiffres montrent que le Vietnam a parcouru un chemin considérable par rapport à sa propre situation. Mais au regard de la région et du monde, sa position demeure encore modeste.
Ils rappellent également que le chemin vers la prospérité reste encore long.
Plus un pays se rapproche du groupe des économies développées, plus chaque nouveau pas devient difficile. Si, au cours de la période précédente, le rythme de croissance constituait le facteur déterminant, la prochaine étape sera davantage conditionnée par la qualité du modèle de développement.
C’est aussi la raison pour laquelle la Résolution N°19 ne se limite plus à renouveler le modèle de croissance, mais pose une question plus large : celle du renouvellement du modèle national de développement.
Nouveau modèle de croissance
Cette évolution traduit un constat majeur : le modèle de croissance fondé sur une main-d’œuvre bon marché, les capitaux, l’exploitation des ressources naturelles et l’attraction des investissements directs étrangers a accompli sa mission historique.
Plutôt que de continuer à accroître sa taille économique par les capitaux, la main-d’œuvre et les ressources naturelles, la Résolution N°19 place la science, les technologies, l’innovation, la transformation numérique, les données, les talents et le secteur privé au cœur du nouveau modèle. Tous constituent des moteurs susceptibles d’accroître la productivité, la compétitivité et la valeur ajoutée dans une économie fondée sur la connaissance.
Plus important encore, la Résolution N°19 ne se contente pas de modifier les ressources du développement : elle entend également transformer la manière dont ces ressources sont organisées et mobilisées.
Nguyên Thanh Nghi a souligné à plusieurs reprises la nécessité de renouveler les modes d’organisation, de gouvernance et de fonctionnement du pays. C’est là le véritable cœur du nouveau modèle de développement. À mesure que l’économie repose davantage sur la connaissance, les technologies et l’innovation, la qualité de la gouvernance devient déterminante pour transformer les ressources disponibles en croissance.
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C’est pourquoi la Résolution N°19 ne porte pas uniquement sur l’économie. Elle accorde également une place centrale au renforcement des institutions, à l’amélioration de la qualité de la gouvernance, au développement des ressources humaines, aux sciences et technologies, à l’éducation, à la culture, à l’environnement et à la qualité de vie de la population.
La croissance du PIB demeure une condition nécessaire, mais l’objectif du développement s’élargit désormais à la construction d’un pays moderne, innovant, autonome, vert, humain et durable, où l’être humain est à la fois la finalité et le moteur du développement.
Si le Dôi moi de 1986 a marqué un tournant en faisant passer le Vietnam d’une économie planifiée à une économie de marché à plusieurs composantes, la Résolution N°19 pose les fondements de l’étape suivante : passer d’un modèle de développement reposant principalement sur les capitaux, la main-d’œuvre et les ressources naturelles à un modèle fondé sur la connaissance, les technologies, l’innovation et une gouvernance moderne.
La voie à suivre sera assurément beaucoup plus difficile. Construire une communauté scientifique de haut niveau, un écosystème d’innovation dynamique, une main-d’œuvre hautement qualifiée ou encore un système de gouvernance moderne nécessitera plusieurs décennies.
La portée essentielle de la Résolution N°19 ne réside donc pas dans la fixation d’un nouvel objectif de croissance. Plus important encore, ce texte envoie le message que le Vietnam entre dans une nouvelle phase de développement, dans laquelle la compétitivité nationale sera déterminée par la qualité des institutions, le niveau scientifique et technologique, la capacité d’innovation et l’efficacité de la gouvernance.
Tu Giang - Câm Sa/CVN





